
Qu’est-ce que c’est ?
On désigne par arythmie cardiaque toute perturbation qui rend le rythme du cœur anormal. Les battements résultent d’impulsions électriques qui permettent aux cavités du cœur – les oreillettes et les ventricules – de se contracter de manière adéquate, synchronisée et rythmée. On considère qu’une fréquence cardiaque normale se situe entre 60 et 100 battements par minute.
Cependant, selon Javier Jiménez Candil, président de l’Association du rythme cardiaque de la Société Espagnole de Cardiologie (SEC), la fréquence cardiaque à elle seule ne suffit pas pour diagnostiquer une arythmie. En effet, par exemple, avoir 50 battements par minute peut être considéré comme normal pour un athlète entraîné. « En dehors de la fréquence cardiaque, il doit exister un contexte clinique qui ne soit pas normal », précise l’expert.
Les arythmies peuvent apparaître pour l’une des raisons suivantes, selon la Fondation espagnole du Cœur : l’impulsion électrique ne se génère pas correctement, il prend origine à partir d’un site inapproprié ou les voies de conduction électrique sont altérées.
Prévalence
Les arythmies constituent un problème cardiaque très fréquent. On estime que seul le type le plus fréquent, la fibrillation auriculaire, touche en Espagne plus de 4 % des personnes de plus de 40 ans.
Causes
Les causes des arythmies sont très diverses. Voici quelques facteurs qui expliquent leur apparition :
Vieillissement
De nombreuses arythmies sont liées au vieillissement. « Avec le vieillissement, le système qui produit les impulsions du cœur vieillit aussi et des troubles apparaissent qui font que le cœur batte plus lentement », explique Jiménez Candil. Avec l’âge augmente aussi la fréquence des arythmies rapides, où le cœur bat plus vite que la normale.
Facteurs de risque cardiovasculaire
Les facteurs de risque cardiovasculaire classiques influencent l’apparition des arythmies. L’hypertension, l’ apnée du sommeil, l’obésité et le diabète figurent parmi les maladies les plus associées à des perturbations du rythme cardiaque.
Maladies structurelles du cœur
Certaines maladies qui affectent la structure du cœur, comme l’infarctus du myocarde ou la cardiopathie valvulaire, peuvent conduire à un mauvais fonctionnement du cœur et, dans certains cas, à la génération d’arythmies.
Génétique
Certaines personnes naissent avec une prédisposition génétique à développer des arythmies. Ce sont des personnes atteintes de cardiopathies familiales.
Sans cause connue
Lorsqu’il est impossible d’identifier une cause, on parle d’arythmies idiopathiques.
Symptômes
Les manifestations cliniques dépendent du type d’arythmie. Elles peuvent être variables, allant d’arythmies sans aucun symptôme à d’autres qui entraînent des répercussions très importantes. Les principaux symptômes sont :
Palpitations
À l’état normal, le battement du cœur n’est pas perçu. La sensation que le cœur bat s’appelle les palpitations; les palpitations ne signifient pas nécessairement une situation pathologique ni qu’il y ait une tachycardie.
Syncope
Certaines personnes peuvent éprouver des étourdissements et même des syncopes. La syncope désigne une perte de connaissance relativement brusque. Elle se caractérise par une récupération spontanée après une courte période. Certaines syncopes peuvent être dues à des arythmies lentes (bradycardies) et d’autres à des rythmes rapides ou tachycardies.
Fatigue ou lassitude
L’intolérance à l’effort, la fatigue, la sensation d’essoufflement à la marche, une douleur thoracique… sont d’autres manifestations possibles de certaines arythmies.
Mort subite
La mort subite est l’arrêt cardiaque qui se produit de manière inattendue et soudaine. Elle est déclenchée principalement par une arythmie cardiaque, surtout la fibrillation ventriculaire, mais aussi une tachycardie ventriculaire et, moins fréquemment, une bradycardie.
Prévention
Parmi les mesures qui peuvent être adoptées pour éviter la formation des arythmies, on peut citer :
- Réduire la consommation de sucres et de graisses afin de diminuer l’hypercholestérolémie et le diabète.
- Pratiquer régulièrement une activité sportive.
- Ne pas fumer.
- Éviter l’alcool.
- Contrôler et réduire les niveaux de stress.
Types
Nous pouvons rencontrer les types d’arythmies suivants :
Bradycardie sinusal
C’est une situation dans laquelle les battements du cœur prennent naissance et se transmettent normalement, mais la fréquence cardiaque est plus basse que la normale.
