Trouver un dermatologue : Quelles solutions pour 2020 ? Ép. 1

Épisode 1 – Dermatologues en France : l’état des lieux [1/6]

Nous vous proposons une websérie en six épisodes sur l’inégalité d’accès aux soins en dermatologie : effectifs de dermatologues en baisse, inégalités territoriales, reste à charge élevé...Quelles sont les véritables causes de l’inégalité d’accès aux soins en dermatologie ? Quelles sont les vraies solutions ?



Épisode 1 – Dermatologues en France : l’état des lieux 


Le nombre de maladies de la peau est en augmentation avec 16 millions de  Français (de plus de 15 ans) concernés selon la Société Française de Dermatologie : acné, dermatite atopique et psoriaris étant les trois plus fréquentes pathologies cutanées [1].

 

A l’inverse, il est constaté une baisse régulière du nombre de dermatologues avec 3341 dermatologues conventionnés en 2019 [2].


La profession a perdu plus de 10 % de ses effectifs en 10 ans et comptait 3410 dermatologues en activité régulière en 2017 dont 71% de femmes (moyenne d’âge 51 ans) et 29% d’hommes (moyenne d’âge 57 ans) [3].


De nombreux départements et villes de France peuvent être qualifiés de « désert médical » en dermatologie 


Avec moins de 5 dermatologues pour 100 000 habitants, l’Ariège, le Cher, la Creuse, les Hautes-Alpes, la Haute Corse, la Haute-Loire, la Meuse ou encore l’Indre sont quelques-uns des infortunés lauréats du palmarès de l’inégalité d’accès aux soins en dermatologie, la Creuse caracolant en tête de ce consternant classement avec un effectif à zéro !


La démographie médicale en baisse est régulièrement évoquée et elle peut expliquer le délai moyen d’obtention d’un rendez-vous de 61 jours [4] avec des extrêmes dans les zones ou régions sous-dotées en dermatologues.


Mais est-ce la seule véritable raison? Pourquoi des délais moyens plus élevés sont-ils observés dans des zones à densité médicale «normale »?


La diminution du temps médical disponible des dermatologues serait à l’origine de l’impossibilité de faire face aux besoins actuels des patients dans des zones à densité médicale « normale ».


Ce terme de temps médical disponible a été utilisé par le Sénat lors d’un rapport d’information sur l’équilibre concernant la santé en fonction des territoires [5]. Il concerne le temps consacré par le praticien à l’activité de soin, en opposition aux tâches annexes (administratif, gestion).

La diminution du temps médical disponible peut s’expliquer par une diminution du temps de travail global des dermatologues en exercice par rapport aux générations précédentes et par l’augmentation du temps passé aux activités annexes.


Dans les faits, il y a moins de dermatologues à plein temps, les tâches administratives sont de plus en plus chronophages.


Les dermatologues sont sur-sollicités avec une augmentation sensible des demandes de consultations !


Ce dernier facteur de consommation du temps médical disponible en dermatologie serait lié principalement au non-respect du parcours de soins, alors que les médecins généralistes sont en capacité de traiter 80% des maladies de la peau (zona, acné débutante...) ou d’assurer les consultations de dépistage [6].



Ce premier épisode s’est arrêté à l’état des lieux sous son aspect « macro » mais dans un prochain épisode, nous analyserons l’aspect « micro » avec les véritables délais moyens d’obtention d’un rendez-vous en dermatologie en 2019 par commune et selon le secteur d’activité des dermatologues.



À suivre...

Dr Jean-Pascal DEL BANO
www.le-guide-sante.org

Sources :


  1. Richard MA et al., Sex- and age-adjusted prevalence estimates of five chronic inflammatory skin diseases in France: results of the « OBJECTIFS PEAU » study.J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018 Nov;32(11):1967-1971. doi: 10.1111/jdv.14959
  1. http://annuairesante.ameli.fr
  1. https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/external-package/analyse_etude/1sogkeq/atlas_de_la_demographie_medicale_2017.pdf
  2. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er1085-2.pdf
  3. Rapport d'information de Mme Marie-Thérèse BRUGUIÈRE, fait au nom de la délégation aux collectivités territoriales n° 600 (2010-2011). https://www.senat.fr/rap/r10-600/r10-600.html
  4. Extrait de l’Interview du 29/10/2019 du Dr N. Quiles-Tsimaratos, chef du service Dermatologie, Hôpital St-Joseph, Marseille.



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