Céphalées post-péridurale : un nouveau traitement simple et efficace ?

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Patiente en chambre d'hôpital

L’anesthésie péridurale est une technique utilisée par les anesthésistes depuis plus de soixante ans, dont l’indication principale est l’analgésie pendant le travail des femmes parturientes.

Bien que le rapport bénéfice/risque soit nettement en faveur de la réalisation de l’anesthésie péridurale (APD), ce geste anesthésique peut entraîner des complications, dont la brèche dure-mérienne.

Blood patch épidural ou bloc du ganglion sphéno-palatin ?

Cette lésion peut être responsable de conséquences graves ou handicapantes, avec notamment des céphalées, des diplopies, des hypoacousies ou des hématomes sous-duraux.

Le traitement actuel repose sur une association d’antalgiques avec, si nécessaire, la réalisation d’un nouvel acte invasif : le blood patch (BP) épidural.

Dans le cadre d’une étude rétrospective, publiée dans Regional Anesthesia and Pain Medicine, les auteurs ont comparé l’efficacité d’un bloc du ganglion sphéno-palatin (BGSP : application intra-nasale d’une solution anesthésique de lidocaïne) au blood patch, en analysant les données de 81 patientes (42 prises en charges par BGSP et 39 interventions de type blood patch) âgées de 17 à 44 ans et ayant souffert de céphalées post-APD au décours de l’accouchement entre janvier 1997 et juillet 2014, en raison d’une brèche dure-mérienne involontaire.

Le critère de jugement principal a été le délai de disparition des céphalées : après trente minutes, une heure, vingt-quatre heures, quarante-huit heures et au bout d’une semaine. Les complications consécutives aux traitements ont constitué les critères de jugement secondaire.

Le bloc du ganglion sphéno-palatin est apparu plus efficace pour soulager les céphalées que le blood patch

Les résultats ont objectivé une efficacité augmentée, après trente minutes et après soixante minutes, dans le groupe pris en charge par BGSP (38,5 % vs 20,5 % ; odds ratio [OR] = 0,16 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,06-0,43 ; p = 0,0003, et 71,4 % vs 30,8 % ; OR = 0,18 ; IC : 0,07-0,46 ; p = 0,0004, respectivement). Il n’y a pas eu de différence significative après 24 heures, 48 heures et 7 jours.

Deux précisions importantes : le BGSP n’a été associé à aucun effet indésirable alors que des douleurs dorsales ont été notées après un blood patch, d’une part, et il faut garder à l’esprit que le BGSP n’est qu’un traitement symptomatique des céphalées à la différence du blood patch épidural, d’autre part.

Avec un impact majeur en termes de relation mére-enfant et de prolongement de la durée d’hospitalisation, les céphalées post-APD sont un problème de santé publique certain.

Le BGSP, peu coûteux, peu risqué et bien toléré, semble être une alternative séduisante au blood patch, mais de nouvelles études prospectives seront nécessaires afin de définir la place exacte de cette thérapeutique.

Sources

  1. Cohen S, Levin D, Mellender S, Zhao R, Patel P, Grubb W, Kiss G. Topical Sphenopalatine Ganglion Block Compared With Epidural Blood Patch for Postdural Puncture Headache Management in Postpartum Patients: A Retrospective Review. Reg Anesth Pain Med. 2018 Nov;43(8):880-884. doi: 10.1097/AAP.0000000000000840. PMID: 30063655.

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