Infarctus : la pollution, facteur déclenchant

Infarctus : la pollution, facteur déclenchant aussi important que l'alcool ou le café

La pollution atmosphérique constitue un facteur déclenchant d'infarctus du myocarde au même niveau que l'alcool, le café ou l'effort physique, selon une étude menée par des chercheurs belges et suisses.

Ces derniers ont calculé la proportion d'infarctus du myocarde attribuables à divers facteurs au sein de la population. Le risque lié à la pollution était calculé pour une augmentation de 30 µg/m3*de particules de 10 µm ou moins de diamètre (PM10).

La consommation de cocaïne arrive au premier rang des facteurs les plus fréquents déclenchants d'infarctus, suivie des repas copieux, de la consommation de marijuana, des émotions négatives, d'un effort physique, des émotions positives, de la consommation d'alcool, de la colère, de l'activité sexuelle, de l'exposition à la circulation routière, des infections respiratoires, de la consommation de café, et de la pollution atmosphérique qui arrive en dernier. Les facteurs associés à un risque élevé d'infarctus étaient, en revanche, peu fréquents.

De fait, l'exposition à la circulation routière arrivait en premier sur la liste des facteurs déclenchants d'infarctus, avec une fraction attribuable dans la population de 7,4%. Elle était suivie de l'effort physique (6,2%), de l'alcool (5%), du café (5%) et de la pollution atmosphérique (4,8%). Venaient ensuite les émotions négatives (3,9%), la colère (3,1%), les repas copieux (2,7%), les émotions positives (2,4%), l'activité sexuelle (2,2%), puis la prise de cocaïne (0,9%), la consommation de marijuana (0,8%) et les infections respiratoires (0,6%).

"Au regard à la fois de l'amplitude du risque et de la fréquence dans la population, la pollution atmosphérique représente un facteur déclenchant important d'infarctus du myocarde, d'importance similaire à l'effort physique, l'alcool et le café", concluent les auteurs.

Selon eux, de faibles risques présents de façon permanente peuvent avoir une répercussion considérable en termes de santé publique. "Améliorer la qualité de l'air que l'on respire est donc un objectif très pertinent afin de réduire l'incidence de l'infarctus dans la population générale", suggèrent-ils.

Sources : The Lancet, publication en ligne ; Tim Nawrot, université Hasselt à Diepenbeek -Belgique- et -coll. - Londres, le 15 avril 2011. via Public health importance of triggers of myocardial infarction: a comparative risk assessment

 

*µg/m3 : microgramme par mètre cube.


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