Combien faut-il boire pour atteindre 0,90 mg/L d’alcool dans l’haleine : ce qui se passe dans le corps

Un taux de 0,90 milligrammes d’alcool par litre d’air expiré est une valeur qui dépasse largement les limites établies pour la conduite. « Cette valeur reflète une quantité qui correspond généralement à la moitié de la dose présente dans le sang », déclare à CuídatePlus le médecin généraliste Lorenzo Armenteros. Ainsi, 0,90 mg/L d’air expiré pourrait correspondre environ à 1,5 g/L d’alcool dans le sang, une concentration à laquelle il existe déjà une altération évidente des capacités.
À ce stade, l’expert rappelle que le fait que certaines quantités d’alcool ne soient pas pénalisées par la législation ne signifie pas qu’elles soient innocentes pour l’organisme : « Entre 0,3 et 0,5 dans le sang nous avons plus de désinhibition et plus de confiance et moins de capacité à évaluer les risques ». À mesure que l’alcoolémie augmente, les effets deviennent de plus en plus évidents. Vers 1,5 g/L dans le sang, poursuit le spécialiste, « nous serions déjà en état d’ébriété évident, avec perte de coordination, altérations de la vision et des réflexes, réponses plus lentes et une plus grande propension à prendre des risques ».
Concernant combien il faut boire pour atteindre 0,90 mg/L, il est vrai qu’on ne peut pas établir une quantité précise de bière, de vin ou de verres qui permette d’affirmer qu’une personne atteindra 0,90 mg/L, car plusieurs facteurs entrent en jeu. Armenteros pointe les éléments suivants :
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Sexe.
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Masse musculaire.
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Vitesse à laquelle cela a été consommé.
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Si l’on a mangé ou non.
Sur ce dernier point, la nourriture est l’un des éléments pouvant modifier l’absorption : « Si l’on boit avec de la nourriture, la digestion est plus lente et l’absorption dans le sang peut être réduite. L’influence de la teneur en alcool et le temps nécessaire pour consommer la boisson jouent également. Par conséquent, deux personnes ingérant la même quantité d’alcool peuvent présenter des taux différents et voir varier l’intensité des effets qu’elles ressentent.
Ces estimations disponibles servent donc uniquement de référence. Selon la Direction générale du trafic (DGT), un homme pesant entre 70 et 90 kilos présente un taux d’alcoolémie oscillant entre 0,21 et 0,28 g/L en buvant un tiers. Selon cet organisme, à partir de 4 g/L il y a danger de coma éthylique, ce qui ferait qu’un homme de ces caractéristiques serait exposé à cet état après environ 14 bières.
Chez la femme, pesant entre 50 et 70 kilos et dont le taux d’alcoolémie peut atteindre environ 0,48 g/L en buvant un tiers, cette menace se manifesterait à partir d’environ huit bières.
Quant au vin, le risque de tomber dans un état comateux serait à partir de 20 verres chez l’homme et 12 chez la femme, avec les mêmes caractéristiques. Autre exemple : un cocktail ou cubata de 50 millilitres et 38 degrés d’alcool. Chez l’homme, il faudrait en consommer environ 12 verres et, chez la femme, sept.
Ces chiffres ne sont que des approximations et ne doivent pas être interprétés comme une quantité sûre d’alcool. Comme le rappelle Armenteros, de nombreux facteurs peuvent faire qu’une personne atteigne un certain taux avec une quantité moindre de boisson.
(Photo : Magnific)
Que se passe-t-il dans le cerveau avec un taux élevé d’alcool ?
L’alcool affecte progressivement le système nerveux central et, à mesure que sa concentration dans le sang augmente, diverses capacités se dégradent. « Parmi les premiers effets figurent la désinhibition et une fausse sensation de confiance, mais la capacité à évaluer correctement les risques diminue également », déclare Armenteros.
À des taux plus élevés, la coordination des mouvements est particulièrement affectée. La vision périphérique est également altérée, de sorte que la personne a tendance à concentrer son regard davantage sur la zone centrale, tandis que l’attention devient plus superficielle. « Toute réponse de réflexe est bien plus lente », ajoute-t-il.
Par ailleurs, des troubles d’équilibre et de jugement peuvent apparaître. Vers 1 g/L commence à apparaître cette démarche caractéristique associée à une consommation excessive d’alcool et, autour de 1,5 g/L dans le sang, « on serait en état d’ébriété évident ». Il ajoute également qu’une personne peut ne pas être pleinement consciente de l’étendue de son affectation : « l’euphorie peut la pousser à parler plus vite, à se montrer plus confiante ou à ressentir subjectivement qu’elle se porte mieux qu’elle ne l’est réellement, alors que ses capacités cognitives et motrices sont déjà altérées ».
Comment ce taux affecte-t-il la conduite ?
La combinaison de ces effets rend un taux comme celui de 0,9 mg/L particulièrement dangereux au volant. La réduction des réflexes, la perte de coordination, les altérations de la vision et la difficulté à évaluer correctement les distances et les risques mettent en péril des capacités fondamentales à la conduite. « Si l’on est au volant, la gravité est bien plus grande. On n’a pas conscience du risque de se blesser et, surtout, de faire mal aux autres, qui peuvent être avec nous », déplore Armenteros.
Par conséquent, même si un certain taux peut se situer en dessous de la limite légale dans certains scénarios, cela ne signifie pas que conduire avec cette quantité d’alcool soit sûr.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
