Incontinence urinaire

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Qu’est-ce que c’est

L’incontinence urinaire se définit par une perte involontaire d’urine.La personne concernée éprouve un besoin impérieux et soudain d’uriner, mais elle est incapable de retenir l’urine.

Les fuites peuvent survenir lors d’un éternuement, d’un rire, d’un effort ou d’un exercice physique. Il s’agit d’un problème d’hygiène, d’ordre social et psychologique, car il influe sur l’activité quotidienne du patient et diminue sa qualité de vie.

L’incontinence n’est pas une maladie en soi, mais la conséquence d’une perturbation de la phase de remplissage vésical présente dans de nombreuses pathologies. Elle est plus fréquente chez les femmes, les enfants (enurésie) et les personnes âgées, affectant> à plus de 15% des personnes de plus de 65 ans non institucionalisées et à 35% des personnes hospitalisées.

Prévalence

« La prévalence de l’incontinence urinaire en Espagne est de 15% chez les femmes et de 11,6% chez les hommes. Le vieillissement de la population est un facteur de risque d’incontinence urinaire, particulièrement sous sa forme vessie hyperactive », explique Patricia Ramírez Rodríguez-Bermejo, du service d’Urologie de l’Hôpital Ruber Internacional.

Blanca Madurga, membre de l’Association Espagnole d’Urologie (AEU), déclare que « l’incontinence est souvent sous-diagnostic, car il existe aujourd’hui une gêne importante à reconnaître qu’une femme souffre d’incontinence urinaire. De manière générale, les hommes ne ressentent pas autant de pudor pour consulter un médecin lorsqu’ils en souffrent ».

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Causes

L’incontinence urinaire survient lorsque la pression à l’intérieur de la vessie dépasse la pression dans l’urètre.

Ce trouble peut résulter d’une hyperactivité du muscle détrusor.Les principaux motifs sont :

  • Des problèmes ou des lésions neurologiques.
     
  • Par une altération de l’étrier externe et des muscles du plancher pelvien.
     
  • Par une défaillance de l’étrier interne lors d’une relaxation inappropriée ou d’une lésion organique.

Symptômes

Le principal symptôme de l’incontinence urinaire est la perte d’urine lors de la toux et des éternuements, lors d’un exercice physique ou durant les rapports sexuels.

Prévention

Il existe certaines mesures pouvant aider à retarder l’apparition de l’incontinence urinaire et à la prévenir. Voici quelques conseils à prendre en compte :

  • Suivre une alimentation équilibrée, comme le régime méditerranéen. Éviter le surpoids et l’obésité, car cela diminue la pression intra-abdominale. 
     
  • Réduire la consommation de boissons telles que le café, les boissons gazeuses et les boissons carbonatées, l’alcool et les agrumes, entre autres. 
     
  • Éviter les plats épicés. 
     
  • Augmenter l’apport en fibres pour éviter la constipation
     
  • Réduire la consommation de produits et médicaments diurétiques, afin d’avoir moins d’envies d’uriner. 
     
  • Éviter de boire entre quatre et deux heures avant d’aller se coucher. 
     
  • Ne pas pousser pendant la miction. Cela évite d’endommager les muscles du plancher pelvien. 
     
  • Éviter de boire juste avant de réaliser un exercice physique.

Exercices de Kegel

Les exercices de Kegel aident à renforcer les muscles situés autour de l’urètre et du plancher pelvien. Lorsque ces muscles sont affaiblis, le risque d’apparition d’une incontinence urinaire augmente.

Ces exercices consistent en une série de contractions et de relaxations répétées au cours de la journée, de manière régulière.

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Types

Les principaux types d’incontinence sont :

Incontinence urinaire d’effort

Dans l’incontinence d’effort, la perte d’urine survient lors de tout mouvement ou activité physique. Le rire, les éternuements, le sport, le port d’objets lourds ou le simple fait de se lever ou de s’agenouiller peuvent provoquer des fuites qui vont de quelques gouttes à un jet.

