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Maladies cardiovasculaires : Première cause de mortalité des femmes

A l'occasion de la Journée mondiale du coeur, qui s'est déroulée le 26 septembre, la Fondation Recherche cardiovasculaire-Institut de France a souhaité alerter les femmes sur leur risque cardiovasculaire trop souvent négligé par rapport aux hommes, dans un dossier diffusé à la presse.

Dans les pays industrialisés, une femme sur trois meurt ainsi d'une maladie cardiovasculaire. Les affections du coeur et des vaisseaux sont par ailleurs 7 fois plus meurtrières que le cancer du sein. Ces dix dernières années, ces pathologies n'ont cessé d'augmenter, en particulier après 60 ans, mais concernent également des femmes de plus en plus jeunes, avec un taux de mortalité de 10% chez les 25-44 ans.

"Ces pathologies sont à tort trop souvent considérées comme un problème masculin et de nombreux rapports déplorent le moindre intérêt accordé à la prise en charge du risque chez la femme. Une raison vraisemblable est que celle-ci est réputée plus protégée que l'homme grâce à ses hormones jusqu'à la ménopause, avec un différentiel d'âge de 10 ans entre les deux sexes relatif aux accidents cardiaques", déplore le Pr Alain Simon de l'Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP) à Paris.

Or les femmes ont progressivement adopté les mêmes mode de vie et comportements à risque que les hommes : "le tabagisme, la consommation d'alcool, le manque d'exercice et une alimentation déséquilibrée, auxquels s'ajoutent la contraception orale, le traitement hormonal substitutif, le stress, ainsi que tous les facteurs cardiovasculaires classiques comme l'hypercholestérolémie, le diabète et l'hypertension artérielle, fragilisent le coeur des femmes et ce de plus en plus tôt", souligne Danièle Hermann, présidente de la Fondation Recherche cardiovasculaire-Institut de France.

Selon elle, tous ces facteurs ne sont pas suffisamment surveillés et les spécificités féminines en matière de risques cardiovasculaires restent mal connues du corps médical. En effet, "les symptômes féminins ne sont pas toujours la douleur classique au niveau du thorax ou du bras, mais peuvent se traduire par des manifestations atypiques comme une fatigue, des nausées ou des difficultés respiratoires, rendant tout diagnostic complexe", prévient le Pr Michel Desnos de l'HEGP.

De fait, ajoute-t-il, les femmes ont 20% de chance en moins que les hommes de se voir proposer un test d'effort et 40% en moins une angiographie (examen d'imagerie permettant de visualiser une éventuelle obstruction sur les artères coronaires nourricières du coeur, ndlr). Conséquence: les accidents cardiaques dans cette population sont plus souvent fatals (5% contre 43% chez les hommes), les femmes décédant davantage avant leur arrivée à l'hôpital.

C'est dans un tel contexte que la Fondation Recherche cardiovasculaire-Institut de France* lance le premier programme de recherche sur les maladies cardiovasculaires de la femme, afin d'améliorer le dépistage, la compréhension et la prise en charge auprès de cette cible.

* www.fondation-recherche-cardio-vasculaire.org

 

© APM-Santé - PARIS, le 29 septembre 2010


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