Facebook : un usage intensif prédirait les baisses de moral

Tout le monde ne pensait pas qu’Internet dominerait un jour notre quotidien sous les formes les plus diverses. Pourtant c’est chose faite. Depuis l’arrivée d’Internet dans les foyers et dans nos poches, il semblerait bien difficile pour un grand nombre de se passer de cet outil. De la recherche banale d’une information, à la réservation d’un voyage, au paiement des impôts, en passant par des rencontres amicales ou amoureuses, Internet participe au moindre mouvement de la vie de millions de personnes — et d’entreprises — dans le monde.

Quel que soit l’âge et le niveau social de l’Internaute, le virus du « tous connectés » est là. De ce constat, plusieurs chercheurs se penchent régulièrement sur l’impact de l’usage d’Internet et des réseaux sociaux, sachant que la modification de nos habitudes et comportements serait affectée à plus ou moins grande échelle.  En ce sens, une récente étude signale que l’utilisation intensive de Facebook affecterait certaines personnes, jusqu’à en être une cause de dépression.

Facebook : mi ange, mi démon

Une chose est sûre, le réseau social Facebook est devenu pour certains le moyen privilégié afin de contacter ou de rencontrer d’autres personnes – et d’occuper leur « temps mort » au bureau, en vacances, en voiture ou à la maison. Pour s’informer d’une exposition, d’un concert, de l’humeur du jour d’un proche ou encore parcourir la galerie photo des dernières vacances d’une connaissance, Facebook est un passage presque obligé. Bien que le démarrage de ce réseau social n’ait pas été instantané en France (Myspace était en première position avant sa chute de notoriété), toutes les générations peuvent s’y « rencontrer », et les initiatives les plus variées y germent.

Dans cette effervescence du "réseautage social", on retrouve bien entendu des effets « positifs », comme la mobilisation pour des causes (humanitaires, politiques, culturelles, etc.), ou les retrouvailles avec des amis perdus, mais la liste des effets « négatifs » est aussi bien présente. Comme l’ont montré plusieurs médias ces dernières années, des utilisateurs de Facebook ont payé leur « dérapage » sur ce réseau social, en particulier par la perte de leur emploi ou des sanctions pour des propos diffamatoires, ou par un lynchage médiatique face à des propos sexistes, xénophobes ou politiquement incorrectes.

C’est un fait, Facebook aide les gens à se sentir « connecté », mais cela ne les rend pas nécessairement plus heureux, comme le révèle une nouvelle étude de l'Université du Michigan (Etats-Unis), publiée en Août 2013 dans la très sérieuse revue PLoS ONE. Selon cette dernière, l'utilisation de Facebook prédirait les baisses de bien-être de son utilisateur. Pour l'étude, les chercheurs ont recruté 82 jeunes adultes utilisateurs de Facebook. Tous avaient en leur possession des Smartphones et des comptes actifs sur Facebook.

Pour participer à l’étude, les chercheurs ont utilisé une méthode d'échantillonnage, considérée comme l’une des plus fiables pour mesurer la façon dont les gens pensent, sentent et se comportent d'instant en instant dans leur vie quotidienne. Afin d’évaluer leur bien-être subjectif les participants recevaient des messages sous forme de question à des moments aléatoires cinq fois par jour pendant deux semaines. Grâce aux résultats, les chercheurs ont pu montrer comment l'humeur des gens fluctue en fonction de leur usage de Facebook. Les conclusions montrent la possibilité d’un effet négatif de l'utilisation de Facebook sur le bonheur, ainsi qu’une cause dans la dépression, en provoquant des sentiments comme la « peur de manquer », ou la « jalousie » lorsque l'on observe les choses positives dans la vie des autres.

Cette étude complète notamment les résultats d’autres études relatant des effets de l’usage d’Internet, et de Facebook en particulier, sur notre cerveau.  Selon une équipe de neuroscientifiques de la Freie Universität de Berlin (Allemagne), un lien entre l'intensité d’utilisation de Facebook et la zone d’activité du cerveau liée à la récompense serait évidente. En Suède, des chercheurs de l'Université de Göteborg ont étudié 1.011 personnes et trouvé des résultats qui ont montré que l'utilisation de Facebook a eu une relation négative significative avec l'estime de soi. En d'autres termes, les résultats indiquent que les utilisateurs qui passent plus de temps sur le réseau social Facebook ont une faible estime de soi.

En surface, Facebook constitue donc une ressource évidente pour satisfaire le besoin humain de base pour le lien social (contemporain). Mais plutôt que d'améliorer le bien-être, les chercheurs ont constaté que l'utilisation de Facebook prédit le résultat inverse. C'est un résultat d'une importance cruciale soulignent les chercheurs des différentes études disponibles à ce jour, car ces conclusions révèlent l'influence que peuvent avoir les réseaux sociaux sur la vie des gens. Les réseaux sociaux ayant une activité croissante autant dans la vie privée que professionnelle d’un individu, la surveillance et l’analyse de leurs effets semblent indiscutable, surtout si l’objectif est de préserver le potentiel de ces outils.

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