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Laser CO2 et atrophie vulvo-vaginale post-ménopausique : des résultats encourageants ?

Le déficit œstrogénique induit par la ménopause est responsable de nombreuses modifications vulvo-vaginales morphologiques, sécrétoires, vasculaires ainsi que d’une baisse d’élasticité, entraînant une atrophie vulvo-vaginale et les symptômes qui s’y associent (dyspareunies, sécheresse, démangeaison, irritation). Les œstrogènes intra-vaginaux à petite dose sont le traitement actuellement recommandé en Europe, afin de restaurer l’intégrité de l’épithélium vaginal et la flore bactérienne, et d’améliorer ces symptômes.

Or, que ce soit ce traitement ou les crèmes et gels non hormonaux largement utilisés, leur efficacité reste plus qu’incertaine [1] et leur observance n’est pas optimale.
Le Laser CO2 vaginal fractionné, déjà largement utilisé par les dermatologues pour redonner une deuxième jeunesse à notre peau, serait une alternative à ces traitements topiques. Il permettrait un remodelage du collagène, une augmentation de la micro-vascularisation locale et il restaurerait la flore intravaginale. Mais les études à son sujet sont pour l’instant peu nombreuses.

Le Laser CO2 vaginal fractionné pourrait être une alternative aux traitements œstrogéniques locaux

Dans le cadre de cet essai, randomisé en double aveugle contre placebo, mené en 2015 au Brésil pendant vingt semaines, 45 femmes ménopausées, âgées de 45 à 70 ans, souffrant de symptômes d’atrophie vulvo-vaginale (AVV) ont été réparties au hasard dans trois groupes de traitement [2].


Un premier groupe de 15 femmes a testé le Laser CO2 vaginal fractionné (trois séances) et une crème vaginale placebo, le deuxième groupe de 15 femmes testant la crème oestrogénique et un placebo du Laser vaginal et le dernier groupe de 15 femmes testant le Laser CO2 et la crème œstrogénique cumulés. Le but était de comparer l’efficacité (évaluée par différentes échelles) de ce Laser vaginal à la référence que sont les œstrogènes intra-vaginaux, ainsi que d’évaluer leurs effets cumulés.

Les résultats de cet essai préliminaire semblent attester l’apport du Laser

Concernant le vaginal health index (VHI : pH, intégrité et élasticité de l’épithélium, etc.), une amélioration significative a été observée dès la 8e semaine, suggérant une amélioration rapide de l’état de la muqueuse vaginale pour les trois groupes. Une amélioration significative n’a été notée entre 8 et 20 semaines que dans un seul groupe : celui utilisant Laser et œstrogènes combinés (p = 0,01).
Une amélioration significative des symptômes d’AVV à 8 et 20 semaines de traitement a été trouvée dans les groupes Laser CO2 et Laser CO2 avec œstrogènes topiques (respectivement : p = 0,01 et p = 0,009 pour les dyspareunies ; p < 0,001 et p < 0,001 pour la sécheresse ; p = 0,002 et p = 0,002 pour les brûlures) alors que seule la sécheresse est apparue améliorée dans le groupe œstrogènes seuls (p < 0,001).
Enfin, l’évaluation du female sexual function index n’a montré d’efficacité globale sur les différents items (désir, lubrification, douleur, etc.) que pour l’association Laser-œstrogènes topiques (p = 0,02).

Une piste intéressante

Ainsi, malgré les nombreuses limites associées à ce type d’étude préliminaire (petit effectif, population très ciblée, échelles d’évaluations subjectives), cet essai de petite envergure est le premier évaluant les performances du Laser CO2 vaginal fractionné comparé à la référence œstrogénique. On retient une amélioration globale de toutes les échelles d’évaluation symptomatique avec ce Laser, avec un bénéfice semblant plus important en le cumulant aux œstrogènes topiques. Ce nouveau traitement constitue donc une piste intéressante pour l’avenir avec une efficacité à plus long terme [3], pas de problème d’observance et un intérêt majeur pour les femmes ayant une contre-indication aux traitements hormonaux. D’autres études de plus forte puissance sont nécessaires pour confirmer ces résultats avec, notamment, l’évaluation des possibles effets secondaires liés au Laser.

Dr Marion AUPOMEROL
http://www.mediamed.org/medg/

Sources :

1. Mitchell CM, et al. Efficacy of Vaginal Estradiol or Vaginal Moisturizer vs Placebo for Treating Postmenopausal Vulvovaginal Symptoms: A Randomized Clinical Trial. JAMA Intern Med. 2018 May 1;178(5):681-690. doi: 10.1001/jamainternmed.2018.0116.
2. Cruz VL, et al. Randomized, double-blind, placebo-controlled clinical trial for evaluating the efficacy of fractional CO2 laser compared with topical estriol in the treatment of vaginal atrophy in postmenopausal women. Menopause. 2018 Jan;25(1):21-28. doi: 10.1097/GME.0000000000000955.
3. Sokol ER, et al. Use of a novel fractional CO2 laser for the treatment of genitourinary syndrome of menopause: 1-year outcomes. Menopause. 2017 Jul;24(7):810-814. doi: 10.1097/GME.0000000000000839.


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