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Le suicide cellulaire pour éradiquer le HIV ?

Alors que les recherches sur un vaccin contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) piétinent, une équipe israélienne a annoncé avoir mis au point un nouveau moyen d'éradiquer le virus du sida en poussant les cellules infectées à s'autodétruire.

Avec les antirétroviraux actuels, l'infection par le VIH peut être contrôlée grâce à la capacité des traitements à inhiber la réplication des virus. Cependant, le VIH subsiste dans les cellules infectées sous forme d'ADN viral, intégré dans le génome de l'hôte, transformant ainsi l'infection en une maladie chronique, sans possibilité de guérison.

Dans leur essai, les chercheurs israéliens sont parvenus, en laboratoire, à forcer les cellules infectées par le VIH à s'autodétruire, tout en préservant les cellules saines. Leur technique n'implique pas le système immunitaire, comme pour la stratégie vaccinale, mais se focalise sur les mécanismes mis en place par le virus pour se répliquer dans sa cellule cible et en saborde une des étapes.

Pour se multiplier, le virus doit parasiter ses cellules cibles, les lymphocytes. Après avoir réussi à y pénétrer, plusieurs mécanismes s'enclenchent pour au final intégrer l'ADN viral au génome de la cellule afin que le VIH puisse exploiter à son profit la machinerie de réplication cellulaire. Pour intégrer son ADN, le virus utilise une enzyme, l'intégrase, par ailleurs cible d'une des dernières générations d'antirétroviraux.

La technique mise au point par les israéliens agit sur cette ultime étape. Elle consiste à inhiber l'action d'une protéine du virus, habituellement associée à l'intégrase, qui permet de limiter l'intégration de l'ADN à une ou deux copies. En neutralisant cette protéine, les chercheurs provoquent une multiplication du nombre de copies intégrées et l'instabilité génomique qui en résulte pousse la cellule à s'autodétruire.

L'étude a été menée in vitro sur des cultures cellulaires. Après incubation des cellules avec deux peptides ciblant la protéine virale, les chercheurs ont observé qu'environ 40% des cellules cultivées mourraient par autodestruction, un pourcentage qui correspond, selon eux, au taux de cellules réellement infectées lors d'une incubation en présence du VIH.

Après deux semaines, l'interruption du traitement n'entraînait aucun retour du VIH dans la culture cellulaire, ce qui suggère une éradication complète et définitive du virus. "Ce traitement a éliminé de la culture les cellules portant du provirus intégré", commentent les chercheurs, selon lesquels cette nouvelle approche n'en est qu'à "ses premiers pas".

Ces résultats prometteurs font suite à d'autres travaux tout aussi encourageants qui s'inscrivent dans l'exploration de nouvelles voies d'éradication du virus du sida. Parmi les techniques actuellement à l'étude: la modification des cellules par thérapie génique pour les rendre résistantes au VIH. Là encore, une application clinique n'est pas à espérer avant plusieurs années./vr/ar

(Aviad Levin and Col., Aids Research and Therapy, vol.7, n°1, 15 pages)

 

© APM-Santé - PARIS, le 7 septembre 2010

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