Hôpital et Covid-19 : un bel élan de solidarité

Episode 5 - Témoignage d’une secrétaire médicale en hôpital de jour [5/5]

Dans un CHU de la région parisienne, Meissa, secrétaire médicale en hôpital de jour de médecine interne, a assuré pendant deux mois toutes les téléconsultations des malades de son service, pour alléger la charge des médecins sur le front du virus. Aujourd’hui, la pression retombe pour laisser la place à un sentiment de vide. 

De nombreux malades chroniques, pris en charge en hôpital de jour, devaient continuer leur traitement pendant la pandémie. En tant que secrétaire médicale, comment avez-vous assuré leur suivi ?

J’ai appelé tous les patients dont les consultations étaient prévues en hôpital de jour pour leurs chimiothérapies et autres, ainsi que tous ceux atteints de maladie génétique prise en charge dans notre service. Il a fallu décaler tous les bilans prévus pour les reprogrammer après la pandémie. Le médecin de mon service s’était porté volontaire pour prendre en charge un service accueillant des patients Covid+. J’ai donc assuré moi-même les téléconsultations une à deux fois par semaine de nos patients atteints de cette maladie génétique et ceci, pour éviter de les perdre de vue pendant cette période.  Il était crucial que ces malades ne soient pas perdus de vue. Au cours de ces téléconsultations, je demandais aux patients comment ils allaient, s’ils travaillaient ou non et s’ils avaient besoin d’une ordonnance ou d’un certificat de non reprise de travail selon la pathologie. Je leur donnais un rendez-vous afin d’assurer leur suivi après Covid. Je renouvelais les ordonnances, lesquelles étaient ensuite validées par le médecin. Je les leur envoyais par mail. Parallèlement, notre service a dû accueillir les patients qui venaient par les urgences. 

Comment les autres malades, habituellement traités en hôpital de jour, étaient-ils pris en charge ? 

Les programmations non urgentes, traitées en hôpital de jour, ont été toutes reportées. Il était, en revanche, essentiel de maintenir les chimiothérapies des personnes atteintes de cancer, afin d’éviter toute rupture dans leur parcours de soin. Il fallait aussi s’assurer que ceux-ci n’avaient pas été en contact avec le virus de la Covid-19. Nous avons donc mis en place un questionnaire que nous remplissions pour chacun d’entre eux. Avec une autre secrétaire, j’étais chargée de récupérer toutes ces fiches symptomatiques Covid et de les scanner. C’était une tâche très importante car il fallait éviter de contaminer l’hôpital de jour. 

Votre quotidien a donc été complètement bouleversé ?

Nous, secrétaires médicales, avons dû faire faire face à une charge de travail supplémentaire, gérer les appels des patients atteints de cette maladie rare, les rassurer et assurer des téléconsultations. Nous étions très fatiguées moralement, car il nous fallait soutenir notre médecin réquisitionné dans le service Covid+, pour lequel le quotidien était très difficile. Heureusement, pendant cette période, nous avons pu compter sur une belle solidarité entre nous et au sein de l’équipe.

 Je me suis évertuée à tout faire pour aider… Aujourd’hui, il a fallu reprendre notre activité habituelle. Même si je suis heureuse d’avoir aidé en cette période très difficile, je ressens une asthénie physique et psychique. Certes, nous, secrétaires avons aussi touché la prime. Cela fait du bien mais nous ne gagnons pas suffisamment eu égard à notre vécu au quotidien et à notre charge de travail. Nous attendons avec impatience nos vacances d’été. 


Meissa, secrétaire médicale a tellement donné pendant la pandémie, pour épauler le médecin et l’équipe de son service. Aujourd’hui la pression retombant un sentiment d’abime et de déprime…mais une aventure riche humainement.


Christine COLMONT

christinecolmont.blog

 



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