Que signifie une gazométrie artérielle ?

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Une gazométrie artérielle est un examen diagnostique dont l’objectif principal est de mesurer les quantités d’oxygène et de dioxyde de carbone présents dans le sang. En outre, elle permet d’évaluer d’autres paramètres tels que le pH, qui reflète l’acidité du sang.

Les poumons sont les organes qui régulent les niveaux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang. D’autre part, les reins régulent le niveau d’acidité. C’est pourquoi une gazométrie artérielle peut être demandée afin d’évaluer diverses affections, notamment des maladies respiratoires ou rénales.

Elle peut également fournir des informations sur l’état métabolique général de l’organisme. L’échantillon est généralement prélevé dans une artère, le plus souvent l’artère radiale (au niveau du poignet).

Valeurs normales de la gazométrie artérielle

Comme cela a été expliqué, la gazométrie artérielle évalue des paramètres tels que l’oxygène, le dioxyde de carbone et l’acidité du sang.

Paramètres relatifs aux gaz sanguins

L’oxygène (PaO2) se mesure en millimètres de mercure (mmHg). Sa valeur correspond à la pression relative exercée par le gaz dissous dans le plasma. Le niveau normal de PaO2 est de 80-100 mmHg. Toutefois, sa valeur diminue progressivement avec l’âge.

Un autre paramètre relatif à l’oxygène est le contenu en O2. Il correspond à la quantité totale d’oxygène contenue dans le sang. Cela équivaut à la somme de l’oxygène dissous dans le plasma (PaO2) et de celui fixé à l’hémoglobine (SaO2, expliquée plus loin). Sa valeur normale oscille autour de 20 volumes %.

Le dioxyde de carbone (PaCO2) se mesure également en millimètres de mercure (mmHg). Il correspond à la pression exercée par le CO2 libre dans le plasma. Le niveau normal de PaCO2 est de 35-45 mmHg, et cela ne varie pas avec l’âge.

Paramètres relatifs à l’hémoglobine

On obtient également la valeur de la saturation en oxygène (SaO2). Ce paramètre correspond au pourcentage d’hémoglobine qui circule dans le sang associée à la molécule d’oxygène (O2). Chez une personne saine, la SaO2 doit être supérieure à 90 %. Le niveau optimal est de 97,5 %.

L’hémoglobine est une molécule qui transporte l’oxygène dans le sang, depuis les poumons jusqu’aux cellules qui l’utiliseront. Le pourcentage d’hémoglobine lié à l’oxygène dépend de l’affinité qu’elle a pour ce dernier.

Si l’affinité est faible, l’oxygène ne pourra pas être transporté et, par conséquent, ne pourra pas être utilisé par les cellules. En revanche, si l’affinité est élevée, il sera transporté mais ne pourra pas se détacher, ce qui le rendra également inutilisable.

C’est un autre des paramètres qui peuvent être obtenus à partir de la gazométrie artérielle. L’affinité de l’hémoglobine pour l’O2 est appelée P50. Il s’agit du chiffre de PaO2 lorsque la SaO2 est à 50 % et que les autres paramètres sont normaux.

La P50 chez l’adulte sain oscille entre 26 et 28 mmHg. La diminution de sa valeur implique une augmentation de l’affinité de l’hémoglobine pour l’O2 et inversement.

Paramètres relatifs à l’acidité du sang

Par ailleurs, le pH informe sur la concentration d’ions hydrogène (H+) dans le sang. Plus il y a d’ions hydrogène dans le sang, plus celui-ci est acide. Le niveau normal du pH sanguin est de 7,35 à 7,45.

Diagnostic syndromique selon la gazométrie artérielle

La gazométrie artérielle est particulièrement utile pour le diagnostic et le suivi de deux grands syndromes. Il s’agit de l’insuffisance respiratoire (IR) et du déséquilibre acidoc-base. Il est important de ne pas confondre un syndrome (ensemble de symptômes) avec une maladie.

L’insuffisance respiratoire (IR) se définit comme une PaO2 inférieure à 60 mmHg. De plus, si la PaCO2 est normale ou basse, on dira qu’il s’agit d’une IR partielle.

Si la PaCO2 est élevée, nous analyserons le pH. Toutefois, si elle est normale, il s’agit d’une IR chronique globale. Si elle est faible, cela peut être une IR aiguë globale ou une IR chronique aiguë aggravée. En ce qui concerne les déséquilibres acidobases, il existe deux grandes possibilités. Il y aura une acidose si le pH est bas et une alcalose si le pH est haut. Celles-ci peuvent avoir une origine respiratoire ou métabolique.

Le CO2 est une base. Ainsi, une augmentation du CO2 (par le système respiratoire) contribuera à augmenter le pH. D’autre part, les mécanismes métaboliques contribueront à augmenter le bicarbonate plasmatique. Cette valeur n’est pas fournie par la gazométrie et elle est calculée indirectement.

Ainsi, l’acidose métabolique se traduira par un pH bas et des PaCO2 et bicarbonate bas. En revanche, l’acidose respiratoire se traduira par des PaCO2 et bicarbonate élevés.

Pour finir, l’alcalose métabolique se traduira par un pH élevé et des PaCO2 et bicarbonate élevés. L’alcalose respiratoire se traduira par des PaCO2 et bicarbonate bas.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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