Causes
La bradycardie sinusal peut se produire dans différentes situations : elle peut être totalement normale et physiologique, comme chez les athlètes; elle peut être due à certains médicaments; à l’atteinte du nœud sinusal et peut apparaître dans le cadre d’un trouble appelé syndrome bradycardie/tachycardie où les patients alternent des épisodes de bradycardie importante avec des périodes de tachycardies (généralement la fibrillation auriculaire).
Traitement
La bradycardie sinusal isolée est généralement une situation physiologique et n’a pas besoin de traitement. Elle peut aussi être provoquée par des médicaments et il faut évaluer la possibilité de les arrêter. Si elle est sévère et symptomatique, le traitement est l’implantation d’un stimulateur cardiaque.
Fibrillation ventriculaire
Causes
Dans cette arythmie, l’activité électrique du cœur est totalement désorganisée, de sorte qu’il n’y a aucun battement efficace. Cette situation mène systématiquement à un arrêt cardiaque grave qui, s’il n’est pas interrompu par des manœuvres de réanimation, est irréversible et provoque la mort.
Personnes qui en souffrent
Ce type d’arythmie se présente principalement chez des patients souffrant d’une maladie cardiaque et, en particulier, d’atteinte des artères coronaires, pouvant être la première manifestation de l’arythmie. De manière exceptionnelle, la fibrillation ventriculaire peut aussi se manifester chez des patients qui n’ont qu’un trouble des propriétés électriques du cœur. Ils sont généralement jeunes et, dans la majorité des cas, un composant génétique a été trouvé, ce qui n’est pas rare que ces patients aient des antécédents familiaux de mort subite inexpliquée.
Parmi les anomalies électriques les plus connues qui peuvent provoquer une mort subite par fibrillation ventriculaire, on peut citer :
- Syndrome du QT long congénital : C’est une maladie héréditaire, au cours de laquelle surviennent des épisodes de tachycardie ventriculaire, généralement courts et autolimitées, qui peuvent dégénérer en une fibrillation ventriculaire. Elle peut se manifester dès l’enfance et se caractérise par des épisodes de perte de connaissance déclenchés par des situations émotionnelles ou l’effort. Il n’est pas rare que ces enfants aient été diagnostiqués d’épilepsie. Le diagnostic se fait habituellement à partir de l’électrocardiogramme (ECG) de base, bien que dans certains cas cet ECG puisse être pratiquement normal. L’histoire familiale peut aider au diagnostic. Certaines formes de ce syndrome peuvent s’accompagner d’une surdité congénitale.
- Syndrome de Brugada. C’est une maladie familiale héréditaire, chez laquelle les patients peuvent présenter des syncopes récurrentes et une mort subite. Il existe généralement des antécédents familiaux de mort subite inexpliquée. Le diagnostic définitif repose sur l’ECG qui présente des altérations caractéristiques. Chez les porteurs de ce syndrome, l’ECG peut être temporairement normal et, dans ces cas, en cas de suspicion clinique, le diagnostic peut être établi en réalisant un test médicamenteux qui peut révéler l’altération de l’ECG.
Traitement
- Épisodes aigus de fibrillation ventriculaire (FV) : Il s’agit d’une situation d’urgence vitale où les manœuvres de réanimation cardio-pulmonaire doivent être démarrées immédiatement, y compris le massage cardiaque, la ventilation et une défibrillation cardiaque urgente.
- Traitement chronique de la FV : Dans l’approche du traitement de la FV, il faut déterminer si la FV est due à une cause précise. Ainsi, par exemple, chez certains patients l’épisode de FV survient au moment d’un infarctus du myocarde. Dans ces cas, il faut traiter uniquement l’infarctus. Dans le reste des situations, compte tenu du risque élevé de récidive et donc de mort subite, il faut indiquer un défibrillateur automatique implantable, qui, bien qu’il n’empêche pas de nouvelles crises de FV, permettra qu’elles soient traitées de façon immédiate et automatique, évitant le décès du patient.
Fibrillation auriculaire
La fibrillation auriculaire (FA) est l’arythmie cardiaque la plus fréquente. Elle se produit parce que les oreillettes s’activent et se contractent de manière désorganisée, irrégulière et peu efficace, ce qui rend les battements des ventricules irréguliers.
Elle peut être paroxystique (se produisant sous forme d’épisodes courts de moins d’une semaine et qui apparaissent et disparaissent généralement d’eux-mêmes), persistante (lorsque les épisodes durent plus d’une semaine et ne disparaissent souvent pas sans traitement) ou permanente (qui persiste en continu).
