Ce que vous mangez à partir de 35 ans peut influencer la santé de votre cerveau

La science nous a déjà mis en garde : les ultra-transformés peuvent faire progresser le risque de décès et influencer le surpoids ainsi que l’apparition de l’ hypertension, diabète… Or, leur consommation peut aussi influer sur notre cerveau, ce qui est moins connu. Aujourd’hui, une nouvelle étude vient apporter un regain d’importance à cette relation. L’étude, publiée dans la revue scientifique JAMA Network, suggère que la consommation d’ultra-transformés est associée à des dommages cérébraux silencieux chez l’âge moyen. En effet, les participants de cette étude, âgés de 35 à 69 ans, présentaient lors d’IRM des lésions considérées comme des signaux précurseurs liés à un risque futur accru d’ AVC et de déclin cognitif.
Ultra-transformés et santé cérébrale
Selon Belén Moliner, directrice médicale de l’Institut de Réhabilitation Neurolologique (Irenea), de l’Institut de Neurosciences Vithas, à l’hôpital Vithas Xanit International, et interrogée par CuídatePlus, « les aliments ultra-transformés sont riches en sucres simples et farines raffinées, sel et graisses saturées, ce qui est directement associé dans les études scientifiques à une plus grande atrophie et vieillissement cérébral, ainsi qu’à une réduction de la matière grise ».
Cette recherche, selon Moliner, montre comment la consommation d’aliments ultra-transformés peut provoquer une prédisposition accrue aux altérations neurocognitives et les effets du vieillissement cérébral à un âge plus précoce. « Chez les personnes consommant une proportion plus élevée d’aliments ultra-transformés à 30, 40, 50 et 60 ans, on observait des zones de petens dégâts structuraux dans le cerveau, qui apparaissent généralement à un âge plus avancé ».
De plus, les personnes qui consommaient le plus d’ultra-transformés présentaient plus de masse graisseuse et de graisse viscérale dans l’abdomen, cette dernière étant associée à l’inflammation et à des lésions vasculaires susceptibles d’atteindre le cerveau.
Pourquoi les ultra-transformés endommagent-ils le cerveau ?
La mauvaise qualité de ces aliments provoque, explique Moliner, « une inflammation généralisée dans les cellules de notre organisme et augmente le stress oxydatif. Cela implique des dommages cellulaires.
L’énergie que le cerveau utilise provient d’environ 20 % de celle produite par notre métabolisme. « Si l’énergie que nous lui apportons provoque de petites inflammations ou des réactions de stress oxydatif, nous lui infligeons de petits dommages structuraux, qui accroîtront le risque de développer une maladie neurodégénérative à l’avenir ».
Les pires choix pour la santé
Par ailleurs, l’étude publiée dans JAMA a mis en évidence quelque chose que les nutritionnistes et endocrinologues savent très bien : la consommation d’ultra-transformés éclipse celle d’autres aliments plus sains. Selon les résultats, les fruits, les légumes, les céréales et d’autres aliments peu ou non transformés constituaient 41 % des portions quotidiennes chez les gros consommateurs, contre 68 % chez les plus petits consommateurs.
(Foto: Cordon Press)
Que manger pour préserver le cerveau ?
L’alimentation demeure le meilleur moyen de prévenir les maladies. Dans le cas de la santé cérébrale, Moliner préconise le régime MIND comme le gold standard de la prévention. Le régime MIND associe les fruits et légumes de saison à l’huile d’olive de l’alimentation méditerranéenne, avec le DASH, qui vise à réduire la consommation de sel afin de protéger le cœur et de réduire la pression artérielle.
Cette approche alimentaire, MIND, met l’accent sur dix aliments clés pour notre santé cérébrale et sur leur fréquence de consommation hebdomadaire :
- Légumes à feuilles vertes : au moins 1 portion par jour.
- Autres légumes (de saison) : 2 portions ou plus par jour.
- Frnuts : 2 portions ou plus par jour.
- Huile d’olive extra-vierge : quotidiennement.
- Viandes de volaille : 2 portions ou plus par semaine.
- Céréales complètes : 3 portions ou plus par jour.
- Lègumineuses : 4 portions ou plus par semaine.
- Poissons et fruits de mer : 1 portion ou plus par semaine.
- Fruits rouges ou des bois : 2 portions ou plus par semaine.
En revanche, ce type d’alimentation recommande d’éviter le beurre ou la margarine, les aliments frits, les desserts et pâtisseries, la viande rouge et les produits laitiers entiers.
Autres habitudes et pratiques qui aident l’esprit
Pour prendre soin de la santé cérébrale et cardiovasculaire, étroitement liées, il faut aussi adopter d’autres habitudes quotidiennes, telles que garantir un sommeil réparateur, pratiquer une activité physique, entretenir des relations sociales et réaliser des activités intellectuelles (lecture, écriture et jeux de société).
Toutes ces pratiques, conclut Moliner, permettent « d’activer les fonctions les plus complexes de notre cerveau, telles que la concentration, les fonctions exécutives et les processus d’attention les plus délicats. Tout cela peut aider à maintenir une bonne santé cérébrale et à ce que les processus de vieillissement et de dégradation cérébrale soient moins dévastateurs et apparaissent plus tard ».
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
