Blog santé : les dernières actualités santé

Une association lutte contre les méningites bactériennes

Née il y a dix ans grâce à l'initiative des parents d'une fillette, Audrey, âgée de 12 ans et décédée d'une méningite bactérienne, l'association "Méningites France - Association Audrey" poursuit son combat pour mieux informer le Grand Public et les professionnels sur cette pathologie souvent mortelle chez les jeunes, avec la création d'une Journée nationale, chaque premier samedi du mois d'octobre, la première se déroulant le 2 octobre prochain.

Ce mois de l'année représente, en effet, le début de la période saisonnière à risque de méningite (infection/inflammation des méninges, enveloppes externes entourant le cerveau, ndlr), a informé Jimmy Voisine, président de l'association, lors d'une conférence de presse organisée lundi dans les locaux du ministère de la Santé. "Professionnels de santé, parents et plus jeunes doivent être correctement informés pour permettre une prise en charge précoce et améliorer le pronostic des méningites bactériennes invasives", a-t-il martelé.

Depuis 2005, afin d'améliorer la prévention et la reconnaissance plus rapide des signes d'alerte de cette infection grave, l'association organise des journées d'information et de formation, dans des facultés de médecine pour les étudiants, les professionnels paramédicaux, ceux des PMI/crèches et de l'éducation nationale. Des activités culturelles et sportives à destination des juniors sont également mises en place pour mieux sensibiliser les parents. Des brochures dédiées aux différentes cibles sont, par ailleurs, disponibles sur le site de l'association: www.associationaudrey.fr

L'association Audrey née à Angers (Maine-et-Loire) a acquis une notoriété nationale, avec l'ouverture de plusieurs antennes régionales, ainsi qu'une meilleure lisibilité depuis l'ajout "Méningites France" à sa dénomination. Elle est également membre de la Confédération mondiale des organisations de lutte contre la méningite, qui regroupe actuellement 27 associations à travers le monde, et a postulé pour organiser en 2011 la 6ème conférence mondiale sur les méningites à Angers.

Elle étend également son action au soutien (en particulier dans les démarches administratives) des parents dont un enfant est décédé, quelle que soit la cause (selon les dernières données du ministère de la famille : plus de 8.000 enfants/adolescents de 0 à 18 ans meurent chaque année en France, toutes causes confondues, a rappelé Jimmy Voisin).

 

PRES DE 4 CAS DE MENINGITE BACTERIENNE PAR JOUR

En France, indique Muhamed-Kheir Taha, présent à la conférence de presse et spécialiste des méningites à l'Institut Pasteur, sont recensés environ 700 cas par an de méningites à méningocoques (surtout méningite B et dans une moindre mesure C, malgré l'existence d'un vaccin pour cette souche bactérienne) et 700 autres pour le pneumocoque (contre lequel existe également une vaccination). Ce qui, selon Jimmy Voisin et en lissant sur l'année, donne une estimation moyenne de 4 cas par jour, un chiffre qui sensibilise mieux le public que celui de la notion d'incidence de l'infection, calculée pour 100.000 habitants.

Si la méningite virale est fréquente et d'évolution favorable, la méningite bactérienne, en revanche, représente une véritable urgence médicale car elle est responsable de 10% de décès (un pourcentage qui a tendance à rester stable) et de séquelles qui peuvent être lourdes, commente le chercheur. "La souche B représente à elle seule les deux tiers des méningites à méningocoques, avec un pic de fréquence chez les 12-24 mois (62%) et les 15-24 ans (87%)", ajoute-t-il, cette dernière tranche d'âge représentant les taux de portage les plus élevés au niveau de la sphère naso-pharyngée. Deux vaccins sont en cours de développement contre cette bactérie, mais il faudra attendre encore au minimum deux ans avant une mise sur le marché.

"Les souches B et C se caractérisent par une virulence comparable, c'est-à-dire très forte, à laquelle s'ajoute un susceptibilité individuelle", souligne le spécialiste. Selon lui, 5 signes doivent alerter parents comme professionnels :

- tout d'abord une fièvre élevée (39°-40°) et éventuellement l'apparition d'un purpura (points rouges cutanés plus ou moins gros ne s'effaçant pas à la pression du doigt sur la peau) précédés d'un rhume ou d'une otite, qui signent la diffusion dans le sang de l'infection par les bactéries méningocoques ou pneumocoques ;

- le trio maux de tête, vomissements en jet et forte sensibilité à la lumière ou photophobie (et chez le nourrisson/petit enfant, une fontanelle bombée, un état amorphe inhabituel), qui traduit l'atteinte méningée (la raideur de la nuque n'étant pas toujours mise en évidence).

Enfin, signale Muhamed-Kheir Taha, il ne faut pas hésiter à déshabiller l'enfant pour repérer les lésions de purpura au niveau de la peau.

En 2009, le Haut Comité de Santé Publique (HCSP) a émis de nouvelles recommandations relatives à la vaccination contre le méningocoque C:

- une vaccination systématique à partir de 12 mois avec une seule dose de vaccin (qui assure une immunité à vie);

- une extension de cette vaccination jusqu'à l'âge de 24 ans révolus.

 

© APM-Santé - PARIS, le 28 septembre 2010


Nos partenaires et institutions: