Les 6 symptômes de lʼinfarctus qui se manifestent différemment chez les femmes

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Les 6 symptômes de lʼinfarctus qui se manifestent différemment chez les femmes

Quand le cœur réclame de l’aide, les femmes n’en reçoivent pas toujours les signaux les plus visibles. Les manifestations peuvent être plus diffuses, moins théâtrales, et donc plus faciles à minimiser. « Les femmes ne présentent pas toujours la douleur thoracique classique », rappellent de nombreux cardiologues.

Cette réalité retarde parfois le diagnostic, alors que chaque minute compte. Apprendre à reconnaître ces indices, même discrets, peut sauver une vie. « Mieux vaut consulter pour un faux-alarme que d’ignorer un signe réel », dit-on souvent en urgence.

Voici les manifestations à connaître, et la façon dont elles peuvent se présenter chez les femmes.

Une douleur thoracique moins nette

Chez les femmes, l’inconfort peut être plus étalé, moins localisé. Plutôt qu’un coup de poing dans la poitrine, on ressent parfois une pression, une brûlure ou une sensation de serrement.

Cette gêne peut irradier vers le haut du ventre, l’épaule ou la mâchoire, et apparaître à l’effort comme au repos. Le symptôme peut durer, s’interrompre, puis revenir, ce qui le rend d’autant plus trompeur.

Essoufflement et fatigue écrasante

Un souffle court, soudain, sans cause évidente, constitue un signal majeur. L’impression de manquer d’air peut survenir au repos, en parlant, ou lors d’un effort habituel devenu subitement trop difficile.

La fatigue peut être « hors norme », comme si le corps était vidé de toute énergie. Beaucoup décrivent une lassitude qui ne cède ni au sommeil ni au repos.

Douleurs au cou, à la mâchoire, au dos

Plutôt que le bras gauche, ce sont parfois la nuque, la mâchoire ou le haut du dos qui se manifestent. La douleur peut être sourde, mobile, ou se loger entre les omoplates.

Ce profil « non typique » désoriente et fait penser à une cause musculaire ou dentaire. Or, ces zones partagent des voies nerveuses avec le cœur, d’où la possible confusion.

Nausées, indigestions, douleurs abdominales

Les femmes rapportent plus souvent des nausées, des vomissements ou une sensation de reflux. On parle facilement de « mauvaise digestion », alors qu’il s’agit d’un infarctus en cours.

Une douleur dans le haut de l’abdomen, lourde ou brûlante, surtout si elle s’accompagne d’un essoufflement ou d’une sueur froide, doit alerter sans tarder.

Vertiges, malaise, sueurs froides

Un étourdissement brutal, une impression de tête légère ou un malaise avec pâleur et sueurs froides peuvent traduire une souffrance cardiaque. Ces signes sont d’autant plus suspects s’ils surviennent au calme.

« Écoutez ce que votre corps répète avec insistance », recommandent les spécialistes. Un malaise inhabituel mérite une évaluation rapide, surtout en présence d’autres indices.

Palpitations et sensation d’irrégularité

Sentir le cœur battre vite, de façon chaotique, ou “sauter un temps” peut accompagner un événement coronarien. Ce n’est pas le symptôme le plus fréquent, mais il peut s’ajouter aux autres signes.

Chez certaines, ces palpitations s’associent à une anxiété soudaine, une faiblesse généralisée ou une oppression diffuse. Le tout dessine un tableau à ne pas banaliser.

Pourquoi ces différences ?

L’athérosclérose peut toucher différemment les femmes, avec des atteintes plus diffuses des artères et des spasmes coronaires plus fréquents. Les fluctuations hormonales, l’inflammation et certains facteurs de risque (tabac, diabète, maladies auto-immunes) modulent aussi la présentation.

À cela s’ajoutent des biais de perception: on attend une douleur très franche, on sous-estime les signaux « atypiques », et on perd un temps précieux.

Quand agir, sans hésiter

Si vous reconnaissez plusieurs de ces signes, ou un symptôme qui s’aggrave, appelez les urgences immédiatement. Une prise en charge rapide protège le muscle cardiaque et réduit les complications. Gardez ces repères en tête:

  • Douleur, oppression ou brûlure à la poitrine qui dure plus de quelques minutes, s’étend à la mâchoire, au dos ou au bras, associée à essoufflement, nausées, sueurs froides, vertiges ou fatigue inhabituelle.

Rappelez-vous: « Vous n’avez rien à prouver en “tenant” le coup” ». Mieux vaut un appel précoce et un contrôle rassurant qu’un retard aux conséquences lourdes. Et si vos examens revenaient normaux mais que les symptômes persistent, revenez consulter: votre corps a souvent une longueur d’avance**.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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