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Vaccin contre la grippe : en avant la campagne

Maladie infectieuse et très contagieuse, comme le montre l’histoire avec des pandémies ravageuses dont la grippe de 1918 (dite « grippe espagnole »), la grippe n’est l’amie de personne, ni des animaux. Elle l’est encore moins des personnes à risque, comme les personnes âgées, les enfants, les nourrissons, les personnes atteintes de maladies respiratoires et les personnes allergiques. Pour permettre de minimiser les risques de la grippe, voire de l’éradiquer totalement, la grippe a heureusement son vaccin, dont le premier vaccin grippal efficace date de 1944.

Une chose est certaine, il est difficile d’échapper à son exposition au cours de sa vie. Même si de nombreux principes de précaution et d’hygiène de vie permettent de s’éloigner des souches de cette infection (causée par les virus influenza, de type A, B ou C), le vaccin est un moyen efficace d’éviter parfois le pire. Pour ou contre la vaccination, tout le monde entend parler régulièrement de la Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, et justement la campagne 2013-2014 est lancée en France, et se déroulera du 11 octobre 2013 au 31 janvier 2014, avec l’objectif d’inviter plus de 10 millions de personnes à risque.

Vaccin, deux, trois ! Vaccinez, protégé !

« La grippe, ce n'est pas rien. Alors, je fais le vaccin » (slogan de la campagne 2013-14)

Priorité de Santé Publique depuis plusieurs années, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière permet de protéger et sauver des vies, et notamment d’immuniser des personnes contre des souches de virus nouvelles. C’est aussi l’occasion pour les institutions et professionnels de santé (chercheurs, virologues, etc.) d’étudier plusieurs paramètres comme l’impact et l’accueil de la couverture vaccinale, et ainsi réagir face aux évolutions et changements de comportements envers la vaccination.

A cet effet, il a été remarqué qu’entre 2009 et 2012 « la couverture vaccinale des personnes à risque est passée de 60% à 50% », bien que chaque hiver des patients souffrent de complications graves et qu’un nombre de décès reste toujours élevé.  Notons que lors de la précédente saison grippale, comme le souligne l’Institut de veille sanitaire (InVS), la saison grippale 2012 a recensé 818 cas graves de grippe admis en services de réanimation, dont 71% des malades présentaient un risque de grippe sévère, et parmi ces malades admis en réanimation, 153 décès de patients sont survenus.

Mémo des épidémies massives de la grippe entre les 20ème et 21ème siècles

4 sous-types de grippe A marquent  les grandes épidémies

  • 1918 : Grippe A (H1N1) grippe espagnole (près de 20 millions de morts)
  • 1957 : Grippe A (H2N2), grippe asiatique partie de Chine (environ 2 millions de morts)
  • 1968 : Grippe A (H3N2), grippe de Hong Kong (un million de morts dont 40 000 en France)
  • 2001 : Grippe A (H1N2)
  • 2009 : Grippe A (H1N1)

Qui doit se faire vacciner ?

La campagne de vaccination a plusieurs missions, dont la prévention (bons gestes d’hygiène et comportements sanitaires, etc.) et la vaccination des personnes à risques. On entend par « personnes à risques », plusieurs types de populations cibles étant susceptibles de subir des complications sévères en cas d’infection par l’un des virus de la grippe.

De manière générale, les personnes à risques sont : les Personnes âgées, les Hypertendus, les Insuffisants coronariens, les Patients athéromateux, les Insuffisants respiratoires, les Asthmatiques, les Nouveau-nés et nourrissons, la Population en situation de précarité énergétique ; et bien entendu la Population générale, a minima pour la part préventive sur les bons réflexes d’hygiène.

La vaccination — qui fonctionne là où les antibiotiques n’agissent plus — s’adresse aux personnes à risques. Plus précisément, à une liste de personnes éligibles à la vaccination contre la grippe saisonnière. Là où la campagne joue un rôle primordial, c’est dans sa capacité à s’adapter chaque année et à réviser cette liste de personnes à risques.

Populations éligibles 2013 pour la vaccination contre la grippe saisonnière

  • Les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse ;
  • Les personnes, y compris les enfants à partir de l’âge de 6 mois, atteintes des pathologies suivantes :