L’origine de cette incontinence, qui touche plus d’un million de femmes, se situe au niveau de l’urètre. L’effort physique, même léger, entraîne une augmentation de la pression dans l’abdomen et dans la vessie, mais il ne se transmet pas à l’urètre, ce qui déclenche l’incontinence.

La grossesse et l’âge entrainent une perte d’élasticité et de tension du plancher pelvien, de sorte que la vessie et l’urètre retombent et les mécanismes de continence ne fonctionnent plus que lorsque le corps est au repos.

Ce type d’incontinence n’est pas associé à la sensation d’uriner.

Incontinence urinaire d’urgence

Elle consiste en une perte involontaire d’urine liée à une nécessité impérieuse et soudaine d’uriner. Il existe donc une conscience préalable. L’origine de cette incontinence se situe au niveau du détrusor. On peut distinguer deux types d’incontinence urinaire d’urgence :

  • Incontinence sensitive : provoquée par une augmentation des impulsions sensitives provenant des récepteurs de tension/poussée situés dans les parois de la vessie. Apparaît une sensation précoce de plénitude et d’urgence d’uriner. Peut être associée à des maladies.
     
  • Incontinence motrice : la perte d’urine est motivée par une hyperactivité du détrusor, c’est-à-dire une défaillance d’inhibition motrice du réflexe mictionnel. Elle est principalement causée par des mécanismes psychiques, des efforts ou une obstruction.

Incontinence urinaire mixte

La perte d’urine survient en raison d’une hyperactivité du détrusor et d’un trouble des mécanismes sphinctériens. Dans ce cas, l’incompétence du col vésical permet l’entrée d’urine dans l’urètre proximal. Conséquence : le détrusor interprète le début de la miction et libère le réflexe qui entraîne sa contraction.

Incontinence urinaire par débordement

La perte d’urine survient parce que la vessie est distendue par une obstruction et une incapacité à se vider. On distingue deux causes d’incontinence urinaire par débordement :

  • Organnique: dans ce cas, la vessie est distendue par une obstruction qui empêche le flux urinaire et l’empêche de se vider. Lorsque la vessie ne peut plus se distendre davantage, le débordement survient. Les tumeurs prostatiques et l’hyperplasie bénigne de la prostate sont les principales pathologies à l’origine de ce type d’incontinence.
     
  • Neurologique: un dommage neurologique au noyau parasympathique médullaire ou au nerf pelvien provoque un manque de force du détrusor. Généralement, cela découle de lésions de la moelle épinière, de la sclérose en plaques ou d’interventions chirurgicales affectant le nerf pelvien.

Incontinence urinaire d’origine psychogène

Elle est associée à des stimuli externes qui affectent les sens (froid ou eau), à des émotions intenses et soudaines (peur, anxiété ou plaisir) ou à des phobies et tocs (troubles obsessionnels compulsifs).

Incontinence urinaire d’origine neurologique

regroupe les altérations de la dynamique mictionnelle qui naissent du système nerveux. Son développement est influencé par des accidents vasculaires, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et les lésions de la moelle épinière.

Diagnostics

La première étape que le spécialiste doit réaliser est de confirmer qu’il s’agit d’une perte d’urine totalement involontaire et objectivement démontrable.

Pour établir un diagnostic correct, il faut distinguer les facteurs externes et les troubles des voies urinaires qui provoquent l’incontinence, ce qui nécessite une examen physique minutieux incluant un examen de la sensibilité périnéale et des tests analytiques, radiologiques et urodynamiques.

