Cancer de la prostate :

quels nouveaux traitements ?

Des avancées thérapeutiques ont été dévoilées au grand congrès d’oncologie de l’ASCO cette année. A commencer par les thérapies ciblées et les hormonothérapies dites de nouvelle génération, administrées plus précocement dans l’évolution de la maladie. 

Les tumeurs de la prostate sont les cancers les plus fréquents chez l’homme en France. Un homme sur 9 sera touché dans sa vie. Leur incidence et leur mortalité connaissent cependant une diminution. Le taux de survie nette à 5 ans pour ce cancer est de plus de 90 %[1]. « De nombreuses formes peuvent être guéries par différents traitements ou être seulement observées lorsqu’elles sont indolentes », explique le Pr Karim Fizazi, chef du service en urologie, oncologue médical à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif) et professeur de cancérologie, président du Groupe d’Etude des Tumeurs Uro-Génitales. 

La maladie évolue lentement. Dès le diagnostic établi, un patient sera traité, le plus souvent localement, avec une radiothérapie ou une chirurgie de la prostate. « Mais, » souligne le Dr Géraldine Pignot Chirurgien urologue à l’Institut Paoli-Calmettes de Marseille, « la maladie récidivera.  Après des traitements locaux de rattrapage, une hormonothérapie sera instaurée. Son but est d’empêcher la fabrication d’androgènes et en particulier de testostérone. »

Contrer la résistance à l’hormonothérapie

Malgré tout, pour 7 % des patients atteints d’un cancer de la prostate, la maladie deviendra résistante à cette castration, à un stade non métastatique. Sa particularité : peu de symptômes apparaissent alors qu’un tiers de ces patients développera dans les deux ans des métastases. « D’où l’importance d’identifier cette sous-population de patients et d’agir précocement. Car il y aura une cassure dans la maladie après l’apparition de symptômes avec une dégradation de la qualité de vie. Il s’agit donc de retarder l’apparition des métastases et de gérer le stress du patient, » estime le Dr Géraldine Pignot.  

Retarder la progression de la maladie

De nouveaux traitements vont changer complétement la donne pour les patients atteints d’un cancer de la prostate non métastatique résistant à la castration :  le darolutamide de Bayer, l’apalutamide de Janssen et l’enzalutamide de Pfizer/Astellas. Tous trois viennent se fixer au récepteur des androgènes qui se trouve dans la cellule tumorale pour l’inhiber. En effet, quelque 95 % des cancers de la prostate expriment et utilisent ce récepteur des androgènes comme moteur pour pouvoir vivre et proliférer. Ces médicaments réduisent donc de manière significative le risque de décès (de 31 % annoncé au congrès de l’ASCO pour le darolutamide) chez les hommes atteints d'un cancer de la prostate non métastatique résistant à la castration ainsi que les effets secondaires, améliorant ainsi la qualité de vie.

Car pour le Pr Fizazi, « le premier objectif de la prise en charge des patients, sera, comme toujours, en cancérologie, la prolongation de la survie globale si ce n’est la guérison complète. Il s’agira aussi de retarder l’apparition de métastases et par là même, la progression de la maladie ». En effet, ces nouveaux médicaments permettent déjà de réduire d’environ 70 % le risque d’apparition de métastases, un chiffre quasiment sans précédent dans cette maladie. Le but restera, enfin et surtout, de préserver la qualité de vie, d’éviter les effets secondaires, pour que tout le temps gagné, le soit avec une bonne qualité de vie et sans effets secondaires.


Christine COLMONT

Source :

1. https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-de-la-prostate




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