Les experts s’accordent : ce qui se passe dans votre corps après une mauvaise nuit

Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, les effets d’une mauvaise nuit de sommeil ne tardent pas à apparaître. En vérité, il suffit d’une seule nuit de sommeil insuffisant pour que l’organisme commence à manifester des changements qui, bien qu’ils passent inaperçus, peuvent être mesurés à travers divers biomarqueurs.
« Quand nous dormons mal, le corps n’hésite pas à envoyer des signaux, même si nous ne les remarquons pas à l’œil nu. Les premiers marqueurs qui tendent à se modifier sont le cortisol, dont la courbe naturelle se dérègle; le glucose et l’insuline, car une seule nuit de sommeil insuffisant suffit à détériorer la sensibilité à l’insuline; des marqueurs inflammatoires tels que la protéine C- réactive, l’interleukine-6 ou le TNF-α; les hormones de l’appétit, avec une augmentation de la ghréline et une diminution de la leptine; et la mélatonine, dont le rythme de sécrétion se désynchronise également« , explique Maribel Tejeda, médecin spécialiste à la Clinique Neleva.
En d’autres mots, une mauvaise nuit peut faire en sorte que l’organisme gère moins bien le sucre dans le sang, augmente l’inflammation, perturbe l’équilibre hormonal et favorise une sensation de faim plus marquée le lendemain. Ce sont des changements ponctuels, mais lorsque le repos insuffisant devient une habitude, son impact n’est plus temporaire.
Risque accru de maladies
Au-delà du fatigue ou du manque de concentration, le sommeil joue un rôle fondamental dans la prévention des maladies métaboliques, cardiovasculaires et neurodégénératives. Aujourd’hui, nous savons que dormir peu de façon habituelle n’affecte pas seulement le bien-être quotidien, mais augmente aussi le risque de développer des pathologies à long terme.
« La relation est bidirectionnelle et, surtout, bien plus étroite qu’elle ne l’était il y a quelques années. Le sommeil n’est pas une « mise hors tension » du corps, mais un processus actif de maintenance », explique Tejeda.
La spécialiste précise que dormir moins de six heures de façon habituelle est associé à un risque accru de diabète de type 2, car cela diminue la sensibilité à l’insuline et altère le métabolisme du glucose. De plus, pendant le sommeil profond, le cerveau active le système glymphatique, chargé d’éliminer les protéines de déchet comme la bêta-amyloïde, dont l’accumulation a été liée à des maladies neurodégénératives. À cela s’ajoute l’impact sur la santé cardiovasculaire : le manque de repos maintient activé le système nerveux sympathique, favorise l’inflammation vasculaire, augmente la pression artérielle et accroît le risque d’hypertension, d’infarctus et d’autres problèmes cardiovasculaires
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