-    affections broncho-pulmonaires chroniques répondant aux critères de l’ALD 14 (asthme et BPCO) ;
-    insuffisances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives quelle que soit la cause, y compris les maladies neuromusculaires à risque de décompensation respiratoire, les malformations des voies aériennes supérieures ou inférieures, les malformations pulmonaires ou les malformations de la cage thoracique ;
-    maladies respiratoires chroniques ne remplissant pas les critères de l’ALD mais susceptibles d’être aggravées ou décompensées par une affection grippale, dont asthme, bronchite chronique, bronchiectasies, hyper-réactivité bronchique ;
-    dysplasies broncho-pulmonaires traitées au cours des six mois précédents par ventilation mécanique et/ou oxygénothérapie prolongée et/ou traitement médicamenteux continu (corticoïdes, bronchodilatateurs, diurétiques) ;
-    mucoviscidose ;
-    cardiopathies congénitales cyanogènes ou avec une HTAP et/ou une insuffisance cardiaque ;
-    insuffisances cardiaques graves ;
-    valvulopathies graves ;
-    troubles du rythme graves justifiant un traitement au long cours ;
-    maladies des coronaires ;
-    antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC) ;
-    formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie, poliomyélite, myasthénie, maladie de Charcot) ;
-    paraplégies et tétraplégies avec atteinte diaphragmatique ;
-    néphropathies chroniques graves ;
-    syndromes néphrotiques ;
-    drépanocytoses, homozygotes et doubles hétérozygotes S/C, thalassodrépanocytose ;
-    diabètes de type 1 et de type 2 ;
-    déficits immunitaires primitifs ou acquis (pathologies oncologiques et hématologiques, transplantations d’organe et de cellules souches hématopoïétiques, déficits immunitaires héréditaires, maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur), excepté les personnes qui reçoivent un traitement régulier par immunoglobulines ; personnes infectées par le VIH quels que soient leur âge et leur statut immunovirologique ;
-    maladie hépatique chronique avec ou sans cirrhose

  • Les personnes obèses avec un IMC égal ou supérieur à 40kg/m2, sans pathologie associée ou atteintes d’une pathologie autre que celles citées ci-dessus ;
  • Les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico- social d’hébergement, quel que soit leur âge ;
  • L’entourage familial des nourrissons âgés de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ainsi définis : prématurés, notamment ceux porteurs de séquelles à type de broncho dysplasie et enfants atteints de cardiopathie congénitale, de déficit immunitaire congénital, de pathologie pulmonaire, neurologique ou neuromusculaire ou d'une affection de longue durée ;
  • Les professionnels de santé libéraux en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque de grippe sévère : médecin généraliste, infirmier, sage-femme, pédiatre, pharmacien titulaire d'officine, masseur-kinésithérapeute, gynécologue et chirurgien-dentiste.

Comment et où se faire vacciner ? Est-ce bien toléré ?

Pratiquée annuellement à l’automne, la vaccination se fait en une seule injection (ou administré par voie nasale dans certains cas), et peut être associée au vaccin contre le tétanos. « La nature des virus variant d'une année à l'autre, ce sont de nouveaux vaccins correspondant aux virus attendus l'hiver suivant qui sont administrés chaque année. ».

Pour se faire vacciner, rendez-vous :

  •  chez son médecin traitant,
  • chez un infirmier,
  • dans un centre de protection maternelle et infantile (PMI), un centre de vaccination à titre gratuit.

Notez que « L'Assurance Maladie peut communiquer les coordonnées de professionnels de santé proches du domicile de l'intéressé. » et que vous trouverez tous les coordonnées nécessaires sur l’annuaire santé Le Guide Santé.

Plutôt bien tolérés, les vaccins (trivalents inactivés) contre la grippe saisonnière sont considérés comme « peu réactogènes en dehors de manifestations locales, légères et transitoires (chez 10 à 40 % des sujets vaccinés). Par ailleurs, des événements indésirables bénins tels que fièvre, malaise, douleurs articulaires ou musculaires, céphalées, surviennent chez 5 à 10 % des sujets vaccinés. ».

Combien coûte le vaccin contre la grippe saisonnière ?

Pour les patients…

Acheté en officine de pharmacie, le vaccin contre la grippe saisonnière est remboursé par la Sécurité Sociale à hauteur de 65 %.

Cependant, le vaccin peut être pris en charge à 100 % dans plusieurs situations comme dans certains établissements publics de santé (hôpitaux, cliniques), et pour les personnes concernées (personnes à risques) par les campagnes annuelles de vaccination gratuite.

Les personnes à risques ou leurs responsables légaux peuvent retirer auprès des pharmacies le vaccin gratuitement, « contre remise du bon de prise en charge adressé par l'assurance maladie ».

Pour l’Economie…

Après des crises de confiance ou des sources de complications liées à la révolution des vaccins, l’impact sur l’Economie n’est pas moindre. Marché concentré sur un petit nombre de laboratoires, en forte croissance, des questions se posent pour préserver la prévention et baisser les dépenses.

Dans un contexte où la vaccination semble être un moyen d’éviter des dépenses de santé (les maladies coûteraient beaucoup plus à la société), il est difficile de trouver des solutions efficaces. Cependant, le coût des campagnes de vaccination pourrait être repensé, notamment par la réduction systématique des commandes effectuées auprès des laboratoires pour les stocks.

Enfin, rappelons qu’en 2010, le ministre du Budget, Éric Woerth, annonçait que les dépenses liées à la grippe A atteignaient 1,5 milliard d'euros, dont la moitié pour les vaccins. Dans le même temps, la ministre de la Santé de l’époque (Roselyne Bachelot) « bousculait » les laboratoires en prenant une décision historique : résilier plus de la moitié des commandes de vaccins signées entre l’Etat Français et les laboratoires Sanofi-Pasteur, GSK et Novartis.

Sources  et liens utiles

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