HPV : un auto-test pour les femmes

Une équipe de chercheurs allemands a démontré que les femmes peuvent se tester précisément pour le Papillomavirus humain (HPV ou VPH), la cause la plus répandue du cancer du col de l’utérus. La recherche est publiée dans la revue d’octobre 2011 du Journal of Clinical Microbiology.

« La haute sensibilité de cette méthode d'auto-échantillonnage garantit à identifier presque toutes les femmes infectées par le HPV », explique l’auteure principale Yvonne Deleré, de l'Institut Robert Koch (Allemagne).

Dans le monde, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes, avec un demi-million de nouveaux cas et un quart de million de décès, chaque année, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Pratiquement tous les cas sont liés à certaines souches du HPV (Human Papilloma Virus).

Dans l'étude, les chercheurs ont comparé l’auto-échantillonnage avec des échantillons conventionnels (brosse endocervicale servant au frottis cervico-utérin) obtenus par les gynécologues, grâce à deux groupes de femmes âgées de 20 à 30 ans, l’un de 55 femmes et l’autre de 101 femmes, dont un frottis cytologique récent était suspect. Les deux méthodes d'échantillonnage ont été en accord dans les deux groupes respectivement dans 84 et 91 pour cent des cas. Globalement, les femmes ont classé la méthode d'auto-prélèvement facile, à 12 sur une échelle de 0 (facile) à 100 (difficile).

Une information cytologique plus étendue

Les Pays-Bas ont déjà introduit cette nouvelle technique dans leurs programmes de dépistage, et l’auteure Yvonne Deleré espère voir la méthode se généraliser dans les pays en voie de développement, là où les femmes manquent souvent d'accès à la santé et aux tests.

Les chercheurs notent que la concordance entre le conventionnel et les méthodes d'auto-échantillonnage est bonne malgré le fait que les domaines des techniques d’échantillonnages soient différentes. L'échantillonnage avec une brosse endocervicale, dirigée vers la "zone de transformation", la région du col de l’utérus où les cellules anormales vont le plus couramment se développer, tandis que l’auto-test (par lavage grâce à une solution) comprend toute la région cervico-vaginale.

Cette méthode permettrait ainsi d’améliorer nettement l’épidémiologie sur la prévalence du HPV. La taille utérine dépend de l'âge et parmi les adolescentes, la zone de transformation se trouve sur la surface externe du col de l’utérus, où il est plus vulnérable à l'infection que chez les femmes adultes.

Le dispositif d’auto-échantillonnage, nommé le « Delphi Screener » (crée par la société Delphi Bioscience), est une seringue stérile contenant cinq millilitres de solution, le tampon phosphate salin. En libérant la solution dans le vagin, pendant cinq secondes, l'appareil doit être actionné et récupère le liquide. Ensuite, l’on plonge les échantillons de lavage dans un tube codé avant son expédition dans un laboratoire.

Ce « Delphi Screener », qui sera peut-être bientôt disponible dans les parapharmacies en ligne, vient donc compléter le frottis de dépistage, inventé par le Dr et père de la cytopathologie Georgios Papanicolaou (1883-1962), et risque de rendre service à de nombreuses femmes dans le monde.

Sources
  • Journal of Clinical Microbiology « Cervicovaginal Self-Sampling Is a Reliable Method for Determination of Prevalence of Human Papillomavirus Genotypes in Women Aged 20 to 30 Years » doi:10.1128/JCM.01026-11 http://jcm.asm.org/cgi/content/abstract/49/10/3519

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