Traitement
Chez les patients présentant des crises répétées de FA, il existe plusieurs options thérapeutiques.
- Médicaments : Il existe divers médicaments antiarythmiques qui peuvent être utiles. Il faut toutefois souligner qu’aucun médicament n’est efficace chez tous les patients et qu’ils peuvent avoir des effets secondaires ou contre-indications graves qui limitent leur utilisation.
- Ablation par radiofréquence du nœud A-V et implantation d’un stimulateur : Cette alternative consiste à provoquer un blocage cardiaque par radiofréquence et à implanter ensuite un stimulateur cardiaque. Avec cette technique, on ne supprime pas la FA mais le patient ne ressent plus les palpitations et ses symptômes s’améliorent.
- Ablation directe par radiofréquence de la FA : Chez certains patients très sélectionnés avec des types spécifiques de FA, il peut être envisagé d’effectuer une ablation dirigée vers les points où la FA prend naissance, ce qui pourrait être curatif.
Taquicardie supraventriculaire paroxystique (TPSV)
Causes
Il s’agit d’épisodes de tachycardies qui débutent brusquement, habituellement sans déclencheur précis, bien que parfois ils puissent débuter lors d’un effort ou en se penchant. Les épisodes peuvent durer de quelques minutes à plusieurs heures. Ils s’arrêtent habituellement spontanément et brutalement, bien que dans certaines situations une aide médicale soit nécessaire pour arrêter la tachycardie, soit par des manœuvres ou par des médicaments.
Symptômes
Les symptômes sont palpitations rapides et régulières, bien que parfois il puisse y avoir syncopes, douleur thoracique ou d’autres inconforts. Il existe un type spécifique de TPSV où les patients ressentent des palpitations localisées au niveau du cou.
Personnes qui le souffrent
Il n’est pas rare que le patient ait été diagnostiqué de crises nerveuses. Ces tachycardies peuvent se présenter à tout âge de la vie et peuvent être détectées chez des nouveau-nés jusqu’à des personnes âgées. Elles ne sont généralement associées à aucun autre trouble ou anomalie cardiaque.
Diagnostic
L’ECG en dehors des crises est normal, à l’exception d’une anomalie appelée syndrome de Wolff-Parkinson-White, où l’ECG peut montrer une altération même en l’absence de tachycardie. Dans tous les autres cas, si l’ECG pendant la crise n’est pas enregistré, il faut pratiquer une étude électrophysiologique.
Traitement
La plupart des crises aiguës de TPSV se rétablissent spontanément après quelques minutes. Si elles persistent, un traitement doit être envisagé. La première mesure à tenter pour interrompre une crise est les manœuvres vagales. Si malgré cela la tachycardie persiste, un traitement antiarythmique administré par voie intraveineuse peut être utilisé.
Prévention
En général, les patients ayant déjà eu une crise de TPSV présentent des récidives. Pour éviter ces récidives, il existe deux options thérapeutiques :
- Médicaments antiarythmiques : Ils doivent être administrés de manière continue; ils sont seulement efficaces dans environ 50 pour cent des cas et peuvent avoir des effets secondaires.
- Ablation par radiofréquence : C’est le traitement de choix pour ce type de tachycardies en raison de son efficacité élevée (environ 90 %) et de la faible fréquence de complications.
Tachycardie ventriculaire (TV)
Personnes qui en souffrent
Elles prennent racine dans le ventricule. Elles se présentent souvent chez des patients ayant une maladie cardiaque, mais peuvent aussi survenir chez des personnes en bonne santé.
Symptômes
Les symptômes de la TV peuvent être très variables. Ils peuvent être totalement asymptomatiques; se manifester par des palpitations uniquement; ou entraîner des symptômes plus graves comme étourdissements, sudations, syncope ou mort subite.
Diagnostic
La gravité et le pronostic de la TV dépendent non seulement des manifestations cliniques mais aussi de l’existence ou non d’une maladie cardiaque sous-jacente. Le diagnostic définitif de la TV est établi par un ECG enregistré pendant la crise de tachycardie. Dans les cas où l’enregistrement pendant la tachycardie n’est pas obtenu, d’autres examens tels qu’un enregistrement Holter ou une étude électrophysiologique peuvent être requis.
Traitement
L’urgence et le type de traitement des crises de TV dépendent de la gravité. Les options sont :
- Médicaments antiarythmiques : Il existe divers antiarythmiques qui, administrés par voie intraveineuse, peuvent arrêter la crise de tachycardie.
