Cancer du col de l’utérus : les frottis optimisent les chances de guérison

Selon une étude suédoise, publiée le 1er Mars 2012 dans la revue en ligne BMJ, les femmes diagnostiquées avec un cancer du col utérin à la suite d'un frottis cervico-utérin ont une bien meilleure chance de guérison que les femmes qui ne font pas de tests.

Les chercheurs de cette nouvelle étude ont constaté un taux de guérison de 92% après un diagnostic par frottis, comparativement à 66% pour les diagnostics basés sur les symptômes (sans frottis).

Ces résultats viennent appuyer et conforter les recommandations de la HAS qui signale que « le dépistage organisé a fait la preuve de sa supériorité par rapport au dépistage individuel (ou spontané) en termes d’efficacité, d’efficience, ainsi que d’équité et d’égalité d’accès à la prévention. »

L'étude suédoise, réalisée à l'Institut Karolinska de Stockholm (Suède), a suivi 1230 femmes atteintes du cancer du col utérin, de façon prospective pour une moyenne de 8,5 ans, diagnostiquées pendant la période 1999-2001 en Suède.

Pour estimer les chances de survie du cancer du col, l'étude a analysé les cancers détectés par un résultat de test de frottis anormal et tous les autres cas basés sur un diagnostic à l'aide des symptômes. Le pourcentage de femmes guéries après avoir présenté des symptômes dans l'intervalle recommandé entre les séances a été de 74%. Mais pour les femmes présentant des symptômes qui étaient en retard pour le dépistage, ce taux de guérison a diminué de 60%.

Aussi, les chercheurs ont constaté que les chances de guérison pour toutes les femmes qui ont eu un frottis cervico-utérin dans les 3 à 5 ans étaient de 11% plus élevé que pour les femmes qui étaient en retard ou qui n'avaient jamais passé un test. Les cancers détectés dans cette recherche étant généralement trouvés à un stade précoce, indique l'étude. Les trois quarts des 373 femmes décédées du cancer du col de l'utérus dans l'étude suédoise n'avaient pas eu un frottis cervico-utérin dans le délai recommandé.

Le Dr Bengt Andrae, auteur de l'étude et gynécologue à l'Université d'Uppsala (Suède), a déclaré que « le dépistage, à la fois réduit le risque de cancer du col de l'utérus et a été liée à une probabilité d’amélioration de guérison ». « Même si vous n'êtes pas allé faire un dépistage du col utérin, ne refusez pas un rendez-vous lorsque vous y êtes invité car vous avez un pronostic bien meilleur , plutôt que d'attendre que les symptômes apparaissent. ».

Le programme de dépistage du cancer du col utérin suédois invite les femmes âgées de 23 à 50 à faire un test de dépistage tous les trois ans, tous les cinq ans pour les femmes âgés de 51 à 60 ans.

Bien que des expériences pilotes soient menées en France, le dépistage est pour « les femmes âgées de 25 à 65 ans, majoritairement individuel et repose sur l'initiative du gynécologue, du médecin traitant ou de la sage-femme. ».

En France, le cancer du col de l'utérus provoque environ 1000 décès par an. Le dépistage permet de détecter des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et ainsi de mieux intervenir et soigner, voire de prévenir l’éventuelle apparition d'un cancer.

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