Bexsero® : premier vaccin à large spectre contre la Méningite B

La méningite est une maladie grave et mortelle, dont les épidémies sévissent dans plusieurs zones du monde. D’une ceinture présente en Afrique sub-saharienne du Sénégal à l'Ouest jusqu'à l'Éthiopie à l'Est, la méningite circule en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et en Australie (forts taux du  sérogroupe B). Régulièrement, même peu fréquente, elle est déclarée chez des patients vivants en France, comme le signalait pour deux cas France 3 Aquitaine en novembre 2013.

Inflammation des méninges (enveloppes de la moelle épinière et du cerveau où circule le liquide céphalorachidien), la méningite est difficile à diagnostiquer, elle a de « multiples visages » et peut être d’origine virale, bactérienne ou parasitaire. Nécessitant une prise en charge médicale immédiate (la maladie peut parfois tuer en moins de 24H), la méningite fait partie des infections invasives dont l’annonce d’un vaccin efficace mis sur le marché ne passe pas inaperçue. D’ailleurs, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), suite à un avis donné en Octobre 2013 publié en ligne le 11 décembre 2013, apporte les recommandations d'utilisation d’un nouveau vaccin contre le méningocoque B. Un enjeu de santé publique parmi d’autres, lorsque l’on sait que « le sérogroupe B a représenté 59 % » des cas identifiés par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en 2004 en France.

Mise à jour du calendrier vaccinal : un vaccin recommandé dans certaines situations

Résultat de 20 années de recherche par le groupe suisse Novartis, le vaccin Bexsero® a été approuvé en 2013, avec une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne obtenue depuis le 14 janvier 2013. Premier vaccin capable de couvrir un large spectre avec une « protection pour toutes les tranches d’âges, y compris les nourrissons qui constituent l’un des groupes les plus vulnérables », Bexsero®  n’est pas actuellement recommandé « dans le cadre d’une stratégie généralisée de prévention des IIM (infections invasives à méningocoque) B en France chez le nourrisson, l’enfant, l’adolescent et l’adulte ».

Disponible uniquement sur prescription médicale dans les pharmacies (médicament non remboursé), Bexsero® « fournit une couverture pour 85% des souches de méningocoque B circulant en France ». Généralement d’origine infectieuse, la méningite B est redoutée en particulier pour les populations en bas âges (enfants, adolescents), qui sont de plus sans facteur de risque caractéristique. Cependant, le Haut Conseil de la santé publique souligne que « la vaccination systématique autour des cas sporadiques, pour éviter les exceptionnels cas secondaires survenant dans un délai compatible avec l’induction d’une immunité vaccinale, n’apparaît pas pertinente. ».

Rappelons qu’en France, les infections invasives à méningocoques B doivent obligatoirement être déclarées auprès de chaque cellule d'investigation régionale épidémiologique (CIRE). Avec quatre ou cinq cent cas d'infections invasives à méningocoques B déclarés annuellement selon l’Institut de veille sanitaire (dont environ 10% de décès), plus de la moitié des cas surviennent avant l'âge de 6 mois et 75 % de la totalité des cas avant l'âge de 25 ans.

Vaccin qui fera l’objet d’études régulières, les études cliniques actuellement disponibles montrent que Bexsero® administré en primo-vaccination est de taille à induire une réponse vaccinale élevée contre les quatre antigènes vaccinaux. « Après une baisse des titres vaccinaux observée 6 mois après primo-vaccination chez le nourrisson et l'adolescent (11-17 ans révolus), un effet mémoire est démontré après rappel, permettant de retrouver des taux de séroprotection de 65 à 100 % chez le nourrisson selon les antigènes vaccinaux, et de 99 à 100 % chez l'adolescent. Cependant, la durée de protection du vaccin et la nécessité de rappels itératifs restent à établir. ». En vente en pharmacie, Bexsero® doit initialement satisfaire aux recommandations relatives aux personnes à risque d'infection invasive à méningocoque B et dans les situations d'hyerendémie (comme récemment  en Seine-Maritime, dans la Somme et les Pyrénées-Atlantiques). Ce vaccin est constitué de trois antigènes capsulaires recombinants (protéine fHbp, protéine NadA, protéine NHBA) et d’un composant OMV du vaccin méningocoque B néozélandais.

Posologie et mode d’administration

Illustration : Les schémas vaccinaux recommandés et figurant au Résumé des caractéristiques du produit (PDF) qui accompagne l’AMM du vaccin Bexsero®.Source : Haut Conseil de la santé publique.

« Bexsero est indiqué pour l'immunisation active des sujets à partir de l'âge de 2 mois contre l'infection invasive méningococcique causée par Neisseria meningitidis de groupe B. ». Le vaccin est recommandé pour l’instant chez les personnes à risque que sont les personnes des laboratoires travaillant spécifiquement sur le méningocoque ; porteuses d'un déficit en fraction terminale du complément ou qui reçoivent un traitement anti-C5A, notamment par éculizumab (Soliris®) ; porteuses d'un déficit en properdine (une protéine régulatrice) ; ayant une asplénie anatomique ou fonctionnelle (non-fonctionnement de la rate) ; ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques

Bon à savoir

Quels sont les symptômes de la méningite ?

La méningite à méningocoque peut donc concerner des patients de tous les âges avec une forte présence sur les populations en bas-âges, les petits enfants et les adolescents.

Lors de l’apparition d’une « fièvre supérieure à 38°5 avec un ou plusieurs de ces autres signes » : maux de tête, gêne à la lumière, vomissements, nuque raide, troubles du comportement (agitation ou somnolence), refus de l’alimentation, il conviendra de prévenir sans délai le médecin traitant, le médecin de garde ou le 15.

« Les infections à méningocoque peuvent avoir un début progressif, de diagnostic difficile. Même rassuré par un premier avis médical, si l’état de santé de votre enfant se dégrade, n’hésitez pas à consulter à nouveau. ».

Sources

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