- Cardioversion électrique : Lorsque les médicaments antiarythmiques ne fonctionnent pas ou dans les situations nécessitant un traitement urgent, on effectue une cardioversion électrique immédiatement, accompagnée de manœuvres de réanimation.
Prévention
Les patients ayant connu une tachycardie ventriculaire présentent de fortes probabilités de récidive et doivent donc entamer rapidement un traitement afin d’éviter de nouvelles crises.
Il existe plusieurs options de traitement à choisir en fonction de la maladie cardiaque sous-jacente et des répercussions de l’arythmie.
- Médicaments antiarythmiques : À l’heure actuelle, aucun médicament antiarythmique n’a démontré qu’il pouvait prévenir totalement les récidives. Leur utilisation comme traitement unique en TV est limitée à des cas très spécifiques. Ils sont généralement utilisés en association avec d’autres traitements, tels que les défibrillateurs implantables.
- Ablation par radiofréquence : L’efficacité de l’ablation dans la TV dépend du type de TV et de la maladie du patient. Ainsi, dans certains types de TV chez des patients sans maladie cardiaque sous-jacente, l’ablation RF peut être curative. Cependant, dans la plupart des cas avec TV et maladie cardiaque sous-jacente, en particulier après un infarctus, l’ablation RF est moins efficace et ne peut parfois pas être réalisée.
- Défibrillateur automatique implantable : Chez les patients TV avec maladie cardiaque, ni les médicaments ni, dans la plupart des cas, l’ablation RF n’offrent une garantie suffisante pour éviter les récidives. Chez ces patients, une récidive de TV peut être grave et conduire même à une mort subite. Pour cette raison, dans la plupart des patients TV avec maladie cardiaque de base, on envisage actuellement un défibrillateur automatique implantable.
Les extrasystoles
Les extrasystoles ou extrasystolie sont des battements isolés qui ont une origine différente du rythme sinusal et qui apparaissent prématurément. Selon le site d’origine des extrasystoles, on les appelle extrasystoles auriculaires ou ventriculaires.
Symptômes
La plupart du temps, les extrasystoles ne provoquent aucun symptôme, mais parfois elles peuvent causer des palpitations et on ressent souvent une sensation de vide au niveau du torse. Chez les personnes sans maladie cardiaque, les extrasystoles n’ont pas de gravité, bien qu’elles puissent être gênantes. Elles peuvent occasionnellement précéder d’autres arythmies plus graves.
Diagnostic
La prise du pouls ou l’auscultation peuvent laisser supposer des extrasystoles, mais le diagnostic définitif se fait par l’ECG. Comme les extrasystoles surviennent souvent de manière sporadique, il peut être très difficile de les enregistrer lors d’un ECG effectué en consultation, et pour une détection correcte, un enregistrement Holter sur 24 heures peut être nécessaire.
Traitement
En principe, les extrasystoles ne doivent pas être traitées. Exceptionnellement, chez les patients chez lesquels les extrasystoles provoquent des symptômes gênants (palpitations, sensation de vide dans la poitrine), un traitement est envisagé, généralement des médicaments.
Bloqueos cardiacos
En conditions normales, le battement cardiaque prend naissance dans le nœud sinusal et se transmet des oreillettes aux ventricules via le nœud auriculo-ventriculaire (A-V). Lorsqu’une altération se produit au niveau du N A-V, le stimulus provenant de l’oreillette ne parvient pas à se transmettre aux ventricules et on observe un ralentissement du rythme cardiaque, ce qui est appelé blocage.
Symptômes
Les blocages peuvent être de différents degrés et constants ou intermittents. Dans ces situations, les patients peuvent ne présenter aucun symptôme, ou ressentir une diminution de leur capacité d’exercice, ou une perte de connaissance, généralement sous forme de syncope.
Diagnostic
Le diagnostic du blocage cardiaque peut être suspecté lorsqu’un patient présente des symptômes et qu’une fréquence cardiaque basse est détectée. Cependant, le diagnostic définitif ne peut être établi que par un ECG. Dans les cas où le blocage est constant, l’enregistrement ECG donnera le diagnostic. Dans les cas où le blocage est intermittent, le diagnostic peut être difficile, car il est possible qu’au moment où l’ECG est réalisé, il n’y ait pas de blocage et soit normal. Il peut être nécessaire de réaliser plusieurs enregistrements Holter ou une étude électrophysiologique.
