Mortalité maternelle : avortements dangereux en hausse dans le monde

Selon une étude publiée dans la revue The Lancet le 19 décembre 2012, une proportion croissante d'avortements dans le monde entier met la santé des femmes en danger. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) signale qu’actuellement le taux d'avortement global est stable, soit 28 pour 1.000 femmes par an. Néanmoins, la proportion du total réalisé sans aide clinique formée est passée de 44% en 1995 à 49% en 2008. Les chercheurs de cette nouvelle étude indiquent que les chiffres de cette progression sont inquiétants.

L'avortement à risque est l'un des principaux motifs de la mortalité maternelle dans le monde entier, en se référant à des procédures hors des établissements de santé (hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux), ou sans contrôle médicale qualifiée, et les femmes sont ainsi dans un environnement plus vulnérable - avec des risques d’infection ou de saignement potentiellement dangereux.

Dans les pays en développement, en particulier ceux qui sont plus restrictifs sur les lois de l'avortement, la plupart des avortements sont réalisés de manière dangereuse, avec par exemple un taux de 97% d’avortements non sécuritaires en Afrique. En comparaison, 95% des avortements en Amérique latine ont été jugés dangereux, tombant à 40% en Asie, 15% en Océanie et 9% en Europe.

Obtenir des chiffres sur la mortalité maternelle reste une tâche complexe dans les pays où l'avortement est encore illégal et les chercheurs de cette étude ont utilisé des enquêtes, des statistiques officielles et des dossiers hospitaliers. Bien que le taux d'avortement soit en diminution depuis 1995, cette baisse s’est stabilisée, et globalement, la hausse de la population mondiale signifiait qu'il y avait 2,2 millions d'avortements en 2008 par rapport à 2003. Dans les pays développés, la proportion de grossesses se terminant par un avortement a chuté de 36% en 1995 à 26% en 2008. Pour les pays dotés de lois restrictives sur l'avortement (IVG, interruption volontaire de grosse) aucune n’a baisse correspondante du taux d'avortement n’a été constaté, mais plutôt une hausse régulière.

L'avortement à risque est l’une des cinq principales raisons de la mortalité maternelle, avec environ un sur sept ou huit décès maternels en 2008. Pourtant, lorsque l'avortement est réalisé avec des techniques appropriées et des soins médicaux, le risque de décès est négligeable et près de 14 fois inférieur à celui de l'accouchement.

Selon les chercheurs, ces données continuent de confirmer que les femmes qui souhaitent mettre fin à des grossesses non désirées cherchent l'avortement à tout prix, même si celui-ci est illégal ou implique un risque vital.

Cette étude révèle qu'en 2008, 86% des avortements ont eu lieu dans les pays en développement et que près de la moitié des avortements dans le monde entier étaient dangereux en 2008. Que les femmes continuent de mourir en grand nombre à cause de l'avortement non médicalisé est un scandale. Enfin, ce rapport d’étude vise donc l’objectif de faire réduire l'incidence des grossesses non désirées et des avortements dangereux, y compris à pousser tous les pays dans une voie d’investissements dans les services de planification familiale et des soins de l'avortement médicalisé, qui sont des étapes cruciales pour l’avenir.

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