Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : transmission, symptômes et prévention

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Un homme de 71 ans a été transféré à l’Hôpital Gómez Ulla de Madrid après avoir reçu un diagnostic de fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC) à Salamanca, où il se trouvait de manière temporaire. Le patient demeure hospitalisé, avec les mesures d’isolement et de protection du personnel soignant prévues pour ce type de situation, a indiqué ce jeudi le gouvernement autonoomico dans un communiqué.

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une infection causée par un virus transmis par la piqûre des tiques du genre Hyalomma. Il s’agit d’une maladie dont les cas ont commencé à se multiplier en Espagne depuis 2016. “Le changement climatique et la mondialisation créent les conditions pour que les insectes ou vecteurs qui causent certaines infections infectieuses vivent mieux dans notre environnement. À cela s’ajoute la possibilité que des voyageurs visitant notre pays reviennent avec un cas importé et que celui-ci se transmette ici, comme un cas autochtone”, détaille José Manuel Ramos Rincón, médecin interniste et membre du groupe de Travail sur les Maladies Infectieuses de la Société Espagnole de Médecine Interne (SEMI).

En ce qui concerne la forme de transmission, la contagion peut se produire soit par la piqûre de ce petit animal soit par le contact étroit du sang avec des animaux infectés et, à des moments très précis, aussi entre humains. La durée de la période d’incubation dépend du mode de contagion. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), après la piqûre de tique, la phase d’incubation est généralement de un à trois jours, avec un maximum de neuf jours; tandis que la période d’incubation après le contact avec du sang ou des tissus infectés est normalement de cinq ou six jours, avec un maximum documenté de treize jours.

En ce qui concerne les symptômes, ils débutent de manière soudaine. Les principaux sont :

  • Fièvre
     
  • Mialgie (douleurs musculaires)
     
  • Malaise
     
  • Douleur et raideur du cou
     
  • Lombalgie
     
  • Céphalée
     
  • Irritation oculaire et photophobie (hypersensibilité à la lumière)

Mª Paz Sánchez-Seco, responsable de l’Unité Arbovirus et Maladies Virales Importées au Centre National de Microbiologie de l’Institut de Santé Carlos III, explique que, après deux à quatre jours, il peut survenir d’autres signes tels que la somnolencela dépression, la lassitude et l’hépatomégalie.

« De plus, dans certains cas, on observe une tachycardie, des ganglions lymphatiques agrandis et une éruption sur la peau, la bouche et la gorge, qui peut donner lieu à d’autres phénomènes hémorragiques », résume la spécialiste.

Concernant les malades graves, ceux-ci présentent une détérioration rénale rapide, une insuffisance hépatique et/ou pulmonaire après le cinquième jour de la maladie. Comme mentionné, le taux de mortalité pour la FHCC est d’environ 30 %; et le décès survient généralement durant la deuxième semaine de l’infection. Sánchez-Seco déclare que, « chez les patients qui se rétablissent, l’amélioration commence généralement au neuvième ou au dixième jour après le début de la maladie ».

Comment prévenir la contagion ?

(Photo : Cordon Creative)

À ce jour, il n’existe pas de vaccin contre cette infection, c’est pourquoi la seule manière de maîtriser la maladie est de sensibiliser aux facteurs de risque. Depuis le Ministère de la Santé, on rappelle quelques mesures qui peuvent être appliquées pour réduire l’exposition au virus :

  • Porter des manches longues et un pantalon long.
     
  • Éviter les sandales ou les chaussures ouvertes et porter systématiquement des bottes fermées avec des chaussettes, en veillant à ce que le bas des pantalons soit couvert.
     
  • Porter des vêtements de couleur claire, car cela facilitera la détection d’une tique sur les vêtements.
     
  • Cheminer, si possible, par les zones centrales des sentiers et éviter tout contact avec la végétation environnante.
     
  • Éviter de s’asseoir sur le sol dans les zones végétalisées.
     
  • Utiliser des répulsifs autorisés et suivre scrupuleusement les indications d’utilisation figurant sur l’étiquette ou le dépliant explicatif.
     
  • En cas de sortie avec un animal de compagnie, appliquer un antiparasitaire externe autorisé.
     

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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