Angiome du nourrisson : bientôt un traitement simple et révolutionnaire

Affectant 10% des enfants après la naissance, les angiomes surnommés communément "fraises" effraient souvent les parents par leur volume et leur couleur parfois impressionnants. Utilisé habituellement chez l'adulte pour faire baisser la tension artérielle ou réduire certains troubles du rythme cardiaque, un traitement médicamenteux simple fait actuellement l'objet d'une étude clinique internationale dont les résultats sont attendus pour 2012. Petit coup de projecteur, au cours d'ateliers dermatologiques organisés le 29 juin à Paris.

L'angiome est une tumeur vasculaire bénigne, qui apparaît sur la peau d'un nourrisson, sous la forme d'une tache rouge plus ou moins en relief et souvent observée au niveau du visage. Il évolue en trois phases: une phase de croissance qui se poursuit plusieurs mois après la naissance; une phase de régression spontanée, qui commence au cours du deuxième semestre de vie et une phase, non systématique, qui correspond à la persistance de séquelles cutanées.

Une attention plus particulière doit être portée aux localisations à proximité des lèvres, du nez ou des paupières en raison du risque de complications fonctionnelles (respiratoire ou visuelle) et de séquelles esthétiques parfois handicapantes.

A l'origine de cette tumeur vasculaire infantile, une prolifération anormale des cellules constituant la paroi des vaisseaux sanguins, sous l'effet de facteurs de croissance. Certains facteurs favorisant son apparition ont également été identifiés : une grande prématurité, un petit poids de naissance (moins d'1,5 kg), des lésions du placenta survenues pendant la grossesse (décollement ou biopsie pour un diagnostic anténatal...), le sexe féminin, un âge avancé de la mère et une grossesse multiple.

Si une partie des angiomes nécessitent une simple surveillance, il faut savoir que la régression spontanée peut être très lente et durer plusieurs années. Parfois, cette involution n'est esthétiquement pas satisfaisante ou ne peut être attendue en raison d'une localisation problématique comme la paupière ou le nez.

Un traitement chirurgical ou médicamenteux doit, par conséquent, être instauré dès les premières semaines de vie. Or jusqu'à présent, seule la corticothérapie était administrée par voie générale (par la bouche), mais ne donnait pas toujours des résultats probants et surtout sa tolérance à cet âge restait problématique (nombreux effets secondaires, comme retard de croissance, infections, hypertension artérielle...).

Aujourd'hui, l'action sur les angiomes infantiles d'un médicament, utilisé en cardiologie et de la famille des bêta-bloquants, a été découverte fortuitement par le Dr Christine Leauté-Labrèze, du service de dermatologie du CHU de Bordeaux. Comme aucune formulation pédiatrique n'existe pour l'instant, un partenariat a été créé entre ce service et le laboratoire Pierre Fabre pour en assurer le développement mondial, ainsi qu'une utilisation dans le cadre légal d'une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), afin d'en garantir l'efficacité et la sécurité. La régression spectaculaire d'angiomes graves chez des nourrissons ayant reçu ce médicament a d'ores et déjà été confirmée chez plusieurs centaines d'enfants dans le monde.

 

© APM-Santé - PARIS, le 12 juillet 2010


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