Beurre ou huile dʼolive : celui des deux qui fait vraiment bouger le cholestérol

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Beurre ou huile dʼolive : celui des deux qui fait vraiment bouger le cholestérol

Dans nos cuisines, ces deux matières grasses n’ont pas la même réputation. Pourtant, ce qui compte vraiment, c’est leur impact sur notre profil lipidique. Entre tartine du matin et filet d’huile sur une salade, lequel fait réellement bouger le cholestérol dans la bonne direction ?

Pourquoi ces deux matières grasses n’agissent pas pareil

Le beurre est riche en graisses saturées et contient du cholestérol alimentaire. L’huile d’olive, surtout extra-vierge, apporte surtout des graisses mono-insaturées et des polyphénols protecteurs.

Ces différences se traduisent par des effets métaboliques opposés. Les saturés du beurre tendent à augmenter le LDL (le “mauvais”), alors que l’huile d’olive aide à réduire le LDL et à préserver un HDL plus favorable.

Ce que disent les études

Les méta-analyses montrent que remplacer les graisses saturées par des graisses insaturées abaisse le LDL et l’apoB (le marqueur du nombre de particules athérogènes). L’huile d’olive a un avantage supplémentaire grâce à ses composés phénoliques.

“Quand on échange du beurre pour de l’huile d’olive, on observe une baisse du LDL-C en quelques semaines”, résument plusieurs équipes de recherche. L’effet est modeste à chaque repas, mais devient significatif au fil des mois.

LDL, HDL et oxydation : la qualité compte

Au-delà des chiffres, la vulnérabilité du LDL à l’oxydation joue un rôle clé dans la formation de la plaque. Les polyphénols de l’huile d’olive extra-vierge réduisent cette oxydation, rendant les particules moins dangereuses.

Avec le beurre, on observe plus souvent une hausse de l’apoB et des LDL plus athérogènes. “Ce n’est pas seulement le taux, c’est le type de particules qui compte”, rappellent les cardiologues.

Cuisson, chaleur et saveurs

L’huile d’olive extra-vierge possède une bonne stabilité à la cuisson douce à moyenne, grâce à ses antioxydants. Elle convient aux poêlées, sauces et rôtis modérés.

Le beurre brunit vite et fume à basse température. En cuisine, on le garde pour des usages aromatiques, ou on le mélange avec un peu d’huile pour améliorer la stabilité.

Portions qui font la différence

La question n’est pas “beurre ou rien”, mais “quelle quantité et à quelle fréquence”. Quelques choix répétés chaque jour suffisent à déplacer l’aiguille du cholestérol.

  • Remplacer 1 à 2 cuillères à soupe de beurre par 1 à 2 cuillères d’huile d’olive extra-vierge au quotidien peut abaisser le LDL de manière mesurable.

Astuces concrètes pour le quotidien

Sur les légumes, un filet d’huile d’olive rehausse le goût et améliore l’absorption des caroténoïdes. Sur le pain, testez l’huile avec une pincée de sel et d’herbes au lieu du beurre.

En pâtisserie, on peut souvent remplacer 80 % du beurre par de l’huile d’olive douce, en ajustant l’hydratation. Pour les œufs, une cuillère d’huile d’olive à feu moyen garde la texture fondante et le profil lipidique gagnant.

Et si on aime le goût du beurre ?

Le plaisir fait partie de l’équilibre. Gardez le beurre pour la touche finale : un petit copeau sur des haricots vapeur, ou une noisette pour “monter” une sauce. L’essentiel est de laisser l’huile d’olive faire le gros du travail au quotidien.

“Le meilleur gras est souvent celui qu’on remplace”, disent les diététiciens. Mieux vaut 90 % d’habitudes favorables que 100 % de frustration éphémère.

Cas particuliers et nuances utiles

Chez les personnes avec LDL ou apoB très élevés, la priorité est la substitution systématique des saturés. Chez les sportifs à forte dépense énergétique, la marge est plus souple, mais l’huile d’olive reste un choix sûr.

Clarifié, le beurre (ghee) supporte mieux la chaleur, mais ne change pas son profil de saturés. Les huiles raffinées très neutres peuvent cuire plus chaud, mais n’offrent pas les polyphénols signature de l’extra-vierge.

Le verdict en une phrase

Pour faire bouger le cholestérol dans la bonne direction, l’huile d’olive extra-vierge l’emporte nettement sur le beurre : moins de LDL, un apoB plus bas, et des LDL moins oxydables.

“On ne mange pas des nutriments, on mange des aliments”, mais ici l’aliment gagnant est clair : mettez l’huile d’olive au centre de vos gestes culinaires, et gardez le beurre pour les rares moments de pur plaisir.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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