De plus, le professionnel doit prendre en compte les antécédents personnels et les maladies associées, comme les affections neurologiques, les pathologies systémiques ayant des répercussions sur le système nerveux central et les interventions antérieures qui ont affecté l’ tractus urinaire (uretrotomies, résection transurétrale de la prostate, etc.), l’abdomen et le bassin (résection abdominopérinéale du côlon ou hystérectomies) et la colonne vertébrale (descompressions ou laminectomies). Il faut aussi contrôler les traitements médicamenteux que prend le patient, car certaines substances peuvent déclencher ou aggraver l’incontinence.

Avec les analyses sanguines on peut réaliser d’autres tests complémentaires :

  • Radiographie simple de l’abdomen: permet de dépister la lithiase vésiculaire qui cause l’incontinence urinaire d’urgence, en particulier chez les patients présentant une hyperplasie bénigne de la prostate.
     
  • urographie intraveineuse: sert à évaluer la morphologie et le bon fonctionnement des voies urinaires hautes.
     
  • Échographie vésico-prostatique: dépiste les calculs et les tumeurs vésicales, mesure la prostate et détermine son obstruction.
     
  • Études urodynamiques: évaluent l’activité fonctionnelle du tractus urinaire inférieur pendant les phases de remplissage et de vidange vésicale.

Traitements

« On observe régulièrement des nouveautés thérapeutiques pharmacologiques dans l’incontinence urinaire, soit isolées, soit sous forme de combinaisons de médicaments. Différentes techniques chirurgicales et l’utilisation de diverses formes d’énergie favorisent cette tendance », selon une urologue de l’Hôpital Ruber Internacional.

Mesures d’hygiène et diététiques

Les personnes concernées doivent modérer leur apport hydrique pour éviter une formation excessive d’urine. Il est également important de la manière dont on consomme les liquides ; les soupes, les ragoûts et les aliments bouillis apportent plus d’eau que les plats rôtis ou frits.

Parmi les liquides qui favorisent la formation d’urine figurent l’eau, le lait, l’alcool et les infusions. Il faut répartir au mieux la prise des boissons, en buvant davantage le matin et en les réduisant progressivement au cours de la journée. Dans le cas des enfants souffrant d’enurésie, il est conseillé d’avancer l’heure du dîner.

Traitement pharmacologique

L’objectif du traitement pharmacologique est donner à la vessie la capacité de se distendre sans se contracter et de maintenir l’urètre fermé pendant le remplissage.

Les médicaments les plus utilisés sont les anticholinergiques, des substances qui, en diminuant la capacité contractile du détrusor, augmentent la tolérance au remplissage vésical et la continence. Ils sont utiles dans les contractions involontaires du détrusor non neurologiques, l’incontinence mixte et l’hyperréflexie du détrusor. Leur efficacité est démontrée en termes d’amélioration des symptômes, mais leurs effets secondaires, notamment la bouche sèche, la tachycardie et l’agitation, sont très graves chez certains patients, qui peuvent être amenés à arrêter le traitement. Ils sont contre-indiqués chez les patients atteints de glaucome et chez ceux présentant des arythmies cardiaques.

Parmi les anticholinergiques les plus courants figurent l’oxybutiline, le flavoxate, la propantéline, la métantelrine et le chlorure de trospium.

Chirurgie

Il existe différentes options chirurgicales, selon le type d’incontinence, les caractéristiques de la vessie et de l’urètre.

  • Auto-sondage intermittent. Il s’agit de l’introduction, par l’urètre, d’un cathéter dans la vessie. Il est principalement utilisé dans l’incontinence due à des lésions nerveuses ou à des nerfs qui contrôlent la miction. Avec le cathéter, on obtient une vidange complète et on évite les fuites d’urine.
     
  • Entraînement de la vessie. Les patients retrouvent le contrôle de leur vessie en apprenant à résister au besoin d’évacuer et en contribuant ainsi à augmenter la capacité vésicale. Cela se fait par des exercices qui renforcent les muscles du plancher pelvien.
     
  • Stimulation électrique intravaginale. Son objectif est d’obtenir la contraction du plancher pelvien en stimulant le nerf pudendal à l’aide d’un électrode intravaginale.
     
