Chevilles gonflées en été : signes qui nécessitent une consultation médicale

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La chaleur provoque que les vaisseaux sanguins, notamment dans les veines les plus superficielles, se dilatent pour faciliter la perte de chaleur corporelle. « En conséquence de cela, le sang circule un peu plus lentement et tend à s’accumuler dans les jambes, surtout à cause de la gravité », précise CuídatePlus Marvin García, spécialiste en chirurgie vasculaire.

L’expert détaille que c cette augmentation de la pression veineuse favorise le passage d’une partie du liquide contenu dans les veines vers les tissus, produisant l’enflure typique des chevilles et des pieds. De plus, « en été, nous passons souvent plus de temps debout, assis lors de longs trajets ou nous modifions notre hydratation, des facteurs qui contribuent aussi à l’apparition de la jambe gonflée », ajoute-t-il. Tout cela est habituellement transitoire chez les personnes en bonne santé, mais chez celles qui présentent déjà une maladie veineuse préexistante, le problème peut devenir beaucoup plus évident et persistant.

Outre le gonflement, il existe d’autres symptômes qui l’accompagnent et qui nécessitent une attention médicale. García fait référence à cinq sur la jambe :

  • Apparition d’une douleur intense, en particulier au niveau du mollet.
     
  • Le raffermissement brutal du volume ou du gonflement d’une jambe.
     
  • Le rougeur.
     
  • L’apparition d’une chaleur locale.
     
  • L’apparition d’une extrémité très tendue, « comme si le mollet devenait un bloc ».

« Ces symptômes peuvent indiquer une thrombose veineuse profonde et nécessitent une évaluation urgente. Il faut aussi consulter s’il apparaît une difficulté à respirer ou une douleur à la poitrine associée à un gonflement d’une jambe, car cela pourrait indiquer une complication grave de la thrombose comme une embolie pulmonaire », avertit le spécialiste. Dans d’autres cas, l’apparition de plaies qui ne cicatrisent, des changements persistants de la coloration de la peau, le durcissement des tissus ou un gonflement progressif qui dure plusieurs semaines justifient également une évaluation par un spécialiste.

Qui présente le plus de risque d’avoir les chevilles gonflées ?

(Foto: Magnific)

Les personnes souffrant d’insuffisance veineuse chronique sont les plus susceptibles de voir leurs chevilles gonfler, car leurs veines ont plus de difficultés à renvoyer le sang vers le cœur et restent généralement plus dilatées. Ce problème s’accentue également avec la chaleur.

Les femmes enceintes, les personnes âgées ou celles qui souffrent obésité, des maladies cardiaques, rénales ou hépatiques constituent aussi des groupes à risque. García évoque par ailleurs les patients atteints de lymphœdème ou ceux qui passent de nombreuses heures assis ou debout pour des raisons professionnelles ou lors des voyages.

Enfin, certains médicaments tels que les antihypertenseurs ou les traitements hormonaux peuvent favoriser l’apparition de l’œdème pendant les mois de chaleur.

Des habitudes qui aident à prévenir le gonflement des chevilles en été

La meilleure prévention consiste à favoriser le retour veineux. Marcher régulièrement, bouger les chevilles lorsque l’on est assis, éviter de rester des heures dans la même posture et élever les jambes quelques minutes en fin de journée sont des mesures très efficaces.

Par ailleurs, il est conseillé :

  • Rester bien hydraté.
     
  • Surveiller son poids.
     
  • Éviter l’exposition prolongée à une chaleur intense et porter des chaussures confortables qui ne compriment pas le pied.

« Chez les personnes ayant déjà des varices, les bas de compression restent le traitement le plus efficace pour réduire le gonflement et prévenir leur progression, bien qu’en été ils soient parfois mal tolérés et que nous prescrivions parfois des veinotoniques », explique le spécialiste, qui précise qu’actuellement, pour améliorer le problème des bas de compression, il existe des modèles plus fins et plus respirants qui permettent de les porter avec davantage de confort.

Enfin, García rappelle : « Lorsque le gonflement est persistant, unilatéral, ou s’accompagne de douleur, de changements de la peau ou de difficultés à respirer, il faut consulter pour écarter les maladies vasculaires, et surtout la thrombose veineuse profonde, qui est dans ce cas la pathologie principale à exclure ».

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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