Cerveau : Super Mario 64 augmenterait la substance grise

Les jeux vidéo sont omniprésents dans le quotidien de millions de personnes, et leur utilisation ne serait pas que négative pour le cerveau comme le confirme une étude récente publiée dans le journal Molecular Psychiatry de la revue Nature. Non seulement un jeu vidéo peut procurer un certain plaisir, proposer une expérience de jeu divertissant inédite, et permettrait d’augmenter la quantité de substance grise au niveau du cerveau.

Des chercheurs de Berlin (Allemagne) ont observé lors de leur étude une nette évolution dans le cerveau de joueurs comparés à des non-joueurs. Selon les résultats, le groupe de joueurs qui a pratiqué durant 2 mois au moins 30 minutes de jeu sur Super Mario 64 a affiché à différents niveaux du cerveau plus de substance grise, une partie des tissus du système nerveux.

Les jeux vidéo au secours de certains troubles mentaux et maladies neuro-dégénératives

Pong, Space Invaders, Pac-Man ou Tetris, certains jeux vidéo font presque partie du patrimoine culturel. Mis parfois à l’honneur, comme pour l’expo Jeu Vidéo de la Cité des Sciences de Paris, les chercheurs se penchent aussi sur les effets négatifs et positifs de l’usage des jeux vidéo sur le cerveau et les comportements humains. Et une récente étude vient justement apporter son lot de surprises quant à l’usage du jeu Super Mario 64.

Jeu vidéo développé par Nintendo en 1996, Super Mario 64 est l’un des jeux de plates-formes les plus célèbres, même auprès des non-initiés, notamment grâce au capital sympathie de son personnage principal et du marchandising. Loin d’avoir été développé avec l’objectif principal de modifier les comportements du cerveau humain en profondeur, ce jeu vidéo a fait l’objet d’un tel engouement qu’il a été l’objet d’une étude révélée par des chercheurs de l'Institut Max-Planck. Super Mario 64 serait à l’origine d’une modification constatable de quantité de substance grise à différents niveaux du cerveau.

Le jeu vidéo est une activité très répandue, et malgré la forêt de jeux « inutiles » ou « violents », il semblerait que de plus en plus de jeux sont crées pour participer au savoir et à l’apprentissage, voire à aider dans certains cadres la Recherche. Les jeux vidéo font appel à une multitude de ressources cognitives et motrices complexes, et les études qui se penchent sur les modifications induites de la plasticité du cerveau ne font pas encore éloges et sont souvent contradictoires.

Une certaine pratique des jeux vidéo entraînerait des modifications dans les régions du cerveau responsables de l'orientation spatiale, la formation de la mémoire et de la planification stratégique ainsi que la motricité. Ceci a été démontré dans une nouvelle étude menée en Allemagne à l'Institut Max Planck et à l'Université de médecine Charité St. Hedwig-Krankenhaus. Les chercheurs soulignent que « les effets positifs des jeux vidéo peuvent également s'avérer pertinents dans les interventions thérapeutiques ciblant les troubles psychiatriques ».

Dans l’objectif d'étudier la manière dont les jeux vidéo affectent le cerveau, les scientifiques berlinois ont convié des sujets adultes à jouer à Super Mario 64 sur une période de deux mois pendant une durée quotidienne de 30 minutes. Divisés en deux groupes, dont l’un ne jouait à aucun jeu vidéo, les participants ont subi des tests sur le volume de leur cerveau en utilisant l'imagerie par résonance magnétique (IRM). En comparaison avec le groupe témoin privé de jeu vidéo, le groupe qui a pratiqué des jeux vidéo a montré une augmentation de la matière grise (substance grise), dans lequel les corps cellulaires des cellules nerveuses du cerveau sont situés. Ces effets de plasticité ont été observés dans l'hippocampe droit, dans le cortex préfrontal droit et le cervelet. Ces régions du cerveau humain sont impliquées dans diverses fonctions telles que la formation de la mémoire, la planification stratégique et de la motricité fine de la main. Selon les chercheurs, le plus intéressant étaient que ces changements s’augmentaient plus le désir des participants à vouloir jouer était élevé.

IRM des régions du cerveau montrant une augmentation significative du volume de matière grise post-test.
Crédit : S. Kühn et al./Molecular Psychiatry

"Bien que des études antérieures ont montré des différences dans la structure du cerveau des joueurs de jeux vidéo, la présente étude démontre le lien de causalité direct entre les jeux vidéo et une certaine augmentation volumétrique. Cela prouve que des régions spécifiques du cerveau peuvent être influencées par le biais de jeux vidéo", explique Simone Kühn, chercheur principal de l’étude de l'Institut Max Planck. Par conséquent, les chercheurs supposent que les jeux vidéo pourraient être utilisés à des fins thérapeutiques, en particulier pour les patients souffrant de troubles mentaux et dont certaines régions du cerveau sont altérées, par exemple dans la schizophrénie, les troubles de stress post-traumatique ou certaines maladies neuro-dégénératives comme la maladie d'Alzheimer.

« Beaucoup de patients acceptent des jeux vidéo plus facilement que d'autres traitements médicaux », ajoute le psychiatre Jürgen Gallinat, co-auteur de l'étude à l'Université de médecine Charité St. Hedwig-Krankenhaus. A noter que d'autres études pour étudier les effets des jeux vidéo chez les patients ayant des problèmes de santé mentale sont prévus. Une étude sur les effets des jeux vidéo dans le traitement du trouble de stress post-traumatique est actuellement en cours.

Enfin, si cette étude permettra à certains de poser un autre regard sur la pratique des jeux vidéo, elle ne doit pas pour autant amener les passionnés à augmenter fanatiquement leur pratique, au risque d’une addiction et d’inverser les possibles bénéfices des jeux vidéo.

Sources

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