Cependant, les patientes ayant eu recours à des techniques d’ART ont plus souvent eu des jumeaux ou des naissances multiples (13,3 % vs 1,3 % ; p < 0,0001), des prématurés (16 % vs 7,2 % ; p < 0,0001), une césarienne (44,5 % vs 32,8 % ; p < 0,0001) et elles avaient souvent davantage d’antécédents médicaux, le tout pouvant raccourcir la durée d’allaitement.
Globalement, le mode de conception n'a pas semblé impacter l’initiation ni la durée de l’allaitement. Le seul critère distinctif a été la poursuite de l’allaitement jusqu'à la huitième semaine post-partum, qui est apparue plus rare chez les patientes ayant eu recours à une ART, même après ajustement selon les covariables démographiques (odds ratio ajusté [ORa] = 0,71 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] = 0,52-0,97) et selon la santé maternelle pré-partum (ORa = 0,68 ; IC = 0,49-0,93). Cependant, cette différence n'a plus été significative après ajustement en fonction de la prématurité ou de l’existence d’une grossesse multiple (ORa = 0,74 ; IC = 0,54-1,02).
Ainsi, l’étude de Chloe M. Barrera et al. n’a pas montré de retombée significative d’un éventuel traitement de la fertilité sur l’allaitement même si elle suggère un potentiel raccourcissement de la durée d’allaitement en cas d’ART. Ce résultat, bien que non significatif après ajustement, peut s’expliquer par les difficultés d’allaitement posées par le plus grand nombre de nouveaux-nés prématurés, de grossesses multiples, de césariennes ou encore par l’obligation d’un allaitement réussi que s’imposent les patientes ayant obtenu leur grossesse par ART.
Ce travail est la première étude multicentrique et de grande ampleur sur le sujet mais de nombreuses limites empêchent d’en tirer des conclusions et des recommandations pour la pratique clinique.