Blog santé : les dernières actualités santé

Antibactériens : associés au risque de l'allergie chez les enfants ?

 

Les gels antibactériens domestiques, vendus en pharmacies et parapharmacies, font de plus en plus partie des produits de la trousse de toilette ou de secours des familles.

Souvent utilisés pour protéger les bambins des éventuelles bactéries, ces produits font l’objet d’une multiplication d’accidents domestiques, notamment suite à l'ingestion par des enfants. Plusieurs réflexions sur le danger et l'intérêt des gels antibactériens ont amené des chercheurs à étudier leurs effets réels ou nocifs.


Selon une étude publiée le 18 juin 2012 dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, l’exposition à des produits chimiques communs — présents dans les antibactériens et les conservateurs présents dans le savon, le dentifrice, les produits d’hygiène bucco-dentaire et les autres produits de soins domestiques — peut rendre les enfants plus enclins à un large éventail d'allergies alimentaires et environnementales.

Mise en évidence d’effets probables sur le système immunitaire

Grâce aux données provenant d'une enquête nationale de santé réalisée aux Etats-Unis (sur 860 enfants âgés de 6 à 18 ans), les chercheurs ont examiné la relation entre les niveaux urinaires de l'enfant, et les antibactériens et conservateurs présents dans de nombreux produits d'hygiène et la présence d'anticorps IgE dans le sang de l'enfant. Les anticorps IgE (immunoglobuline E) sont présents uniquement chez les mammifères et à même de déclencher des allergies immunitaires rares et sévères.

En réponse à une exposition répétée à un même allergène la production d’IgE s’élève et est nettement élevée chez les personnes souffrant d'allergies. « Les personnes normales produisent aussi des anticorps IgE, mais en infimes quantités. Ainsi, on peut distinguer les personnes allergiques de celles qui ne le sont pas par la quantité d'IgE produits. ».

 

Les chercheurs signalent qu’ils ont remarqué un lien entre le niveau d'exposition, par une mesure de la quantité d'agents antimicrobiens dans l'urine, et les risques d'allergies, indiqué par les anticorps circulants à des allergènes spécifiques. Ils soulignent que les résultats ne démontrent pas que les antibactériens et les conservateurs eux-mêmes peuvent provoquer des allergies, mais suggèrent plutôt que ces agents jouent un rôle fondamental dans le développement du système immunitaire.

L'hypothèse suggère que l'exposition dès la petite enfance à des agents pathogènes communs est essentielle dans la construction de réactions immunitaires saines. Le manque d'une telle exposition, selon la théorie, peut conduire à une hyperactivité du système immunitaire (hypersensibilité) rendant les personnes plus fragiles contre des substances inoffensives telles que les protéines alimentaires, le pollen ou les squames d'animaux.  

Le lien entre le risque d'allergie et l'exposition aux antimicrobiens suggère donc que ces agents peuvent perturber l'équilibre essentiel et délicat entre les bactéries bénéfiques et mauvaises dans le corps. Le résultat conduisant le plus souvent à un dérèglement du système immunitaire, ce qui soulève à son tour le risque d'allergies.

Le résultat de l’étude s’intéresse en particulier à des ingrédients susceptibles de modifier les fonctions endocriniennes (perturbateurs endocriniens), relevés par plusieurs études antérieures. Parmi ces composés : le Bisphénol A (BPA, trouvée dans la matière plastique) et le Triclosan (un agent antibactérien antifongiques et antibactériennes à large spectre, utilisé dans les savons, bains de bouche et le dentifrice…), la Benzophénone-3 et des composés de la famille des parabènes, le Propylparabène, Butylparabène et d’Ethylparabène (ensemble de molécules, les Parabènes sont des conservateurs aux propriétés antimicrobiennes utilisés comme composés pharmaceutiques dans les cosmétiques, les produits d'hygiène domestique, la nourriture et les médicaments).

Fait intéressant, le Triclosan, le Propylparabène et Butylparabène, qui ont tous des propriétés antimicrobiennes, étaient les seuls associés à un risque accru d'allergie. Les niveaux de Triclosan les plus élevés dans l’urine avaient les plus hauts niveaux d'anticorps IgE, et donc le risque le plus élevé d'allergie, comparativement aux enfants dont les niveaux de Triclosan étaient plus bas. Les enfants atteints par les plus hauts niveaux de Parabènes étaient plus susceptibles d'avoir des niveaux détectables d'anticorps IgE aux allergènes environnementaux tels que le pollen et les squames d'animaux, comparés à ceux avec ayant des niveaux faibles de parabènes.

La détermination de leur association avec une sensibilisation allergique indique que le risque d'allergie alimentaire est deux fois plus prononcée chez les enfants avec les plus hauts niveaux de Triclosan que chez les enfants avec les niveaux les plus bas. Pour les niveaux élevés de Parabènes dans les urines, ils ne seraient pas liées au risque de l'allergie alimentaire. Les chercheurs souhaitent maintenant planifier une étude à long terme chez les bébés exposés à des produits antibactériens dès la naissance, et de les suivre tout au long de l'enfance, afin de clarifier le lien entre les agents antimicrobiens et le développement des allergies.

Pour les alternatives sans pétrochimie et autres produits de synthèse, il existe maintenant sur le marché des gels hydroalcooliques naturels et bio pour le traitement hygiénique et la désinfection des mains par friction.

Sources

Nos partenaires et institutions: