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Boissons alcoolisées : l'OMS recommande de les taxer davantage

Face à la forte progression de l'alcoolisme, notamment chez les jeunes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a proposé de taxer davantage les boissons alcoolisées et de mieux contrôler leur commercialisation.

Au terme de deux années de débats, les ministres de la santé des 193 Etats membres de l'OMS ont adopté par consensus 10 principales recommandations à l'occasion de l'assemblée annuelle de l'organisation, fin mai à Genève.

"L'alcool favorise les accidents, les problèmes de santé mentale, les problèmes sociaux et affecte les tiers", a souligné Bernt Bull, conseiller du gouvernement norvégien. La taxe relativement élevée sur les boissons alcoolisées en vigueur en Norvège et les mesures qui limitent leur distribution ont permis de réduire la prévalence des maladies liées à leur consommation, a-t-il fait valoir.

L'OMS évalue à 2,5 millions le nombre de décès prématurés dus chaque année à l'alcool, liés aux maladies cardiaques ou hépatiques, aux accidents de la route, suicides et cancers. L'alcool arrive en troisième position des facteurs de risque de décès prématurés dans le monde.

Malgré des addictions croissantes à l'alcool et une consommation à un âge de plus en plus jeune, la moitié des membres de l'OMS n'ont pas adopté de politique nationale sur le sujet, a commenté Vladimir Poznyak, expert de l'OMS, lors d'un point presse organisé le mois dernier.

"Plus l'alcool est abordable, que ce soit parce qu'il est bon marché ou parce que les revenus sont plus élevés, plus il est consommé et plus il fait de dégâts (...)", observent les auteurs du document. Toutefois, des restrictions trop fortes sur l'alcool pourraient encourager l'émergence d'un marché parallèle illicite, notent-ils.

Une étude menée récemment en Afrique du Sud montre que 29% des lycéens ont pratiqué le "binge drinking", ou hyperalcoolisation, dans le mois qui a précédé ce sondage.

"Les conséquences négatives de l'abus d'alcool, qui pèsent lourdement sur les familles, la société et les services de santé publique, ont été trop longtemps ignorées bien qu'il s'agisse d'un problème croissant", a relevé Melvyn Freeman, membre du ministère sud-africain de la santé.

En France, un jeune sur deux dit avoir été ivre dans l'année écoulée et un sur 10 dit l'avoir été "au moins 10 fois" sur les 12 derniers mois, selon une enquête effectuée lors de l'appel de préparation à la défense.

 

© APM-Santé - GENEVE, le 8 juin 2010


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