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Santé sur internet, pas encore une priorité ?

Comment les internautes sélectionnent-ils les sites de santé ? Quelle perception en ont-ils ? Quel est le point de vue des professionnels de santé ?

Autant de questions qui ont fait l'objet d'une étude intitulée L'information santé sur Internet, menée par des étudiants du master marketing de la santé à l'Université Pierre et Marie Curie et présentée, cette semaine, lors d'une conférence de presse organisée à Paris.

Cette étude a relevé d'une double méthodologie: qualitative, par entretiens conduits auprès de 26 pharmaciens, 12 médecins et 33 consommateurs ; quantitative en sélectionnant 9 sites sur le thème de l'angine par ordre de référencement Google.

La phase qualitative met en évidence une utilisation très pragmatique des pharmaciens ; un recours des médecins dans un cadre médical exclusif et une réserve émise sur l'utilité des sites santé pour le grand public; un usage ponctuel de ce dernier, qui témoigne d'une confiance relativement faible vis-à-vis de l'information santé délivrée sur le web.

Les pharmaciens utilisent rarement Internet pour le travail, les sites les plus fréquemment visités étant ceux des grossistes-répartiteurs pour les commandes et les sites d'information professionnelle (theriaque.com, vidal.com...).

Leur connaissance des sites santé grand public se limite à Google et Doctissimo, ce dernier étant le plus anciennement référencé par le précédent et bénéficiant d'une marque forte. Selon eux, trop d'information – "tout et n'importe quoi" – les conduit à souligner un manque de confiance et de pertinence. Ils estiment ainsi que l'information sur Internet, dans le domaine de la santé, doit être utilisée avec un jugement critique. Par ailleurs, si l'e-santé n'entache pas leur rôle de conseil, ils constatent que les patients viennent pour des produits plus précis.

Quant aux médecins, ils ont recours exclusivement aux sites des universités, institutionnels, et à ceux des laboratoires pharmaceutiques, pour rechercher des informations (qu'ils trouvent parfois "orientées", bien que fiables) sur des pathologies, des médicaments et des actualités médicales.

En revanche, ils n'ont aucune connaissance des sites de santé grand public et n'en ont d'ailleurs qu'une perception très négative. Ils jugent ainsi que l'é-santé entraîne des effets délétères sur les rapports médecins/malades, même s'ils reconnaissent qu'elle améliore la prise en charge et le dialogue avec le patient.

"Parfois" et "pour les autres", telles sont les deux idées avancées par le grand public, qui déclare n'utiliser que ponctuellement des sites santé, alors qu'il se transforme volontiers en internaute averti dès qu'il s'agit de messagerie ou d'actualités : de fait, la santé arrive en avant-dernière position dans ses centres d'intérêt et seuls 7,5% des personnes sur 479 interrogées entre janvier et mars 2010, dans le cadre de la phase quantitative, déclarent consulter des sites santé.

Toutefois, Internet remplace progressivement la presse santé comme source d'information, après le pharmacien, le médecin et à égalité avec les notices de médicament.

Les blogs et les forums sont consultés par près de 60% des répondants, même si 7% seulement déclarent y participer. Plus des deux tiers sélectionnent les sites de santé selon les résultats obtenus auprès des moteurs de recherche (Google, Yahoo...).

Paradoxalement, peu de sites sont connus du grand public, mis à part Doctissimo (car il arrive en première page du référencement Google), à l'inverse des forums. Si les informations recherchées concernent les pathologies, les médicaments et les actualités (comme la grippe A), plus de 60% des répondants de la phase qualitative trouvent que la crédibilité de l'information santé en ligne, qui génère souvent de l'angoisse, est au mieux inégale, au pire faible.

Là encore, une confiance limitée domine, faisant naître un besoin de vérification auprès des proches et des professionnels de santé. Mais l'e-santé sert aussi à vérifier ce que disent ces derniers...

Enfin, 69% des répondants ne connaissent pas les labels de qualité comme HONcode (Health On the Net). Les femmes, souvent les plus anxieuses, restent toujours plus attirées par la santé et les informations qu'elles glanent sur Internet que les hommes (surtout les urbaines et les catégories socio-professionnelles supérieures). De leur côté, les jeunes, s'ils s'avèrent davantage bloggeurs de santé, sont plus détachés des problèmes qui s'y rattachent.

 

Sources APM Santé / Le Guide Santé / AVRIL 2010.


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