Nanomatériaux : des risques pour la santé ?

PARIS, 7 avril (APM Santé) - L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) vient de rendre public un rapport issu d'une expertise collective, dans lequel elle déplore le manque de connaissances sur les risques des nanomatériaux pour la santé.

Alors que l'exposition à ces particules augmente sensiblement, non seulement pour les personnes travaillant à leur fabrication, mais aussi pour les riverains des installations industrielles et la population générale (puisque les nanomatériaux sont présents dans des produits de consommation courante), "plusieurs publications ont mis en évidence la dangerosité potentielle de certains" d'entre eux.

Or, 246 produits contenant des nanomatériaux manufacturés se trouvent déjà sur le marché français.

Les experts de l'Afsset ont travaillé sur quatre produits différents : des chaussettes antibactériennes contenant des nanoparticules d'argent, un ciment et un lait solaire incluant tous deux des nanoparticules de dioxyde de titane, et la silice utilisée comme ingrédient alimentaire.

Il ressort de l'analyse de ces quatre exemples que les risques pour la santé "ne peuvent pas être exclus". Par exemple, pour les chaussettes, il existe une exposition cutanée "non négligeable" aux particules d'argent et pour le lait solaire, le risque de pénétration des couches profondes de l'épiderme a été suggéré.

L'Afsset pointe du doigt "de grandes difficultés pour identifier des produits contenant des nanomatériaux", ainsi qu'un "manque de traçabilité de ceux intégrés dans ces produits finis" et un "accès limité" aux données. Il manque par ailleurs des données épidémiologiques et toxicologiques permettant de déterminer le risque réel pour l'homme, ce dernier devant pourtant être évalué pour chaque produit.

"Face à cette situation d'incertitude, l'Afsset recommande d'agir sans attendre au nom du principe de précaution". Elle propose de "rendre obligatoire la traçabilité des nanomatériaux", ce qui passe par une "déclaration obligatoire des industriels". Pour les consommateurs, elle préconise la mise en place d'un "étiquetage clair". Enfin, elle estime qu'il faut aller "jusqu'à  l'interdiction de certains usages des nanomatériaux pour lesquels l'utilité est faible par rapport aux dangers potentiels" et réclame "une harmonisation des cadres réglementaires français et européens".


(Rapport disponible sur le site www.afsset.fr)


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