Cancers urothéliaux de la vessie :

un nouveau paradigme dans la prise en charge.

Le traitement d’entretien de première ligne du cancer de la vessie métastatique par l’anticorps anti-PDL-1 avélumab (Bavencio® de l’alliance Merck KGaA/Pfizer) a permis d’obtenir le plus large bénéfice en survie observé jusqu’à présent.

Le plus grand congrès mondial de cancérologie l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) vient de se tenir en virtuel, pour la première fois de son histoire. Il a montré l’intérêt des thérapeutiques combinées pour la prise en charge de certains cancers. Ainsi, la communication en session plénière d’une étude incluant 700 patients atteints de carcinome urothélial a été considérée comme la plus importante du congrès. 

Le traitement d’entretien par l’avélumab dans l’étude JAVELIN Bladder 100 montre, en effet, l’amélioration de manière significative de la survie des cancers urothéliaux de la vessie, localement avancé ou métastatique, en maladie contrôle après une première chimiothérapie. Pour Jean-Yves Blay, président de la Fédération Unicancer et directeur général du Centre Léon-Bérard (CLCC de Lyon), « c’est un changement de paradigme pour la prise en charge de ces maladies. » 

Un traitement séquentiel en première ligne

Jusqu’à présent, les patients recevaient, en première intention, de la chimiothérapie, avec une durée d’efficacité extrêmement variable, une rechute quasi-systématique et une résistance aux traitements ultérieurs. 

Et même parfois, « la progression de la maladie était tellement rapide que certains patients n’étaient plus en mesure de recevoir une immunothérapie en deuxième intention », explique Yohann Loriot, médecin chercheur, oncologue médical à l'Institut Gustave-Roussy et l’un des auteurs de cette étude.  

D’où le lancement de cette phase 3 JAVELIN Bladder 100 sur la combinaison de la chimiothérapie et l’avélumab (immunothérapie), sans attendre la rechute. 

Les résultats de cette étude ont démontré que ce traitement séquentiel a été profitable en contrôlant la maladie et en améliorant la survie globale. Les différences entre les deux groupes de patients : les uns traités avec la chimiothérapie + immunothérapie, les autres avec une chimiothérapie seule, sont significatifs. 

Le risque de décès a diminué globalement de 31 % et même de 44 % chez les patients qui expriment un biomarqueur PDL-1+ au sein de la tumeur. L’avélumab a permis d'allonger la médiane de survie à 21,4 mois, comparé à 14 mois dans l’autre groupe. Et les autres paramètres recherchés vont dans le sens de l’utilisation précoce de l’immunothérapie : durée de contrôle de la maladie, pourcentage de diminution de la tumeur, qualité de vie…. 

« Cette nouvelle pratique thérapeutique apporte un véritable espoir aux patients, dont certains sont très jeunes », souligne Frédérick Merlier, président de l’association Cancer Vessie France les Zuros, qui propose un groupe de soutien sur Facebook*.

Plus ce cancer est détecté tôt, meilleures sont les chances de rémission

« Les symptômes, » rappelle-t-il, « sont l’hématurie (sang dans les urines) mais aussi des infections urinaires récidivantes (mais sans bactéries), des envies fréquentes, dont il faut parler au médecin généraliste. Peu connu, le cancer de la vessie touche à l’intime. »  Pourtant ces tumeurs sont fréquentes et graves. C’est le 7e cancer le plus courant en France, selon l’INCa.

En première intention, l'avélumab, en entretien après chimiothérapie de première ligne, sera bientôt considéré comme le standard de traitement des patients atteints du carcinome urothélial de la vessie localement avancé ou métastatique. L’autorisation de mise sur le marché est attendue pour 2021. Ce sera une réelle avancée pour les patients.


Christine COLMONT

christinecolmont.blog

*Combattre le cancer de la vessie ensemble



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