Traitement
Il peut exister certains types de blocages (premier degré et certains deuxième degré) qui sont bénins et qui, s’ils ne produisent pas de symptômes, ne nécessitent pas de traitement. Dans les cas de blocages plus graves ou qui produisent des symptômes (généralement palpitations), le traitement de choix est l’implantation d’un stimulateur cardiaque.
Flutter auriculaire
Cette arythmie ressemble à la fibrillation auriculaire, mais dans ce cas, les oreillettes s’activent de manière régulière mais à des fréquences extrêmement élevées, ce qui fait que les battements cardiaques soient rapides (fréquence généralement comprise entre 100 et 150 bpm) et habituellement réguliers. Les considérations faites pour la fibrillation auriculaire, tant au niveau des symptômes, du diagnostic, de l’origine et du pronostic, sont similaires.
Traitement
L’approche thérapeutique de la crise aiguë de flutter est similaire à celle de la FA. Environ 50 % des patients présentant une crise de flutter évoluent spontanément vers le rythme sinusal en quelques heures, il peut donc être prudent d’attendre avant d’initier tout traitement. Lorsque cela ne se produit pas, on peut administrer des antiarythmiques. Si, malgré l’administration de médicaments, la crise de flutter ne cède pas, une cardioversion électrique peut être réalisée, qui doit être effectuée sous sédation ou anesthésie légère.
Prévention
La plus grande différence dans le traitement chronique du flutter est que l’ablation par radiofréquence est un traitement extrêmement efficace dans le flutter et est probablement le traitement de choix à l’heure actuelle.
Diagnostic
Le diagnostic se fait à partir de l’interprétation des données obtenues après plusieurs tests, parmi lesquels on trouve :
- Historique médical: Il est indispensable pour pouvoir formuler une hypothèse diagnostique et orienter le spécialiste vers les tests à réaliser chez le patient.
- Examen physique : Si l’examen est réalisé pendant l’épisode d’arythmie, il faut vérifier non seulement la fréquence du pouls, mais aussi s’il est régulier ou non, et évaluer, si possible, la tension artérielle et d’autres répercussions de l’arythmie, comme la sudation, la pâleur, l’essoufflement, etc.
- Électrocardiogramme (ECG): Le diagnostic définitif des arythmies est essentiellement basé sur l’ECG. Cependant, ce test de référence présente l’inconvénient de ne enregistrer l’activité électrique du cœur que pendant le moment où l’arythmie se produit. Par conséquent, lorsque le patient présente des symptômes suggérant une arythmie, il faut consulter le spécialiste rapidement pour réaliser le test.
Cependant, dans la plupart des cas, lorsque l’ECG est enregistré, le patient n’est pas en arythmie. Dans ces cas, même si l’ECG est généralement en rythme sinusal normal et ne permet pas le diagnostic définitif, il est recommandé de le réaliser car il fournit des données qui orientent le diagnostic possible.
- Étude électrophysiologique : Il s’agit d’une technique qui permet de reproduire les arythmies chez le patient, ainsi que d’évaluer les caractéristiques de la conduction cardiaque. Pour la réaliser, on effectue une ponction veineuse fémorale au niveau de l’aine et, via cette veine et la veine cave inférieure, on introduit des filaments (électrocatheters) qui atteignent le cœur et permettent de mesurer les paramètres d’intérêt et d’éveiller le cœur pour évaluer la provocation de tachycardies.
- Enregistrement ECG ambulatoire sur 24 heures (Holter). Ce test consiste à placer des électrodes ECG reliées à un enregistreur qui enregistre pendant 24 heures l’activité du patient pendant son activité habituelle.
Si pendant la période de l’enregistrement une arythmie survient, elle sera enregistrée et visible. Les avantages de cette technique sont d’allonger la période d’enregistrement de l’ECG et d’augmenter la probabilité d’enregistrer l’arythmie. Cependant, dans la plupart des cas, 24 heures restent un temps relativement court et, sauf en cas d’arythmies très fréquentes, il n’est pas toujours possible d’enregistrer une arythmie.
- Enregistrement d’événements : Parfois, d’autres tests peuvent être réalisés pour l’Holter afin d’enregistrer l’activité électrique cardiaque sur une période plus longue.
