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Le Brexit nuit gravement à la santé ! [4/6] L’industrie de la santé après le Brexit

Suite de Épisode 3 – British exit



Le financement du National Health Service (NHS) est la plus importante des dépenses publiques du Royaume-Uni [1]. Les événements qui affectent l'économie britannique auront donc un impact fort sur son financement. Au premier rang d’entre eux, les coûts de recrutement de personnel pour remplacer la main d’œuvre de l’UE et l'augmentation des prix des médicaments importés. On estime à 7,5 milliards de livres sterling la hausse des coûts du NHS sur une dépense totale de 177 milliards de livres [2].

La législation de l'UE régit presque tous les aspects de l'octroi de licences de médicaments. Moins visible, mais tout aussi important, est l'impact sur d'autres produits médicaux, y compris les dispositifs médicaux et les radio-isotopes.


L'accueil de l'Agence européenne du médicament (EMA), a contribué à consolider la position britannique de leader de l'industrie pharmaceutique en Europe. Après le Brexit, le Royaume-Uni deviendra, au mieux, un observateur à la Conférence où sont fixées les normes mondiales pour les produits pharmaceutiques [3]. En quittant le système européen de licences médicales, le Royaume-Uni sera exclu du processus d'autorisation des médicaments dans toute l'UE, qui offre des avantages substantiels en termes de coût et de rapidité de mise sur le marché de nouveaux produits. En Suisse et au Canada, qui ont des systèmes d'approbation distincts, les médicaments arrivent généralement sur le marché six mois plus tard que dans l'UE [4]. Il sera donc nécessaire que le Royaume-Uni développe son propre système de réglementation, à moins qu'il ne veuille simplement accepter les décisions d'autres organismes de réglementation, tels que la Food and Drugs Administration des États-Unis ou l'EMA.

Des problèmes pour les dispositifs médicaux et les substances d'origine humaine, telles que le sang et les organes.


La disponibilité de radio-isotopes pour le diagnostic et le traitement du cancer est aussi menacée, car le Royaume-Uni importe principalement ces produits des Pays-Bas [5]. La génération, le mouvement et la manipulation de ces radio-isotopes en Europe sont régis par le traité Euratom, l'un des principaux traités européens conclus lors de la création de la Communauté économique européenne en 1957. La sortie de ce traité signifie qu'une nouvelle structure juridique sera nécessaire pour que les approvisionnements d'isotopes médicaux radioactifs destinés au traitement du cancer se poursuivent.

A suivre…

Pr Michel TSIMARATOS
www.le-guide-sante.org

Sources :

1. Office for Budget Responsibility. Fiscal sustainability report, OBR, London. 2017.
2. Paton J. Health care faces funding strain if Britain chooses hard Brexit. Bloomerg. 6 juin 2017. https://www.bloomberg.com/politics/articles/2017-06-05/hard-brexit-seen-adding-to-strain-on-u-k-s-tight-health-budget
3. Flear ML. Ensuring post-Brexit UK is a ‘maker’ rather than a ‘taker’ of global norms and standards: the case of the International Council on Harmonisation. SSRN. 26 juin 2017. https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2992551
4. UK Government. Review of the balance of competences between the United Kingdom and the European Union health. 2013. https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/224715/2901083_EU-Health_acc.pdf
5. Ward A, Barker A. EU exit spurs call for deal on radiotherapy. Financial Times. London. Feb 23, 2017.


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