Risques cardiovasculaires : quatre changements de mode de vie pour se protéger

Une grande étude multicentrique (réalisée en même temps dans différents endroits), menée par des chercheurs de l’Université Johns Hopkins Medicine révèle un lien significatif entre les facteurs de style de vie et la santé cardiaque.

Bien que certaines pistes allaient déjà dans ce sens, l’étude ajoute encore plus de preuves et d'appui à certaines pratiques bonnes pour la santé cardiaque et la réduction de la mortalité comme l'exercice régulier, une alimentation saine (de type méditerranéen), un poids « normal » et, surtout, l’abstention de la consommation de tabac.

Les chercheurs de cette récente étude ont constaté que l'adoption de ces quatre habitudes de vie protège contre les maladies coronariennes ainsi que l'accumulation de  dépôts de calcium dans les artères du cœur,  avec une réduction du risque de décès, toutes causes confondues dans 80 % des cas.  Les résultats de l'étude, publiés dans la revue « American Journal of Epidemiology » le 2 Juin 2013, sont les conclusions d’une étude multi-ethnique réalisée par le « Ciccarone Center for the Prevention of Heart Disease » du Johns Hopkins Hospital (Baltimore, Etats-Unis).

Alimentation, poids, sport, pas de tabac : une recette santé idéale

Selon les auteurs, cette étude est la première du genre. Elle met en valeur les liens entre les facteurs de style de vie à faible risque et les premiers signes de maladie vasculaire, la maladie coronarienne et la mort, dans une évaluation unique.  Les chercheurs ont évalué des données sur plus de 6200 hommes et femmes, âgés de 44 à 84 ans, issus de milieux multi-ethniques (caucasiens, afro-américains, hispaniques et chinois). Tous ont été suivis pendant une durée moyenne de 7,6 ans. Ceux qui ont adopté les quatre comportements sains (activité physique, nutrition saine, poids idéal, pas de tabac) avaient une réduction de 80% du taux de mortalité au cours de cette période par rapport aux participants qui n’avaient aucun des comportements sains préconisés.

Les participants à l'étude ont tous participé à un examen prospectif des facteurs de risque, de la prévalence et la prévention des maladies cardio-vasculaires. Ils ont été recrutés dans six centres médicaux universitaires et n'ont pas eu un diagnostic de maladie cardiovasculaire quand ils se sont inscrits.

Afin de savoir si des signes précoces de dépôts de calcium dans les artères coronaires étaient présents chez les participants, un dépistage du calcium coronaire, en utilisant la tomodensitométrie (un scanner), a été réalisé avant l’étude. Les dépôts de calcium dans les artères coronaires sont connus pour contribuer au risque de crise cardiaque.  Au cours de l’étude, les chercheurs ont également évalué les participants autour des antécédents et risques sur la crise cardiaque, l’arrêt cardiaque, les douleurs thoraciques, l’angioplastie ou les morts survenues en raison de la maladie coronarienne ou d'autres causes.

Pour obtenir des résultats précis, les chercheurs ont développé un score de style de vie pour chacun des participants, allant de 0 (le moins sain) à 4 (vie saine), en fonction de leur régime alimentaire, de leur indice de masse corporelle (IMC), de la quantité et intensité de leur activité physique régulière et de leur statut tabagique (fumeur, non fumeur, fumeur passif). Seulement 2%, soit 129 participants, satisfaisaient les quatre critères de vie saine.

Le tabac : un facteur majeur dans les causes de maladies cardiovasculaires

De tous les facteurs de style de vie, les chercheurs ont constaté que l'évitement du tabac a joué le plus grand rôle dans la réduction du risque de maladie coronarienne et de mortalité, a indiqué l’auteur principal de l’étude et cardiologue Roger Blumenthal (Professeur de médecine à la Johns Hopkins University School of Medicine, directeur du Centre Ciccarone). Par ailleurs, les fumeurs qui ont adopté deux ou plusieurs des comportements sains avaient encore des taux de survie plus faible que les non-fumeurs sédentaires et obèses, après 7,6 années, souligne l’étude.

Les résultats de cette étude renforcent les recommandations de santé publique des différentes politiques de santé dans le monde. Dans ce sens, l’étude insiste sur l’importance et le maintien d'un régime alimentaire riche en légumes, fruits, noix, céréales complètes et de poissons, en gardant un IMC inférieur à 25, et d'être physiquement actif, et surtout de ne pas fumer.

Les chercheurs soulignent que leur étude montre l'importance de préserver des habitudes saines dans la vie quotidienne, non seulement pour réduire le risque de maladie cardiaque, mais aussi pour prévenir la mortalité, toutes causes confondues.

Même s’il existe des facteurs de risque que les gens ne peuvent pas contrôler, comme les antécédents familiaux, l'âge (le vieillissement),  ces mesures de style de vie (activité physique régulière, alimentation saine, corpulence normale, sans tabac) sont des paramètres salvateurs pour la santé, que les gens peuvent maîtriser et changer facilement.

Sources


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