De plus, on peut utiliser d’autres systèmes similaires au Holter, mais de taille plus petite et qui peuvent être portés pendant une période prolongée. Ces systèmes enregistrent l’ECG en continu. Lorsque le patient présente un épisode suggérant une arythmie, il active une commande externe, de sorte que le ECG précédent soit sauvegardé. Il existe aujourd’hui deux types de enregistreurs: externes, que l’on peut porter pendant plusieurs semaines et qui ont une mémoire par épisode d’environ 5 minutes, et des systèmes implantables qui nécessitent une intervention minimale pour leur implantation et peuvent être portés jusqu’à 14 mois avec une mémoire allant jusqu’à 40 minutes par épisode.
- Test d’effort : Lorsque le médecin suspecte une arythmie liée à l’effort physique, cet examen peut être réalisé.
Traitements
Les principaux traitements sont :
Ablation par radiofréquence
Cette technique est utilisée pour traiter différents types de tachycardies. Le médecin pratiquera une ponction de la veine fémorale dans la zone inguinale (avec anesthésie locale) à travers laquelle il introduira plusieurs cathéters menant au cœur.
Une fois sur place, et grâce à des stimulations électriques, il cherchera l’origine de la tachycardie et appliquera, par l’un des cathéters, une énergie qui produit de la chaleur et qui modifie le foyer de la tachycardie en le détruisant.
Dans les cas d’arythmie sans pathologie cardiaque de base, on peut considérer que l’ablation est curative, car le patient se retrouve sans arythmie et sans besoin d’autre traitement. Aujourd’hui, c’est une option d’une grande efficacité et d’un faible taux de complications pour la plupart des arythmies.
Cardioversion/défibrillation électrique
Il s’agit d’un traitement par lequel on effectue une décharge électrique qui dépolarise tout le cœur en provoquant l’arrêt immédiat de toute arythmie, puis le rythme sinusal se rétablit.
Elle est indiquée dans le traitement de la fibrillation ou flutter auriculaire et des arythmies ventriculaires, comme la tachycardie ventriculaire ou la fibrillation ventriculaire. Dans les cas d’arythmies ventriculaires graves, la défibrillation est un traitement d’urgence qui doit être accompagné de manœuvres de réanimation.
Défibrillateur automatique implantable
Les défibrillateurs automatiques implantables sont des dispositifs similaires aux stimulateurs, mais qui ont la capacité de détecter les épisodes de tachycardie ou de fibrillation ventriculaire et, en cas de survenue, peuvent les arrêter immédiatement en effectuant une défibrillation ou via une série de stimulations cardiaques.
Ces systèmes sont très efficaces et peuvent réduire de manière importante la mortalité.
Médicaments antiarythmiques
Ce sont des médicaments dont le but est d’éviter les crises. Il existe plusieurs types et chacun peut être plus ou moins utile pour les différentes arythmies.
Ils peuvent être utilisés comme traitement aigu pendant une crise de tachycardie ou comme traitement chronique pour éviter les récidives.
Il faut prendre en compte plusieurs points : À ce jour, aucun médicament antiarythmique n’a démontré une efficacité totale et aucun n’est curatif. Dans le meilleur des cas, lorsqu’ils sont utiles, ils doivent être pris de manière continue pour maintenir leur effet et, chez les patients dont l’arythmie est due à une maladie cardiaque de base, ces médicaments ne l’améliorent pas. La plupart des antiarythmiques peuvent avoir des effets secondaires, tant au niveau cardiaque qu’au niveau extra-cardiaque.
Stimulateur cardiaque
Il s’agit d’un appareil qui émet des impulsions électriques de manière régulière et qui se connecte au cœur par un câble. Chaque fois qu’une impulsion est émise, le cœur se contracte.
Aujourd’hui, les stimulateurs cardiaques sont de très petite taille, placés sous la peau, généralement sous la clavicule, et reliés au cœur par un électrode.
L’implantation d’un stimulateur est relativement simple et se fait sous anesthésie locale. Il existe de nombreux types de stimulateurs et l’indication dépendra du type d’arythmie et de la situation du patient. Il est à noter que les stimulateurs actuels ont une durée de vie moyenne comprise entre 7 et 10 ans et qu’après cette période ils doivent être remplacés.
De plus, les modèles les plus modernes n’exigent pas d’électrodes qui atteignent les cavités cardiaques.
Autres données
Le pronostic de cette pathologie dépend du type d’arythmie et de l’état initial du patient.
En général, les bradyarythmies ou arythmies lentes présentent un pronostic favorable s’ils reçoivent un bon traitement. Les tachyarythmies et les arythmies supraventriculaires ont un meilleur pronostic que les ventriculaires.
Jiménez Candil indique qu’à l’heure actuelle, il existe divers traitements efficaces et, dans de nombreux cas, curatifs.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
