
Qu’est-ce que c’est
La pharynx est le conduit creux et musculaire chargé de conduire l’air vers le larynx et les aliments vers l’œsophage. De plus, ce conduit, situé dans le cou et recouvert d’une membrane muqueuse, participe à la respiration en communiquant avec la trachée.
Au moment où des cellules tumorales commencent à se propager dans les tissus de ce conduit, survient le cancer du pharynx, qui inclut le cancer de la nasopharynx (partie supérieure de la gorge derrière le nez), de l’oropharynx (partie médiane du pharynx) et de l’hypopharynx (partie inférieure).
Par conséquent, le cancer pharyngien est un terme qui regroupe un ensemble de tumeurs malignes affectant la gorge et, pour cette raison, son nom sera déterminé en fonction de l’emplacement où les cellules cancéreuses se sont propagées.
Incidence
Selon les dernières données publiées par la Société Espagnole d’Oncologie Médicale (SEOM), on estime une incidence pour 2020 de plus de 8 600 patients atteints d’un cancer de la cavité buccale et du pharynx.
De manière quasi générale, il est bien plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. Environ 6 000 nouveaux cas chez les hommes et 2 500 chez les femmes.
Causes
Toutes les formes de cancer prennent leur origine dans une mutation cellulaire anormale et dans sa reproduction. Ces cellules mutées mûrissent et se reproduisent sans mourir, ce qui fait que leur nombre continue d’augmenter et provoque la tumeur.
Pour ce qui est des causes qui donnent lieu à cette pathologie, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), on estime que plus de 40 % des cancers dans le monde sont liés à la consommation de tabac, cause qui, de surcroît, provoque 90 % des cancers touchant la cavité buccale.
Un autre des facteurs pouvant accroître le risque de contracter cette maladie est la consommation excessive d’alcool ou l’absence d’une alimentation saine, dans laquelle on abuse des graisses et des sucres.
Dans le cas précis du cancer du pharynx, les facteurs de risque sont la consommation de tabac et d’alcool, risque qui augmente en fonction de la quantité et de la durée d’exposition à ces habitudes. D’autres facteurs de risque incluent les anomalies génétiques, l’infection par le virus du papillome humain (VPH) et un régime alimentaire riche en aliments transformés et pauvre en fruits et légumes frais.
Symptômes
Les symptômes qui caractérisent cette pathologie sont les suivants :
- Toux persistante et mal de gorge constant.
- Douleur au niveau du cou ou de l’oreille et, même, apparition de bosses dans la zone où se situe la tumeur.
- Inconfort lors de la déglutition.
- L’inconfort à la déglutition peut amener le patient à manger moins, ce qui peut provoquer une perte de poids importante.
- A mesure que le cancer progresse et que d’autres tissus sont affectés, la voix peut changer et devenir rauque.
Prévention
Dans les mesures préventives, que le cancer soit situé dans la gorge ou qu’il se concentre dans le pharynx, les spécialistes recommandent d’arrêter de fumer ou de ne pas commencer à fumer.
De même, il est conseillé de réduire la consommation d’alcool et d’adopter un mode de vie sain, basé sur une alimentation adaptée qui limite l’excès de graisses et de sucres et d’établir une routine d’exercice physique.
En général, et selon l’OMS, au moins un tiers des cas de cancer pourraient être prévenus et cette prévention représente la mesure la plus efficace pour le contrôle de cette pathologie. Cette organisation a établi six points d’action essentiels pour éviter, autant que possible, de souffrir d’un cancer :
- Tabac : le tabagisme est le principal facteur de risque qui provoque cette affection, mais pas uniquement pour ceux qui fument directement, mais aussi pour les fumeurs passifs. Le tabac peut provoquer un cancer du pulmón, œsophage, larynx, bouche, gorge, rein, vessie, pancréas et col de l’utérus. De plus, il a été démontré que la fumée d’autrui ou la fumée ambiante peut aussi causer un cancer du poumon chez les adultes non fumeurs.
- Le manque d’une routine d’exercice, une alimentation malsaine, l’obésité ou le surpoids : ces facteurs de risque peuvent favoriser le développement de tout type de cancer.
Des régimes riches en fruits et légumes, combinés à une réduction de la consommation de viande rouge et de produits carnés, peuvent exercer un effet protecteur contre de nombreux cancers et les maladies cardiovasculaires.
- Réduire la consommation d’alcool est également une bonne façon de prévenir un cancer, même si les taux touchés par cette substance diffèrent entre les hommes et les femmes.
- Dans certains cas, la prévention vise aussi à éviter des infections comme les hépatites virales B et C, qui peuvent provoquer un cancer du foie, ou le virus du papillome humain, qui peut provoquer un cancer de l’utérus.
- La pollution environnementale, tant de l’air que de l’eau et du sol, constitue aussi un facteur de risque important dû à des substances chimiques porteuses d’agents cancérigènes.
