Gustavo Oliva, référence du padel, atteint d’un cancer du côlon en phase terminale : signes d’alerte et comment le détecter à temps

Le cancer colorrectal est la tumeur la plus diagnostiquée en Espagne lorsque l’on regroupe hommes et femmes, selon les données de la Société espagnole d’oncologie médicale (SEOM). Bien que son incidence soit plus élevée chez les personnes de plus de 50 ans et davantage fréquente chez les hommes, les spécialistes constatent une augmentation progressive des cas chez des individus plus jeunes. C’est ce que affirme Alfredo Alonso Poza, chef du Service de chirurgie générale et de l’appareil digestif de l’Hôpital Universitaire del Sureste et chirurgien à l’Hôpital Quirón San Camilo. « Le principal facteur de risque pour développer un cancer du côlon reste l’âge. Cependant, de plus en plus de diagnostics concernent des patients âgés de moins de 50 ans. C’est une réalité que nous commençons déjà à observer en consultation », détaille le spécialiste.
Comme c’est le cas pour la plupart des tumeurs, informe CuídatePlus José Ignacio Martín Valadés, chef de la Section des Tumeurs Digestives, du MD Anderson Cancer Center Madrid-Hospiten, « on ignore les causes spécifiques qui participent au développement du cancer colorectal ; toutefois, nous savons qu’il existe des circonstances qui augmentent la probabilité d’en être atteint et que nous appelons facteurs de risque ».
Ces facteurs peuvent être regroupés en trois types:
1. Facteurs héréditaires/familiaux, seulement 5 à 10% des cancers colorectaux se développent dans des familles à prédisposition génétique.
2. Facteurs/affections predisposantes, les plus importants sont :
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Polypes adénomateux : Entre 50 et 90% des cancers colorectaux prennent naissance à partir d’un polype préexistant, la probabilité qu’un polype adénomateux se transforme en carcinome est d’environ 5% et le processus de malignisation dure généralement plusieurs années.
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Maladie inflammatoire de l’intestin (rectocolite ulcéro-hémorragique et maladie de Crohn). Les personnes qui en souffrent présentent un risque 30 fois plus élevé de développer la maladie, en fonction de la durée et de l’étendue de la pathologie.
3. Facteurs environnementaux, liés principalement à l’alimentation et au mode de vie
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Les habitudes de vie derrière l’augmentation chez les jeunes
Bien que l’Espagne n’ait pas de registre national des cas qui permette de connaître des données exactes par tranche d’âge, Martín Valadés déclare que « nous constatons une augmentation préoccupante des cas chez les patients de moins de 50 ans », non attribuable aux programmes de dépistage précoce (puisqu’ils ne font pas partie des programmes de dépistage), ni à des cas dûs à des facteurs héréditaires. Selon lui, il est nécessaire d’approfondir les causes exactes de cette augmentation de l’incidence du cancer colorectal chez les jeunes, car à l’heure actuelle elles restent inconnues, probablement multifactorielle.
Le fait que l’on observe cette tendance dans différents pays et chez différentes populations, indique une relation possible avec des facteurs environnementaux. Pour les deux experts, l’un des facteurs possibles pourrait être l’adoption de modes de vie peu sains tels que l’inactivité physique, le manque d’activité, la consommation de boissons sucrées et l’augmentation de l’apport calorique, qui, selon Valadés, « conduit progressivement à un déséquilibre énergétique et finalement au développement de l’obésité, l’un des facteurs de risque les mieux connus dans le développement du cancer colorectal ».
Par ailleurs, ajoute-t-il, « certaines études relient des altérations du microbiome intestinal (avec le risque de développement d’un cancer colorectal chez les jeunes; certaines études récentes montrent une augmentation de Fusobacterium spp dans le microbiote intestinal des patients jeunes atteints de cancer colorectal), ce qui pourrait être lié à une utilisation inappropriée des antibiotiques à un âge précoce, que ce soit comme traitement ou introduits dans la chaîne alimentaire ».
Des symptômes à ne pas ignorer
Outre la connaissance des facteurs de risque, l’expert souligne l’importance du dépistage précoce. Parmi les symptômes les plus fréquents figurent :
● Présence de sang dans les selles
● Troubles persistants du transit intestinal
● Douleurs ou inconforts abdominaux persistants
● Perte de poids sans cause apparente
● Fatigue persistante
« Face à l’un de ces symptômes, surtout s’ils s’étendent dans le temps, il est fondamental de consulter un médecin. Il ne faut pas normaliser les signaux d’alerte », avertit Pozas.
La clé : prévention et dépistage
Le cancer colorectal est l’un des tumeurs avec les taux de guérison les plus élevés lorsqu’il est détecté à un stade précoce. C’est pourquoi les experts rappellent l’importance de participer aux programmes de dépistage à partir de 50 ans et de maintenir des habitudes de vie saines. « Nous ne pouvons pas ignorer l’augmentation chez les patients jeunes. La prévention commence bien avant l’âge de risque traditionnel », souligne Poza.
Pour Marta Orozco, du Service d’Oncologie Médicale. Unité des Tumeurs Digestives, du MD Anderson Cancer Center Madrid-Hospiten, « le dépistage précoce est l’un des piliers fondamentaux dans l’approche du cancer du côlon, car il permet d’identifier la maladie à des stades précoces et même de détecter et traiter des lésions précancéreuses avant qu’elles n’évoluent en tumeur ». Cela se traduit par « une réduction significative de la mortalité et de meilleures chances de guérison ».
Dépistage à partir de 50 ans
Dans le dépistage précoce, « le principal outil est le test de sang occulte dans les selles, un test simple et non invasif qui permet d’identifier la présence de saignements microscopiques », explique l’experte. Lorsque le résultat est positif, « une colonoscopie est réalisée, qui non seulement confirme le diagnostic, mais permet également de détecter et d’éliminer les polypes ou d’autres lésions précancéreuses lors de la même procédure ».
L’efficacité de ces programmes « est largement démontrée, mais leur impact dépend en grande partie de la participation de la population et de la bonne continuité du processus diagnostique après un résultat positif », informe. C’est pourquoi, « il est fondamental de favoriser l’adhésion au dépistage chez les personnes sur qui il est indiqué ».
De plus, le dépistage précoce ne se limite pas au dépistage lui-même. « Il implique également de reconnaître les signes d’alerte et de consulter tôt lorsqu’ils apparaissent. Cette combinaison de prévention, dépistage et diagnostic précoce permet de détecter la maladie à des stades précoces, où les taux de guérison sont significativement plus élevés », conclut.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
