Récupération Rapide Après Chirurgie : programme salutaire au service des usagers

Chaque année dans le monde, plusieurs millions de patients bénéficient d’opérations chirurgicales. Durant la période qui va suivre cet acte médical, il est courant de constater des baisses de forme, de tonus, voire des complications plus graves. Ces difficultés à récupérer peuvent aussi nuire au bien-être et au moral, et avoir un impact sur la vie professionnelle, familiale et sociale.

Bien qu’elle soit encore parfois associée à un certain nombre de complications postopératoires, qui retardent dans de nombreux cas la récupération postopératoire, la chirurgie peut maintenant bénéficier d’une véritable innovation en offrant au patient les programmes de Récupération Rapide Après Chirurgie (RRAC).

Lorsqu’une personne apprend par la voix de son médecin qu’elle devra faire face à une chirurgie, il n’est pas toujours simple de l’accueillir et l’anticiper. Même si cette intervention chirurgicale doit servir à réparer un traumatisme grave, à soigner une infection, libérer un organe compressé, ou corriger une malformation, un mécanisme d’anxiété et de nombreuses questions surviennent à l’esprit du patient.

Pour compléter les vérifications systématiques lors d’une opération chirurgicale, recommandées par l’OMS, qui doivent permettre de garantir une bonne pratique pendant et après l’opération, un patient peut bénéficier d’une vraie révolution nommée la Récupération Rapide Après Chirurgie (RRAC) ou réhabilitation postopératoire. On le sait, la nature d’une analgésie joue un rôle majeur qui doit s’associer dans une notion plus globale de récupération postopératoire.

Elle se révèle aussi comme l’une des parties clé de la prise en charge des patients opérés dans le but d’accélérer sa réhabilitation fonctionnelle (information préalable, kinésithérapie active, ablation précoce des drains et de la sonde gastrique, nutrition entérale précoce, réduction volontariste de la durée d'hospitalisation, etc.).

Les programmes de Récupération Rapide Après Chirurgie (RRAC) ont pour objectif un contrôle supérieur des effets pernicieux de l'agression chirurgicale. Ainsi qu’une organisation parfaite des soins péri-opératoires. Il s’en suit une réduction considérable sur l'impact sur la durée de séjour, de convalescence, la morbi-mortalité, et les dépenses de santé.

Démarche extrêmement porteuse, la Récupération Rapide Après Chirurgie (RRAC) repose sur le réexamen point par point de l’ensemble des facteurs susceptibles de retarder la reprise fonctionnelle. Programme salutaire, il permet aussi un possible retentissement sur le long terme grâce à une amélioration de la qualité de vie des malades quelques semaines après la chirurgie. Que l’on soit suivi pour une chirurgie digestive, une chirurgie digestive urologique ou une chirurgie orthopédique, plusieurs établissements de santé français proposent la RRAC.

La récupération rapide après chirurgie en pratique !

Paul, jeune retraité de 62 ans, a appris il y a un mois, qu’il avait un cancer du colon. Ce fut un rude choc.

Aujourd’hui, Paul est rentré chez lui et il a repris ses activités. Avec le recul, jamais il ne pensait que cette épreuve se passerait aussi bien.

Il repense à ces trois semaines bien remplies mais qui en valaient la peine :

Il y a quinze jours :  Une fois le diagnostic établi, son médecin lui conseille de contacter le Dr X qui pratique avec son équipe la récupération rapide après chirurgie digestive. Cette approche devrait lui permettre de retrouver plus vite ses capacités et sa vitalité.

Il y a une semaine : Rendez-vous avec le chirurgien X. Paul est surpris : en plus des aspects médicaux, le médecin aborde avec lui de nombreux points (ses activités, habitudes, son environnement, …) et lui explique en détail la préparation, le déroulement de l’intervention et les suites opératoires. Paul comprend que s’il veut bénéficier de la récupération rapide, il devra participer activement à ses soins. Le chirurgien répond ensuite aux questions de Paul et dissout ses inquiétudes : les études scientifiques prouvent que cette approche est associée à un moindre risque de complications.

Le veille de l’intervention : Paul suit à la lettre les recommandations de son chirurgien : il mange normalement, boit une solution nutritive et se repose pour arriver dans la meilleure forme possible pour son intervention. Il arrive ensuite à la clinique et s’installe tranquillement dans sa chambre.

Le jour de l’intervention : Peu de temps après son intervention, Paul se réveille : il n’a pas mal et le brancardier le remonte rapidement dans sa chambre. On lui propose immédiatement une boisson. Un peu plus tard, une infirmière l’aide à se lever et c’est dans un fauteuil qu’il peut discuter avec sa femme.

Le lendemain et le jour suivant :  Il mange et boit normalement. Il n’a pas mal. Comme il marche plusieurs heures par jour, il connait maintenant tous les recoins du service.

Le troisième jour : Après un examen minutieux, le médecin lui confirme qu’il peut sortir de la clinique et retrouver en toute sécurité son domicile et sa famille. Paul repart confiant avec son ordonnance et le rendez-vous pour sa prochaine consultation de suivi.

Trois jours après une grosse intervention, Paul est chez lui et il va bien.

Est-ce que Paul a rêvé ?

Non il a tout simplement bénéficié de la récupération rapide après chirurgie (RRAC), une approche médicale validée, centrée sur le patient.

La RRAC s’attache à réduire tous les dysfonctionnements physiologiques induits par la chirurgie, permettant ainsi au patient de retrouver plus vite ses capacités.

Elle intègre notamment :

  • Une information spécifique des patients et leur adhésion au programme
  • Une préparation spécifique afin que le patient arrive dans les meilleures conditions possibles pour sa chirurgie
  • La réduction des effets secondaires lors de l’intervention en utilisant des techniques appropriées (réduction de la douleur, de la sédation, des problèmes intestinaux…)
  • Une récupération postopératoire active avec une mobilisation précoce, une réalimentation/réhydratation planifiée, une gestion de la douleur…
  • Un retour à domicile selon des critères médicaux prédéterminés et un suivi du patient.

Aujourd’hui la récupération rapide a largement fait la preuve de sa supériorité par rapport à la prise en charge classique. Elle peut être mise en place après une chirurgie digestive, orthopédique, urologique notamment et permet de réduire jusqu’à 50 % les complications post opératoires.

Elle est couramment pratiquée dans de nombreux pays Scandinaves et en Angleterre et se répand rapidement en France.

Parlez-en avec votre médecin !

 

Sources :
  • Kehlet H. “Fast track colorectal surgery” in the Lancet. 2008 ; 791-793
  • Lassen K et al. Consensus review of optimal perioperative care in colorectal surgery, Enhanced Recovery After Surgery (ERAS) Group recommendations in Arch Surg. 2009 ; 144(10):961-9.
  • Varadhan et al. “Enhanced recovery after surgery: The future of improving surgical care” in Crit Care Clini. 2010 ; 26: 527-547
  • Thorsell et al. “ Post-operative pain control in total knee arthroscopy: local infiltration anaesthesia vs. Epidural anaesthesia – A prospective allocated Study” in Clinical Orthopaedics. 2010
  • Réduire la durée d'hospitalisation après résection E. Pélissier O. Monek, F. Cuche, clinique Saint Vincent Besançon. Livre : Dequad RRAC (Récupération rapide après chirurgie) par Eric Viel, Jean Jacques Eledidiam Collectif

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