Pneumocoque et streptocoque : redoubler d’efforts contre la persistance des bactéries

Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) et le streptocoque (Streptococcus pyogenes) font partie des bactéries régulièrement mises en lumière dans les tribunes scientifiques ou les tabloïdes des médias populaires. Et pour cause, ces dernières regroupent un vaste ensemble de microorganismes, et ces bactéries peuvent causer des infections bénignes voire mortelles, notamment selon l’âge et l’état de santé des patients infectés (angine, impétigo, syndrome de choc toxique, méningite, otite, etc.).

Sous-estimées, selon une récente étude publiée fin décembre 2013 dans la revue Infection and Immunity de l’American Society for Microbiology, ces bactéries auraient suffisamment de résistance pour survivre à la surface d’objets, même après un nettoyage. Cette étude met en avant des résultats étonnants qui montrent que des bactéries restent viables sur des périodes de temps prolongées à l'extérieur de l'hôte et restent infectieuses.

 

Nettoyage et hygiène des objets : plutôt deux fois qu’une !

Sans devenir exagérément maniaque, l’hygiène est essentielle, autant l’hygiène corporelle que celle de notre environnement. Pas besoin d’études approfondies pour se rendre compte de l’importance de l’intérêt du nettoyage de son environnement et des objets utilisés au quotidien. Surtout lorsque des personnes sensibles (bébés, personnes âgées ou fragilisées) vivent dans un environnement public.

La propreté de ces lieux est donc un enjeu de santé publique à ne pas déprécier, d’autant plus en période d’épidémies. Pour explorer le niveau et l'étendue des contaminations, des chercheurs et des instituts de veilles sanitaires (InVS en France) surveillent et étudient notre environnement afin de développer au mieux les politiques de prévention en santé publique et les traitements.

L’étude dernièrement publiée par des chercheurs américains de l'université de Buffalo (New York), montre que les bactéries Streptococcus pneumoniae et Streptococcus pyogenes peuvent résister bien plus longtemps que l’on ne le pensait jusqu’alors. En effet, les résultats de cette étude d’outre-Atlantique indiquent que ces bactéries peuvent être présentes sur la surface d'objets du quotidien (jouets, livres, berceaux, hochets, smartphones, tablettes, etc.) durant une période allant de plusieurs semaines à plusieurs mois. Totalement sous-estimées, la vie de ces bactéries est donc remise en cause par cette étude, qui devrait faire réfléchir chacun sur l’importance et l’attention portée à l’hygiène de son environnement.

Ces résultats remettent en question la force de propagation des bactéries dans notre environnement « sur différentes surfaces, y compris les mains, et comment elles peuvent se propager entre individus. » soulignent les chercheurs. Pour obtenir ces conclusions, les chercheurs ont analysé des lieux publics de sujets sensibles à ces bactéries, comme des crèches, et remarquent la présence de pneumocoque sur 80% des peluches et différents types de surfaces de l’environnement des enfants — bien que les objets soient entretenus et nettoyés par des agents d’entretien compétents.

La persistance des bactéries en dehors du corps humain se révèle par la formation de biofilms qui colonisent les tissus humains, et peuvent ensuite être  la cause d'infections, surtout chez « les enfants, les personnes âgées et celles au système immunitaire défaillant y sont particulièrement vulnérables », insistent les chercheurs. Les biofilms de bactéries seraient de véritables « réservoirs à bactéries », qui résisteraient au temps (heures, semaines, mois) et « propageraient de potentielles infections ». « Le biofilm est le mode de vie normal des bactéries. » (via Université Joseph Fournier Grenoble).

Les deux bactéries, Streptococcus pyogenes et Streptococcus pneumoniae, sont largement considérés pour « mourir » rapidement à l'extérieur de l'hôte humain, perdant ainsi leur état infectieux. Cependant, ces résultats démontrent clairement que, bien que les cellules planctoniques qui sont desséchées perdent rapidement leur viabilité à la fois sur les mains et les surfaces abiotiques (liés à l’action du non-vivant sur le vivant), tels que les plastiques, les bactéries restent viables sur des périodes de temps prolongées à l'extérieur de l'hôte et restent infectieuses dans un modèle murin de colonisation.

Ces résultats soulèvent la possibilité que les streptocoques peuvent survivre dans l'environnement et être transférés de personne à personne via des objets contaminés par des sécrétions oropharyngées contenant les biofilms de streptocoques. Aussi, ils rendent nécessaire de redoubler d’efforts concernant la propreté des objets de notre quotidien (au travail ou à la maison), et en faisant attention aux produits ménagers utilisés et à la régularité de ce ménage de Printemps perpétuel.

Sources

 


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