Sclérose en plaque : une maladie trop peu connue des jeunes adultes

La moitié des jeunes de plus de 18 ans, première population concernée par la sclérose en plaques (SEP), ignore qu'il s'agit d'une maladie neurologique, selon une enquête Ifop.

Cette étude réalisée du 7 au 9 avril 2010 sur un échantillon de 1004 personnes, représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans, a été présentée à l'occasion de la Journée mondiale de la SEP, lors d'une conférence organisée à Paris le 26 mai par l'Association pour la Recherche sur la Sclérose en Plaques (ARSEP). Celle-ci a annoncé dans le même temps qu'elle devenait une fondation à part entière.

A la question qu'est-ce que la sclérose en plaques (SEP) ?, les jeunes adultes interrogés évoquent une maladie du sang (24%), de la peau (13%) ou des voies respiratoires (6%), alors que sur l'ensemble de la population, près de 7 personnes sur 10 l'associent à juste titre à une affection neurologique. Les femmes, majoritairement touchées, semblent également les mieux informées (73% contre 65% pour les hommes).

C'est la proximité avec la maladie (connaissance dans son entourage d'une personne atteinte) qui favorise une perception de la SEP au plus proche de la réalité.

En outre, 44% des participants à l'enquête pensent que cette pathologie est héréditaire, 11% qu'elle est d'origine virale.

La SEP, rappelle l'ARSEP, est une maladie du système nerveux central (SNC), qui touche le cerveau et la moelle épinière et atteint en France 80.000 personnes. Dans la majorité des cas, elle survient chez de jeunes adultes (entre 25 et 35 ans), avec une prédominance féminine (2 femmes pour 1 homme).

Le SNC est composé de cellules appelées neurones, qui véhiculent l'information entre le cerveau et le reste du corps. Les neurones sont composés d'un corps et d'un prolongement, l'axone, entouré d'une gaine de myéline, qui a pour but de protéger, nourrir le neurone et permettre une conduction rapide de l'information.

Dans la SEP, c'est cette gaine qui est le siège d'une inflammation, attaquée par le propre système immunitaire du patient, d'où le nom de maladie auto-immune démyélinisante, à l'origine de perturbations dans la conduction de l'information et par conséquent, de troubles sensitifs et moteurs pouvant aller jusqu'à la paralysie.

L'origine de cette affection demeure inconnue, bien que son caractère multifactoriel ne soit plus à démontrer: en effet, la SEP serait la conséquence d'une conjonction de facteurs génétiques et environnementaux, parmi lesquels une exposition à certains virus (infection virale survenue dans l'enfance ou l'adolescence) et le type de climat (les personnes d'origine nord-européenne semblent plus fréquemment touchées). Une virose entraînerait ainsi un dérèglement du système immunitaire qui se tromperait ensuite de cible en attaquant la myéline. Mais à ce jour, aucun virus n'a été clairement identifié (seul le virus Epstein Barr semble le plus impliqué selon différentes études épidémiolgiques).

 

© APM-Santé - PARIS, le 2 juin 2010


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