Les risques estivaux pour votre plancher pelvien

En été, nous avons tendance à adopter des horaires moins rigides, nous mangeons à des heures tardives, nous nous couchons plus tard, et nous menons une vie sociale plus active. Cela arrive lorsque nous n’avons pas encore pris nos vacances et lorsque nous avons une journée libre, les choses peuvent devenir un peu hors de contrôle. En plus de veiller à manger sain et se reposer à des heures régulières sans faire trop d’excès, il faut aussi prêter attention à d’autres routines.
Il s’agit de quelques habitudes qui peuvent nuire au plancher pelvien pendant l’été. Le plancher pelvien est un sujet auquel on accorde de plus en plus d’attention, mais on dirait qu’on n’y pense qu’après une grossesse ou un accouchement. Or il existe aussi d’autres moments qui peuvent impacter négativement cette zone si souvent oubliée, aussi bien chez les femmes que chez les hommes.
C’est pourquoi la Société Espagnole de Rééducation et de Médecine Physique (Sermef) met en garde contre les erreurs qui peuvent le plus endommager le plancher pelvien pendant l’été. Soraya Hijazi Vega, membre de Sermef, pointe sept habitudes qu’il convient de modifier.
Boire moins d’eau que d’habitude
Parfois, on ne boit pas d’eau parce qu’on va voyager et qu’on ne veut pas s’arrêter en chemin. Mais lorsque l’on souffre en plus d’une vessie hyperactive ou d’incontinence urinaire, réduire les liquides pour les voyages ou lorsque l’on passe beaucoup de temps hors de chez soi n’est pas bon pour la santé de votre plancher pelvien. Pourquoi ? Selon Hijazi, une hydratation insuffisante concentre l’urine, peut augmenter l’irritation vésicale et contribue à la constipation. C’est pourquoi les spécialistes recommandent de maintenir une hydratation adéquate et de limiter uniquement l’excès de liquides avant le repos nocturne lorsqu’il existe une nycturie ou des réveils fréquents. Il ne faut pas non plus tomber dans l’autre extrême et aller à la selle par précaution même si l’envie n’est pas là.
Passer trop de temps assis
Il est indéniable que lors des voyages nous passons beaucoup de temps assis, mais cela arrive aussi lorsque nous sommes très sédentaires ou au travail. Selon la Sermef, les longs trajets en moyen de transport, ainsi que passer trop de temps au repos entraînent une réduction de l’activité physique. Qu’est-ce que cela engendre ? Cela aggrave le transit intestinal et peut aggraver les symptômes liés au plancher pelvien.
Une alimentation moins saine et plus de constipation
En réalité, la constipation est l’un des facteurs qui endommagent le plus le plancher pelvien. L’experte conseille de privilégier des repas plus légers, à des heures irrégulières, et de maintenir ou d’augmenter la consommation de fruits, de légumes et d’aliments riches en fibres. De plus, il ne faut pas oublier une bonne hydratation et le maintien de l’activité physique.
Tout cela aide à lutter contre la constipation, qui augmente la pression sur le plancher pelvien et peut aggraver les troubles urinaires, les prolapsus ou les troubles défécatoires.
Qu’en est-il du maillot de bain mouillé ?
Ceux qui entendent le plus qu’il ne faut pas rester avec le maillot mouillé sont souvent les femmes. Selon la gynécologue Mercedes Herrero, cette humidité influence une fréquence plus élevée de cystites en été. De plus, c’est le terrain idéal pour l’apparition de vaginoses et de candidoses qui finiront par apparaître quelque temps plus tard.
Outre le fait de changer de maillot, les spécialistes recommandent de s’hydrater et d’éviter de retenir l’envie d’uriner à répétition. Si des picotements lors de la miction apparaissent, une augmentation de la fréquence urinaire, une urgence urinaire ou une douleur sous-pubienne surviennent, il est important de consulter un médecin.
(Foto: Unsplash/Margo Evardson)
Prendre soin de la peau de la zone périnéale
Les rééducateurs rappellent que la zone périnéale mérite aussi des soins. En été, la chaleur, la transpiration, l’humidité et le frottement peuvent augmenter le risque d’irritations, surtout chez les personnes ayant des pertes urinaires et utilisant des protections absorbantes, ou présentant des dysfonctionnements du plancher pelvien.
Pour prendre soin de cette zone, on conseille :
- Hygiène adaptée.
- Sous-vêtement respirant.
- Éviter les vêtements serrés. Favoriser le maintien de la peau au sec.
« Chez les patients souffrant d’incontinence, il est fondamental de changer les absorbants lorsque c’est nécessaire et de consulter en cas d’irritation persistante, de brûlure ou de lésions cutanées. La santé de la peau périnéale fait partie de l’approche globale et contribue au bien-être et à la qualité de vie », expliquent les représentants de la Sermef.
Continuer avec les exercices du plancher pelvien et l’activité physique
Les vacances ne nous laissent parfois pas le temps de maintenir nos routines d’exercice, mais quel meilleur moment que le temps libre pour les poursuivre ? « La meilleure prévention de nombreuses dysfonctionnalités du plancher pelvien ne réside pas uniquement dans le renforcement musculaire, mais dans le maintien d’habitudes saines qui évitent la surcharge continue de cette région : maîtriser la constipation, maintenir un poids adéquat, éviter le sédentarisme, prendre soin de la peau périnéale et préserver la santé urinaire », souligne Hijazi. Pour l’expert, l’été est le moment idéal pour instaurer des routines qui dureront le reste de l’année.
Pour cela, Hijazi conseille de consacrer chaque jour quelques minutes à l’entraînement du plancher pelvien et des muscles profonds de l’abdomen. Avec ce temps, on peut aider à prévenir les problèmes et à améliorer les symptômes existants. Selon Sermef, « l’activité physique est fondamentale pour préserver la santé musculo-squelettique et celle du plancher pelvien. Marcher, nager, pratiquer le yoga ou s’initier à des activités comme le paddle surf sont des alternatives recommandables car elles favorisent le core, aident à contrôler le poids corporel et produisent un impact réduit sur les structures pelviennes. Dans certaines dysfonctionnalités, il peut être recommandé d’individualiser des sports à fort impact. »
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
