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Utilité du port d’un défibrillateur après un infarctus du myocarde

Après un infarctus du myocarde, la fonction contractile du cœur évaluée par la fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) est souvent diminuée. Cette période, s’étalant sur plusieurs semaines à plusieurs mois, est une phase critique pour les patients avec un risque élevé d’arrêt cardiaque par troubles du rythme ventriculaire.
Les résultats des études antérieures avaient montré l’absence de bénéfice concernant l’implantation d’un défibrillateur en post-infarctus immédiat.

Dans le cadre de l’étude VEST, publiée dans le New England Journal of Medicine le 27 septembre 2018, les auteurs se sont intéressés à l’utilisation d’une LifeVest (défibrillateur externe) pour des patients atteints d’un infarctus du myocarde avec, au décours, une FEVG altérée (inférieure à 35 %).


De juillet 2008 à avril 2017, 1 524 patients ont été recrutés dans le groupe LifeVest (associé au traitement médical habituel) et 778 patients ont été répartis au hasard dans le groupe témoin (traitement médical seul) de cet essai multicentrique, randomisé et contrôlé.
Le critère de jugement principal (CJP) a été un critère composite associant mortalité par mort subite ou par troubles du rythme ventriculaire à 90 jours.

Pas de significativité cardiovasculaire, mais moins de mortalité toutes causes confondues

Les résultats ont montré l’absence de différence significative concernant le CJP avec une mortalité de 1,6 % dans le groupe Life Vest versus 2,4 % dans le groupe témoin, soit un risque relatif de 0,67 (p = 0,18 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,37-1,21).
Il peut être intéressant de relever qu’un des critères de jugement secondaire relatif à la mortalité toutes causes confondues a objectivé une différence significative en faveur de la LifeVest (mortalité de 3,1 % versus 4,9 % dans le groupe témoin, soit p = 0,04).

Deux observations limitent la portée de ces résultats, En premier lieu, un changement du critère de jugement principal est intervenu en cours d’étude en raison des difficultés de recrutement. De plus, l’implantation d’un défibrillateur a été réalisée dans 67 cas dans le groupe LifeVest et dans seulement 44 cas du groupe témoin.
Bien que les résultats de ce travail ne soient pas significatifs, mieux définir la place des défibrillateurs externes dans la prévention des morts subites justifie probablement de nouvelles études.

Dr Paul DESFORGES
http://www.mediamed.org

Source :

Olgin JE, et al.; VEST Investigators. Wearable Cardioverter-Defibrillator after Myocardial Infarction. N Engl J Med. 2018 Sep 27;379(13):1205-1215. doi: 10.1056/NEJMoa1800781.


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