  • Chirurgie robotiques assistée par le système chirurgical da Vinci. Il s’agit d’une technique chirurgicale minimale invasive, dans laquelle le chirurgien n’opère pas directement sur le patient mais à travers une console depuis laquelle il manipule virtuellement l’instrumentation chirurgicale. Cette console offre une vision en 3D et peut grossir jusqu’à 10 fois l’organe à opérer, facilitant ainsi l’intervention. 

Autres données

Personnes susceptibles de souffrir d’incontinence urinaire

  • Enfants (enurésie).
     
  • Femmes en âge actif.
     
  • Hommes présentant des problèmes prostatiques.
     
  • Personnes âgées.
     
  • Patients neurologiques: personnes atteintes de maladie de Parkinson, sclérose en plaques et lésion médullaire.

Les effets psychosociaux de l’incontinence entraînent souvent de nombreux troubles émotionnels, parmi lesquels on retrouve la perte de l’estime de soi et l’interruption des activités professionnelles, sexuelles et sociales. De nombreuses personnes touchées refusent de quitter leur entourage familial par peur d’affronter des situations embarrassantes, limitant leurs tâches habituelles et leur indépendance.

Problèmes psychosociaux les plus fréquents

  • Sentiments d’humiliation personnelle.
     
  • Vigueur et honte devant soi-même et devant les autres.
     
  • Réactions émotionnelles d’insécurité.
     
  • Inhibition affective.
     
  • Anxiété.
     
  • Dépression et tristesse.
     
  • Inhibition de la sexualité.
     
  • Incapacité à faire face aux problèmes.
     
  • Isolement social.
     

« L’abordage psychologique est important dans la prise en charge de certaines formes d’incontinence urinaire, mais il ne faut pas oublier que, tout comme il existe des cas d’incontinence d’origine psychologique, il existe aussi des cas où l’atteinte psychologique est une conséquence de l’incontinence », commente Ramírez Rodríguez-Bermejo.

Enurésie

Bien que ce terme désigne la perte involontaire d’urine en général, aujourd’hui on l’utilise pour désigner l’incontinence nocturne pendant le sommeil.

Elle touche particulièrement les enfants, avec une fréquence plus élevée chez les filles. Les facteurs qui influent sur son apparition sont: hérédité, anxiété, perturbations psychologiques, immaturité cérébrale, profondeur du sommeil, pathologie fonctionnelle et organique.

En définitive, il existe de nombreuses théories sur l’origine de cette incontinence urinaire, mais aucune n’est totalement concluante.

« La continence urinaire nocturne devrait, au plus tard, être atteinte à l’âge de 5 ans. La continence diurne et la continence fécale se réalisent généralement plus tôt », précise l’urologue de Ruber Internacional.

Pour traiter l’enurésie, il faut réaliser une analyse des traits sociaux et biologiques de l’enfant, ainsi que l’attitude et l’ouverture des parents. Presque tous les cas d’enurésie se résolvent avec le temps et les personnes affectées ne subissent pas de perturbation de la personnalité. Leur capacité intellectuelle est équivalente à celle des autres enfants.

L’incontinence chez les personnes âgées

Il s’agit d’un autre trouble parmi les plus fréquents et invalidants chez les personnes âgées. Avec plus de 15% des plus de 65 ans non institutionnalisés et 35% en milieu hospitalier.

Plus le handicap physique ou intellectuel est important, plus le trouble est accentué. Dans ces cas, les causes de l’incontinence se multiplient: changements physiologiques, déclin neurologique et atteinte du système nerveux central. Cette population est particulièrement touchée par l’incontinence urinaire, ce qui entraîne d’importantes limitations et même un isolement social et familial.

Pour traiter ce problème, on peut recourir à des médicaments, à la chirurgie ou à des moyens palliatifs qui permettent de maintenir les activités quotidiennes et d’améliorer la qualité de vie.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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