- Quant aux radiations, elles peuvent aussi conduire à l’apparition de cellules cancéreuses si l’exposition est prolongée.
Types
Il n’existe actuellement pas de classification en types du cancer du pharynx.
Diagnostics
Pour déceler la présence d’un cancer faringé, on utilise des examens d’imagerie et, en cas de suspicion de cellules tumorales, un examen endoscopique de la gorge afin d’évaluer le stade de la maladie.
Il est fondamental de déterminer quel est le stade dans lequel se trouve la pathologie afin de définir un traitement spécifique. En fonction de ce facteur, il existe trois niveaux :
- Au stade I, la tumeur n’a pas envahi les tissus adjacents.
- Les stades II et III partagent la caractéristique que la tumeur a déjà envahi les tissus voisins. La différence réside dans l’agressivité et la rapidité avec lesquelles elle se propage et dans les tissus touchés.
- Au stade IV, la maladie se propage rapidement et les néoplasies, ou proliferations massives, sont plus agressives, affectant divers organes.
Traitements
L’objectif principal du traitement de cette pathologie est d’extraire complètement les tumeurs et d’éviter que les cellules cancéreuses ne se propagent vers d’autres parties de l’organisme. La procédure choisie dépendra du développement du cancer.
Chirurgie et radiothérapie
Tout d’abord, si la tumeur est petite, on peut opter pour une intervention chirurgicale ou une radiothérapie. Cette dernière technique utilise des rayons X à haute puissance, des particules ou des grains radioactifs pour détruire les cellules cancéreuses et elle est employée pour lutter contre de nombreux types de cancer pour les raisons suivantes :
- Elle peut réduire la taille d’une tumeur avant que le patient ne subisse une chirurgie.
- Elle aide à empêcher le cancer de se reproduire après la chirurgie ou la chimiothérapie.
- Elle soulage les symptômes causés par une tumeur.
- Elle traite certains types de cette pathologie qui ne peuvent être éradiqués par la chirurgie.
Chimiothérapie
Lorsque la tumeur est plus grande et s’est étendue vers les tissus adjacents, comme les ganglions lymphatiques du cou, on utilise souvent une combinaison de radiothérapie et de chimiothérapie afin que le larynx ne soit pas touché et, par conséquent, que les cordes vocales restent préservées.
En matière de chimiothérapie, il s’agit de l’administration de certains médicaments qui aident à combattre la pathologie. Ceux-ci peuvent être injectés de manière intramusculaire ou sous-cutanée, dans une artère ou une veine et sous forme de comprimés ou d’injections dans le liquide entourant la moelle épinière ou le cerveau.
Si ce traitement est appliqué sur une période prolongée, les spécialistes optent pour placer un cathéter fin dans une grosse voie, appelée centrale.
Dans le cas où cette dernière procédure ne permet pas de préserver le larynx, celui-ci devrait être retiré par une chirurgie appelée laryngectomie.
Autres données
Pronostic
Le pronostic du cancer du pharynx dépend fortement du stade de la tumeur et de l’état général du patient.
En ce qui concerne les cancers touchant particulièrement la gorge, la plupart peuvent être guéris s’ils sont détectés à temps, même dans les cas où les cellules cancéreuses se sont propagées (métastases) vers les tissus voisins ou les ganglions lymphatiques.
Chez les patients présentant une métastase touchant déjà d’autres organes, comme le cerveau ou le cou, le cancer devient incurable et, par conséquent, le traitement vise à prolonger et à améliorer la qualité de vie.
Recherche
« De nombreuses recherches sont en cours pour comprendre comment des changements dans certains gènes amènent les cellules de la larynge ou de l’hypopharynx à se transformer en cancer. À mesure que les médecins en apprennent davantage sur ces mutations génétiques, ces informations pourraient les aider à mieux identifier quels cancers seront plus difficiles à traiter ou plus susceptibles de revenir après le traitement », explique Pilar López Criado, cheffe de la Section Poumon, Tête et Cou et Mélanome du MD Anderson Cancer Center Madrid.
Les médicaments les plus récents de thérapie ciblée s’attaquent à des substances spécifiques présentes à l’intérieur ou autour des cellules cancéreuses qui les aident à grandir. Ces médicaments fonctionnent différemment des médicaments de chimiothérapie classiques, car ils agissent sur les cellules cancéreuses en causant moins de dommages aux cellules normales. Dans certains cas, ces médicaments peuvent fonctionner lorsque ceux de chimiothérapie ne sont pas efficaces, et présentent souvent moins d’effets secondaires graves. De nombreuses thérapies ciblées sont déjà utilisées pour traiter de nombreux types de néoplasies. Les études évaluent aussi si ces thérapies pourraient aider à traiter les cancers du larynx et de l’hypopharynx.
L’immunothérapie et ses combinaisons avec chimiothérapie, thérapies ciblées ou radiothérapie constituent un autre domaine de recherches actives avec des résultats prometteurs chez ces patients.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
