
Qu’est-ce que c’est
Le cancer de l’urètre est une maladie caractérisée par la formation de cellules cancéreuses ou malignes dans les tissus qui forment l’urètre, le conduit qui transporte l’urine de la vessie vers l’extérieur du corps. La taille de cette tumeur varie selon le sexe ; chez l’homme, elle est généralement plus importante que chez la femme.
Ce type de cancer est peu fréquent dans la population et on observe davantage de cas chez les hommes. Les personnes ayant des antécédents de cancer de l’urètre présentent un risque plus élevé de développer cette maladie.
Causes
Les causes du cancer de l’urètre ne sont pas clairement établies. Certaines personnes présentent davantage de facteurs de risque pour cette maladie, même si cela ne signifie pas qu’elles la contracteront. Les facteurs susceptibles d’augmenter les chances sont :
- Avoir des antécédents familiaux avec cette pathologie.
- Avoir une affection touchant l’urètre, provoquant une inflammation chronique. Les plus importants sont : les infections sexuellement transmissibles, comme le virus du papillome humain (VPH) et les cystites ou infections urinaires récurrentes.
Symptômes
Les signes de cette maladie n’apparaissent pas habituellement aux premiers stades. Parmi les plus fréquents, on retrouve :
- Difficulté à uriner.
- Envies fréquentes d’uriner, surtout la nuit.
- Flux urinaire faible ou interrompu, souvent accompagné d’une difficulté à vider complètement la vessie.
- Incontinence ou incapacité à contrôler l’urine dans la vessie.
- Écoulement provenant de l’urètre.
- Sang dans l’urine.
- Épaississement du pénis chez l’homme ou présence d’une masse chez la femme. Généralement ce gonflement n’est pas douloureux.
Prévention
La meilleure façon de prévenir cette maladie est de ne pas être infecté par le VPH, car il s’agit de l’une des causes de l’apparition du cancer de l’urètre.
Les virus du papillomavirus humain sont fréquents et il en existe environ 120 types. Beaucoup sont asymptomatiques et n’occasionnent pas de dégâts au porteur, mais un petit pourcentage est directement associé à l’apparition de cancers de divers types. Ce petit ensemble de virus affecte principalement la région génitale.
Une prévention adéquate commence par l’utilisation de méthodes contraceptives, ce qui réduit le risque d’infection par le virus. Il existe également des vaccins qui s’administrent et préparent l’organisme à lutter contre le VPH, réduisant ainsi la probabilité de contracter d’autres maladies, comme le cancer de l’urètre.
Types
Les variantes du cancer de l’urètre dépendent des tissus qui tapissent ce conduit et des types de cellules qui le composent. La pathologie peut se disséminer et métastaser vers des tissus voisins ou vers les ganglions lymphatiques. Selon le National Cancer Institute des États‑Unis, on peut les classer en :
- Carcinome à cellules squameuses : il est diagnostiqué près de la vessie chez la femme et dans les tissus qui forment l’épithélium de l’urètre chez l’homme. Ce type est le plus fréquent.
- Carcinome à cellules transitionnelles : apparaît dans la partie de l’organe qui traverse l’urètre chez les hommes, et dans la zone la plus proche de l’extérieur chez les femmes.
- Adénocarcinome : apparaît dans les glandes qui tapissent l’urètre du patient, quel que soit le sexe.
Selon la localisation de la tumeur, on peut différencier entre :
- Cancer de l’urètre distal : dans la zone la plus proche de l’extérieur de l’organisme.
- Cancer de l’urètre proximal : situé dans la partie la plus proche de la vessie.
Diagnostics
Pour pouvoir traiter cette maladie, il est important de déterminer à quel stade elle se situe, si elle s’est propagée à d’autres organes et quelle est sa localisation. Pour établir ces données et d’autres informations d’intérêt, il existe des tests diagnostiques efficaces qui sont :
- Radiographie thoracique.
- Cytologie urinaire : on réalise une analyse en laboratoire de l’échantillon d’urine du patient afin de rechercher des cellules anormales pouvant révéler la présence d’un cancer.
- Analyse d’urine.
- Analyse sanguine pour évaluer le nombre de globules rouges et l’hémoglobine.
- Tomodensitométrie (TDM) de l’abdomen.
