Sexualité de la femme ménopausée :

La DHEA est-elle efficace ?

Les dysfonctions sexuelles sont un trouble communément observé chez la femme, en particulier après la ménopause.



Efficacité de la DHEA 

L’efficacité de la déhydroepiandrostérone (DHEA), précurseur exclusif des androgènes et des œstrogènes de la femme ménopausée, a déjà été montrée dans de nombreux domaines de la fonction sexuelle lorsqu’elle est utilisée en administration intra-vaginale (essai randomisé prospectif en double aveugle vs placebo : ERC 210 [1]).


Cette étude multicentrique de phase III, menée en mode ouvert, avait pour but initial d’étudier la sécurité au long terme (52 semaines) de l’administration quotidienne de DHEA 0,50 % (soit 6,5 mg) en ovule intra-vaginal [2].

Cent cinquante-quatre femmes ménopausées (non hystérectomisées), entre 40 et 75 ans, présentant au moins un symptôme d’atrophie vulvo-vaginale (sécheresse, irritation, douleur aux rapports sexuels ;de modéré à sévère) ont été inclues dans quarante-et-un centres aux États-Unis et au Canada. Il n’était pas nécessaire de présenter de trouble sexuel pour participer à l’étude.

En début de traitement, puis à 26 et/ou 52 semaines de traitement, chaque femme a répondu au questionnaire Female Sexual Function Index (FSFI ) divisé en six domaines (désir, excitation, lubrification, orgasme, satisfaction et douleur). L’efficacité de la DHEA intra-vaginale a été un objectif secondaire.


Une affaire à suivre


Une amélioration significative de la fonction sexuelle (p < 0,0001) a été notée dans tous les domaines à 26 et à 52 semaines de traitement : amélioration du désir de 28 %, de l’excitation de 49 %, de la lubrification de 115 %, de l’orgasme de 51 %, de la satisfaction de 41 % et des douleurs de 108 % avec une amélioration du score total FSFI de 60 % (p < 0,0001).


Les principales limites de cette étude sont l’absence de groupe placebo et de protocole en aveugle, sans oublier que l’évaluation de l’efficacité de la DHEA intra-vaginale n’était qu’un objectif secondaire.

Dans les études précliniques qui ont précédé, l’hypothèse soulevée a été celle que les androgènes fabriqués localement à partir de la DHEA intra-vaginale stimuleraient l’augmentation de densité des fibres nerveuses et donc la sensibilité du vagin.

Ces résultats sont intéressants mais ils nécessitent néanmoins d’autres études pour tirer des conclusions et adapter la pratique clinique.



Dr Marion AUPOMEROL

https://www.mediamed.org


Sources :


  1. Labrie F, et al. Effect of intravaginal dehydroepiandrosterone (Prasterone) on libido and sexual dysfunction in postmenopausal women. Menopause. 2009 Sep-Oct;16(5):923-31.
  2. Bouchard C, et al. Effect of intravaginal dehydroepiandrosterone (DHEA) on the female sexual function in postmenopausal women: ERC-230 open-label study. HormMolBiolClinInvestig ; 2016 Mar ; 25(3):181-90.



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