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Maladie de Parkinson : solvant industriel en ligne de mire

Une étude internationale publiée le 14 novembre 2011 dans le journal Annals of Neurology a lié un solvant industriel à la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont constaté une augmentation de six fois le risque de développer la maladie de Parkinson chez des individus exposés sur leur lieu de travail au trichloroéthylène (TCE), un solvant utilisé notamment dans l’industrie automobile ou le nettoyage de vêtements.

Bien que de nombreuses utilisations pour le trichloroéthylène (ou trichloréthylène) soit interdites dans le monde entier, ce produit chimique est encore utilisé comme agent de dégraissage. Il fut aussi utilisé par le passé comme anesthésiant.

La recherche a été faite sur des personnes sélectionnées à partir de dossiers et de données américaines, de patients atteints ayant un jumeau non atteint. Maladie neurologique chronique dégénérative affectant le système nerveux central, la maladie de Parkinson peut entraîner des tremblements des membres, ralentir le mouvement et faire apparaître des troubles de la parole, mais la cause exacte de la maladie de Parkinson reste encore inconnue et aucun remède n’existe.

Les gènes et l'environnement

Les recherches faites à ce jour suggèrent un mélange de facteurs génétiques et environnementaux comme origines responsables. Un lien a déjà été avéré avec l'utilisation des pesticides et cette annonce de l’impact d’un solvant sur la santé va ouvrir de nouveaux "soupçons" sur l’utilisation et l’exposition à ce type de produits.

L’étude a permis de mettre en relation des chercheurs de plusieurs instituts, des Etats-Unis, de l’Allemagne, du Canada, et de l’Argentine. Ils ont examiné l'impact de l'exposition à six solvants dont le TCE (trichloroéthylène). Elle est aussi l’occasion de mettre en liens plusieurs soupçons soulevés dans différentes études réalisées cette dernière décennie.

Pour les résultats présentés, l’étude a examiné 99 couples de jumeaux, dont uniquement l’un des jumeaux est atteint de la maladie de Parkinson. Les jumeaux étant génétiquement similaires et partagent souvent certaines caractéristiques de style de vie, les chercheurs pensaient pouvoir fournir un meilleur contrôle du groupe, en réduisant ainsi la probabilité de résultats erronés.

Les conclusions de cette étude sont présentées comme une grande première en la matière, sachant qu’elles révèlent une association significative entre l'exposition au TCE (trichloroéthylène) et la maladie de Parkinson - ainsi que de suggérer que l'exposition au solvant est susceptible d'entraîner une multiplication par six les chances de développer cette maladie. Notons au passage qu'elle est la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus répandue après la maladie d'Alzheimer.

L’étude, intitulée « Solvent Exposures and Parkinson Disease Risk in Twins » a également jugé que l’exposition à deux autres solvants, le perchloroéthylène, ou tétrachloroéthylène (PERC) et le tétrachlorure de carbone, ou tétrachlorométhane, un composé chimique chloré (CCl4), tendent vers une augmentation et un risque important de développer la maladie de Parkinson. Aucun lien statistique n'a été trouvé pour les trois autres solvants (le toluène, le xylène et l’hexane) examinés dans l'étude.

Ces résultats confirment que certains contaminants environnementaux communs peuvent augmenter le risque de développer la maladie de Parkinson. Même s’il semble exister un décalage pouvant aller jusqu'à 40 ans entre l'exposition au TCE et l'apparition de la maladie de Parkinson, ce qui offre un certain potentiel pour ralentir la maladie avant que les symptômes cliniques apparaissent, l’exposition aux solvants doit être plus contrôlée et restrictive.

Utilisé dans les peintures, les colles, les nettoyants pour tapis, les centres de nettoyage à sec ou dans des solutions comme dégraissant, le TCE (trichloroéthylène) ne devrait plus faire de vieux os. Bien qu’interdit dans les industries alimentaire et pharmaceutique de nombreux pays depuis les années soixante-dix, en raison de doutes sur sa toxicité, il resterait encore plusieurs usages à risque.

Des traces de TCE dans notre eau ?

Une autre source à risque soulevée cible la contamination des eaux souterraines par le TCE (trichloroéthylène), qui semblerait très répandue dans certaines parties du monde. Bien que la restriction de l’usage de ce solvant (classé comme Cancérigène de Catégorie 2 par la Directive de l'Union Européenne sur les substances dangereuses) soit effective, certaines industries l’utilisant contamineraient une partie de l’eau potable.

Le risque accru de développer la maladie de Parkinson par la contamination au TCE et aux autres solvants devrait faire l’objet de futures études, mais aussi de faire réfléchir les législateurs afin de prendre des directives de Santé Publique encore plus formelles, même si des efforts importants sont réels depuis plusieurs années en Europe et Outre-Atlantique.

Sources

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