- Imagerie par résonance magnétique (IRM).
- Urétrographie : il s’agit d’un examen radiodiagnostique consistant à introduire un produit de contraste à l’aide d’une sonde à travers l’urètre jusqu’à remplir la vessie. Son passage est observé par fluoroscopie et l’on peut ainsi déceler d’éventuelles obstructions de l’appareil urinaire et d’autres anomalies.
- Urétéroscopie : il s’agit d’un examen des urètres utilisant une petite sonde munie d’une caméra afin de diagnostiquer des problèmes des voies urinaires.
- Examen rectal : le médecin introduit un doigt dans le rectum et explore la zone à la recherche de nodules ou de masses. Au moins 18 pour cent des patients sont diagnostiqués grâce à cet examen, selon l’Association européenne d’Urologie, car les cas de cette maladie se localisent généralement dans la périphérie de la prostate.
Traitements
Pour lutter contre ce type de cancer, quatre modes de traitement standard existent. L’utilisation de chacun dépendra du patient et du stade de la pathologie :
Chirurgie
C’est la méthode la plus courante pour guérir la maladie. Selon l’Institut national du Cancer des États‑Unis, il existe plusieurs modalités chirurgicales :
- Résection ouverte : consiste à retirer la tumeur dans sa totalité par une intervention chirurgicale.
- Résection transurétrale : on introduit par l’urètre un instrument spécialisé capable de détruire le cancer.
- Électroresection avec fulguration : il s’agit d’une intervention chirurgicale qui permet d’éliminer la tumeur grâce à l’emploi d’un courant électrique.
- Chirurgie au laser : utilise un faisceau laser pour combattre le cancer et tenter de l’extraire.
- Dissection des ganglions lymphatiques : afin de vérifier qu’ils n’ont pas été affectés et éviter la propagation, on retire les ganglions lymphatiques du pelvis et de l’aine.
- Cystouretrectomie : consiste à retirer l’urètre et la vessie touchés par le cancer.
- Cistoprostatectomie : retire la vessie de la même manière que la cystouretrectomie, mais en association avec la prostate.
- Exentération pelvienne antérieure : lors de cette opération, on retire le vagin, la vessie et l’urètre chez la femme atteinte.
- Pénectomie partielle : consiste à enlever la portion du pénis entourant l’urètre et qui s’étend jusqu’à la zone où le cancer s’est propagé. Après cette intervention, une reconstruction peut être réalisée par chirurgie plastique.
- Pénectomie radicale : dans les cas où le cancer est très étendu, il peut parfois être nécessaire d’enlever tout le pénis par cette chirurgie.
Radiothérapie
Il s’agit d’un type de traitement anticancer qui utilise des rayons X à haute énergie, principalement pour détruire les cellules malignes. Il peut être externe, par une machine émettant des faisceaux de radiations vers la région ciblée, ou interne, en implantant dans le corps du patient des substances radioactives via divers supports (comme des graines, des aiguilles ou des catheters).
Dans le cadre interne, l’instrument est implanté dans la zone où se situe le cancer ou aussi proche que possible pour en détruire l’efficacité. Pour le cancer de l’urètre, le type employé dépendra de la région et de l’origine du cancer de l’urètre.
Chimiothérapie
Elle consiste à utiliser divers médicaments pour détruire les cellules cancéreuses et réduire ou éliminer complètement la maladie. Les substances utilisées sont appelées agents antinéoplasiques ou chimiothérapies.
Ce traitement entraîne des effets secondaires plus ou moins importants car il agit sur les cellules malignes et sur les cellules saines, sans distinction. Le type de médicament utilisé et la manière de l’administrer varient selon sa localisation et son étiologie.
Autres données
Pronostic
L’espoir de guérison du patient atteint de cette pathologie dépend de plusieurs facteurs :
- Si l’on pensait que le cancer avait disparu, mais qu’une récidive survient.
- Le sexe du patient est un facteur déterminant dans le processus de rétablissement.
- L’état de santé général de la personne atteinte d’un cancer de l’urètre.
- La présence de métastases dans les tissus les plus proches de la zone affectée, comme les ganglions lymphatiques locaux.
- L’origine de la pathologie influence également le rétablissement ultérieur du patient.
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À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
