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Troubles du cerveau chez les enfants : les produits chimiques en cause

Notre environnement quotidien expose tout le monde à de nombreux produits chimiques. Parmi eux, un grand nombre de composés sont toxiques et utilisés dans la fabrication de certains produits de consommation courante — sans en connaître toujours les effets sur la santé. Selon une récente étude,  des chercheurs tirent la sonnette d’alarme et soulignent que des produits chimiques toxiques peuvent être en cause dans les récentes augmentations des handicaps du développement neurologique chez les enfants, tels que l'autisme, le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH), et de la dyslexie.

Publiée dans la revue médicale The Lancet Neurology le 15 Février 2014, par des chercheurs de la Harvard School of Public Health (HSPH) et l’École de médecine du Mont Sinaï, l’étude insiste sur l’urgence et l’enjeu de développer une nouvelle stratégie globale de prévention afin de contrôler l'utilisation de ces substances.

Pesticides, solvants…: responsables de plusieurs handicaps du développement neurologique chez l’enfant

L’autisme, le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH), la dyslexie et d'autres troubles cognitifs, affectent des millions d'enfants à travers le monde, et certains diagnostics semblent augmenter en fréquence. Les produits chimiques industriels qui « blessent » le cerveau en développement sont parmi les causes connues de cette augmentation de la prévalence. Dès 2006, de nombreux chercheurs avaient identifiés les produits chimiques industriels neurotoxiques en cause, dont : le plomb, le méthylmercure, les polychlorobiphényles, l'arsenic et le toluène.

Dès cette annonce, des études épidémiologiques ont mis en évidence six développements neurotoxiques : le manganèse, le fluorure, le chlorpyriphos-éthyl, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT, pesticides), le tétrachloroéthylène (solvant), et les polybromodiphényléthers (PBDE, retardateurs de flamme). Cependant, les chercheurs annoncent dans cette nouvelle étude que beaucoup plus de neurotoxiques restent à découvrir. Pour contrôler la pandémie de la neurotoxicité développementale, les chercheurs proposent une stratégie globale de prévention. 

Les produits chimiques non testés ne doivent pas être présumés sans danger pour le développement du cerveau, et des produits chimiques dans l'utilisation existante et tous les nouveaux produits chimiques doivent donc être testés pour la neurotoxicité développementale. Afin de coordonner ces efforts et d’accélérer le transfert de la science en matière de prévention, les chercheurs proposent la formation urgente d'un nouveau centre d'échange international.

La plus grande préoccupation est le grand nombre d'enfants qui sont touchés par les dégâts toxiques pour le développement du cerveau en l'absence d'un diagnostic formel. Les produits chimiques industriels sont en train d'émerger comme des causes probables et les actions de santé publique deviennent impératives afin de lutter cette pandémie silencieuse. Reste que cette lutte est difficile en raison du manque de données pour guider la prévention et l'énorme quantité de preuves nécessaires pour la réglementation gouvernementale. « Très peu de produits chimiques ont été réglementés en raison de la neurotoxicité développementale », indiquent les chercheurs.

« Ce problème est d'envergure internationale, et la solution doit donc être aussi internationale », a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Philippe Grandjean. Enfin, il précise que « Nous avons les moyens d’une mise en place pour tester les produits chimiques industriels pour des effets nocifs sur le développement du cerveau des enfants, est maintenant il est temps de rendre ce dépistage obligatoire ».

Sources

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