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Une consommation modérée de vin rouge réduirait le risque de dépression

Consommé depuis l’Antiquité, le vin a été l’objet de nombreuses considérations et symboles. En plus de le retrouver sur nos tables de fêtes et dans nos caves, le vin a aussi été associé à certains usages médicinaux.  D’ailleurs, régulièrement des chercheurs étudient les principes actifs et les effets de la consommation du vin — et il n’est pas rare de lire que le vin rouge, consommé avec modération, serait notamment un facteur de diminution de risque d'infarctus du myocarde. C’est dans ce sens qu’une équipe de chercheurs a publié récemment une nouvelle étude, qui révèle que le vin rouge aurait d’autres vertus plus surprenantes.

Des chercheurs espagnols viennent de révéler les résultats d’une étude réalisée sur plusieurs années, qui indiquent qu’une consommation modérée de vin rouge (2 à 7 verres par semaine) peut réduire l'incidence de la dépression, tandis que les « gros buveurs » semblent être plus à risque.

L’alcool n’est pas que néfaste pour la santé

« L’abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. ». Ce slogan du Code de la Santé Publique est connu de tous. Mais il semblerait qu’en 2014, un lot de réformes s’attaquera à toute la filière du vin, par exemple en modifiant de manière significative les mentions sanitaires sur les étiquettes concernant la nocivité de l'alcool. La formule deviendrait alors « l'alcool est dangereux pour la santé ». Pourtant, auprès de ces allégations de santé alarmistes et des craintes de toute la filière vitivinicole, la consommation d’alcool ne serait pas qu’une problématique selon certains résultats de recherche. Au côté du rôle néfaste avéré de l’alcool (« 1,3 million de séjours hospitaliers, évalué en 2003, liés à des pathologies provoquées par la consommation excessive d'alcool », selon la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, MILDT), des études démontrent à l‘opposé que le vin rouge consommé avec modération, pourrait participer à la réduction de risques de certaines pathologies, chez des sujets sans antécédent d’alcoolisme.

D’autre part, il est vrai qu’il n’est pas rare de constater la présence simultanée de problèmes de dépression liés à l'alcool. Cependant, la « consommation problématique » doit être distinguée de la « consommation modérée », souligne l’étude dirigée par le Prof. Miguel Ángel Martínez González (Faculté de médecine de l’Université de Navarra en Espagne). Une « consommation problématique » d'alcool peut être associée à une dépression ; non seulement en raison de l'apport élevé d’éthanol (psychotrope), mais aussi à cause d'autres modes de vie malsains liés à l'alcool ou à cause de l'environnement social des buveurs, comme la perte d'emploi, les problèmes familiaux, les problèmes financiers ou d’autres dépendances (tabac, cannabis, etc.). Chacune de ces conditions peut être un déclencheur potentiel pour la dépression, même en l'absence d'un rôle néfaste spécifique de l'éthanol.

Sans réduire la véracité des méfaits de l’alcool, cette étude se fait l'écho d’un lien entre une consommation modérée de vin et la diminution du risque de dépression. Pour obtenir ce résultat, les chercheurs ont suivi 5,505 hommes et femmes (2.683 hommes et 2.822 femmes) âgés de 55 à 80 ans, sans antécédents de dépression ou d’alcoolisme, sur une période maximum de sept ans.

D’où proviennent ces effets du vin ?

Des études antérieures révélaient que le vin rouge doit ses propriétés protectrices à sa grande richesse en antioxydants naturels, comme les tanins et les flavonoïdes, qui protègent notamment les parois des vaisseaux — et seraient associés à une réduction des risques de maladies cardiovasculaires. (Sources : >Alcohol, red wine and cardiovascular diseaseAlcohol and cardiovascular disease-modulation of vascular cell function », Nutrients 2012, 4:297-318.).  Les chercheurs indiquent aussi que la dépression unipolaire et les maladies cardiovasculaires sont susceptibles de partager certains mécanismes physiopathologiques communs. (Sources : « Major depressive disorder », New England Journal of Medicine, 2008, 358:55-68 ; « The puzzle of depression and acute coronary syndrome: reviewing the role of acute inflammation », The Journal of Psychosomatic Research, 2011, 71:61-68.).

Jusqu’ici, la littérature scientifique existante sur la consommation d'alcool « non problématique » et la dépression n’a pas permis d’obtenir le type de résultats de ces nouvelles conclusions. Cependant, aucune des anciennes études n’a enquêté sur le rôle spécifique de chaque boisson. L’étude espagnole a évalué prospectivement l'incidence de la dépression légère à modérée chez les buveurs à partir d'une cohorte spécifique basée en Méditerranée. Une caractéristique intéressante de cette population est que le vin était la boisson alcoolisée la plus consommée. Les chercheurs ont également évalué spécifiquement l'association du vin avec la dépression, en utilisant des mesures répétées de la consommation de vin.

Pour conclure, les chercheurs suggèrent que le vin lui-même pourrait être une sorte d'antidépresseur. Le responsable principal serait le resvératrol, un polyphénol (utilisé comme antirides) présent dans certains fruits comme les raisins ou les mûres. Cet antioxydant puissant, et composant actif clé dans le vin rouge, a montré un effet « neuroprotecteur », affectant positivement les cellules nerveuses.

Sources

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