Ébola en France : qu’est-ce que le virus Ebola, comment se transmet-il et pourquoi le risque en Europe est faible

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C’était au cours du mois de mai que fut déclaré l’épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Cette nouvelle épidémie, provoquée par le virus Bundibugyo, a été qualifiée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) d’une urgence de santé publique de portée internationale. 

Aujourd’hui, les autorités sanitaires françaises ont signalé le premier cas importé d’Ébola hors d’Afrique. Il s’agit d’un médecin ayant effectué des missions humanitaires en RDC, et qui a été diagnostiqué positif à son retour dans la capitale française. Ce professionnel de santé a été mis en quarantaine dans un établissement de référence et soumis aux protocoles de sécurité les plus stricts dans ce genre de situation. 

Le risque en Europe demeure faible

Le ministère français de la Santé a également isolé cinq contacts du médecin atteint d’Ébola qui avaient partagé le même vol en provenance de Kinshasa. Le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC, pour ses sigles en anglais) a exhorté tous les États membres de l’Union européenne à persévérer dans le renforcement de leurs mesures de prévention et d’assistance face à ce type d’alertes sanitaires. 

Cependant, l’organisme souligne que le risque de transmission soutenue au sein de l’Union européenne est très faible, à condition que des mesures efficaces de détection précoce, d’isolement et de traitement des patients soient en place. 

Cela rejoint Daniela Manno, professeure clinique adjointe à l’École d’Hygiène et de Médecine Tropicale de Londres, qui s’est exprimée à SMC Espagne : « le risque global pour la population en Europe demeure faible. Les pays européens disposent de protocoles bien établis pour identifier et gérer les cas suspects de fièvre hémorragique virale. Les établissements de santé doivent rester vigilants, notamment lors de l’évaluation des voyageurs en provenance des zones affectées présentant des symptômes compatibles avec la maladie d’Ébola ». 

Qu’est-ce que le virus Ebola ?

La maladie due au virus Ebola est une maladie hémorragique fébrile provoquée par un virus du genre Ebolavirus. Elle peut être grave et mortelle dans certains cas. C’est une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui est passée des animaux à l’homme et qui se transmet désormais entre humains. Le premier foyer documenté remonte à 1976.

La souche la plus fréquente dans ces flambées est généralement Zaire. Elle est à l’origine du dévastateur outbreak qui s’est produit entre 2014 et 2016 en Afrique. C’est précisément en 2014 que deux missionnaires espagnols ont été rapatriés et que s’est produit le premier cas d’Ébola importé en Espagne. Pour ce type, il existe deux vaccins. 

Cependant, la transmission actuelle de l’Ébola est due au virus Bundibugyo. Bien que cette souche ne semble pas plus contagieuse, il est important de noter que « les vaccins disponibles contre Zaire ne disposent pas des mêmes preuves ni de disponibilité pour Bundibugyo », a expliqué à CuídatePlus Antonio Ramos, spécialiste en médecine interne et membre du groupe de travail sur les maladies infectieuses de la SEMI (Société Espagnole de Médecine Interne). Par conséquent, à l’heure actuelle, il n’existe ni vaccin ni traitement disponible pour le virus Bundibugyo, ajoutent Médecins Sans Frontières. 

Le centre de Médecins Sans Frontières à Goma, RDC. (Photo : MSF/Daniel Buuma)

Comment se transmet-il ?

Il convient de rappeler que l’Ébola ne se transmet pas par l’air ni par des contacts occasionnels. Comme l’explique le ministère français, la transmission de l’Ébola se produit par contact direct avec :

  • Fluids corporels : sang, salive, urine, sperme, lait maternel, sueur, selles et vomissements des personnes infectées, vivantes ou décédées.
  • Les corps des personnes décédées des suites de l’Ébola.
  • Les objets contaminés par les fluides corporels des patients infectés.
  • Viande de gibier sauvage provenant des zones où circule le virus.

Ramos rappelle qu’après la déclaration de l’OMS d’une urgence de santé publique de portée internationale, « le risque mondial est considéré comme faible s’il persiste une réponse rapide : diagnostic, isolement, traçage des contacts et contrôle des infections ». 

Le délai d’incubation, c’est-à-dire le temps entre le contact avec le virus et l’apparition des premiers symptômes, varie de 2 à 21 jours. Le ministère français rappelle que tant qu’aucun signe de la maladie n’apparaît, les personnes ne peuvent pas la transmettre. 

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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