Casque réfrigérant et chimiothérapie

Quelle efficacité pour les patientes ?

Dans le traitement contre le cancer, la chimiothérapie peut entraîner de nombreux désagréments, en particulier l’alopécie, c’est-à-dire la chute des cheveux et des poils.

En effet, la chimiothérapie, pour soigner, s’attaque aux cellules, y compris les cellules saines à l’origine des poils et des cheveux. De nombreux patients assistent ainsi à la perte de leurs cheveux. Une épreuve psychologique souvent difficile à vivre pour les patients. 

Depuis quelques années, le casque réfrigérant est utilisé pendant le parcours de chimio

Le port de ce casque permettrait de limiter la perte de cheveux, et de favoriser leur repousse en préservant les bulbes des cheveux. Le casque réfrigérant ne fait pourtant pas l’unanimité. Son utilisation pouvant être inconfortable, et ses résultats controversés.

Quels effets pour le casque réfrigérant pendant la chimiothérapie ? 

Afin de bloquer les cellules cancéreuses, la chimiothérapie s’attaque aux cellules tumorales, mais également les cellules du sang, des cheveux et des muqueuses. C’est ainsi que le phénomène d’alopécie intervient chez les patients en cours de traitement. Certains protocoles de chimiothérapie sont particulièrement agressifs pour les bulbes des cheveux : c’est le cas du protocole utilisé pour soigner le cancer du sein. 

Le casque réfrigérant, qui s’apparente plus à un bonnet, est placé sur la tête de la patiente, quelques minutes avant le début de la perfusion, sur cheveux mouillés. Il est ensuite changé toutes les 20 à 30 minutes, pour conserver son efficacité et retiré 30 minutes après la fin de perfusion. Le casque contient un gel glacé, refroidi à -15 degrés.

Certains centres hospitaliers proposent également un casque électrique, relié à une machine et produisant une température froide constante.

Le froid diminue ainsi l’afflux sanguin dans le cuir chevelu en réduisant le diamètre des vaisseaux sanguins. En conséquence, les molécules de la chimiothérapie sont ralenties dans leur passage à la surface du crâne, et les bulbes des cheveux sont mieux préservés. 

Le casque peut être utilisé pendant les premiers temps du traitement, pour prévenir et ralentir la chute des cheveux, mais également en seconde partie de traitement si le patient a déjà perdu ses cheveux. Le système de refroidissement permet en effet de préserver les bulbes du cheveu et favorise leur repousse.

Quelles sont les sensations pour le patient lors du port du casque ? 

Le port du casque peut s’avérer très inconfortable pour les patientes. Le traitement par le froid peut être, en effet, très douloureux, et peut engendrer des maux de tête et de fortes douleurs oculaires. Des douleurs aux cervicales peuvent être également observées, liées au froid et au poids du casque. 

Afin de réduire l’inconfort, il est possible de proposer aux femmes de protéger le front et les oreilles grâce à un bandeau par exemple. Le port des vêtements chaud est également conseillé, pour limiter la sensation de froid dans tout le corps. 

Du paracétamol peut être prescrit avant et après la séance, pour limiter les douleurs. 

Sophie, 42 ans, suit un protocole de chimiothérapie pour un cancer du sein. Elle témoigne : "Oui, c’est froid, ce n’est pas agréable, mais le bénéfice psychologique l’emporte sur le reste. Il suffit de penser à sa famille, ou à son lieu préféré pendant que nous l’avons sur la tête”. 

Mais certaines patientes préfèrent renoncer à l’utilisation, ne le supportant pas.

Quelles sont les contre-indications dans l’utilisation du casque réfrigérant ? 

L’utilisation du casque peut être déconseillée, voire contre-indiquée dans le traitement de certains cancers : dans le cadre du traitement d’une leucémie par exemple, ou de certaines tumeurs ou métastases au niveau du cuir chevelu, des cancers du poumon à petites cellules ou encore des hémopathies malignes.

Le casque réfrigérant peut également s’avérer inefficace dans certains cas. C’est à l’équipe soignante de juger, et de conseiller au mieux les patients en cours de traitement. 

De façon plus générale, le casque ne peut être utilisé que dans le cadre de chimiothérapie par voie intraveineuse et de courte durée (moins de 3 heures). Les patientes étant traitées en continu par pompe ne peuvent en bénéficier, de même que les patientes traités par chimiothérapie orale.

Quels sont les résultats et l'efficacité du port du casque réfrigérant sur les patients ? 

L’efficacité du casque réfrigérant dépend de divers éléments. 

Il convient tout d’abord d’optimiser son efficacité, en se coupant les cheveux au préalable. 

Ensuite, différents facteurs entrent en compte, tels que les molécules utilisées par la chimiothérapie, le mode d’administration de la chimiothérapie, et la nature des cheveux du patient. La gestion du casque par l’équipe soignante pendant le traitement est également un critère d’efficacité. 

Diverses études ont été menées, notamment auprès de femmes traitées par une chimiothérapie adjuvante ou néoadjuvante à base d'anthracycline et / ou d'une taxane pour un cancer du sein de stades I et II. 

Les chimiothérapies taxane et anthracycline ont été prises en compte dans ces premières études, puis seulement la chimiothérapie taxane. Ces études mettent en évidence des taux de réussites divers, selon les pratiques.

L'étude SCALP, étude multicentrique avec répartition au hasard, a eu comme objectif d'évaluer l’efficacité d'un casque réfrigérant dans la diminution de l’alopécie induite après quatre cycles de chimiothérapie. Dans 50 % des cas, les patientes ayant eu recours au port du casque réfrigérant durant leur protocole de chimiothérapie ont constaté un ralentissement, voire l’absence de la perte de cheveux. Elles ont en effet conservé au moins la moitié de leurs cheveux. Pour les femmes qui n’ont pas eu recours au port du casque, aucune n’a conservé autant de cheveux. L’usage d’un casque réfrigérant a donc permis de réduire de plus de la moitié la perte du cuir chevelu.

Concernant la repousse des cheveux, le casque réfrigérant semble accélérer le processus de repousse, pour une chevelure plus dense et plus uniforme.

Si l’efficacité du casque n’est pas sans faille, les patientes qui l’ont expérimenté et conservé durant leur traitement s’accordent à dire que le casque a contribué à booster leur moral, et ainsi à améliorer leur qualité de vie et surtout leur confiance en elles, très souvent ébranlée lors du protocole de chimiothérapie. Suzanne, 62 ans confirme : “ Au cours du protocole de chimio, la fatigue et le doute l’entraînent souvent sur le reste. Il est essentiel de prendre tout ce qui est bon à prendre pour sa santé, son bien-être et être bien dans sa tête.”

Quel est le prix d'un casque réfrigérant pour chimiothérapies ? 

Le prix d'un casque réfrigérant à porter pendant les séances de chimiothérapie se situe autour de 300 euros. 

La Rédaction



Les articles similaires :