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Diagnostic de diabète gestationnel : ça chauffe !

Le diabète gestationnel est défini par l’Organisation mondiale de la santé comme un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.

Le diabète gestationnel (DG) rassemble deux entités à distinguer : un diabète pré-existant (de type 1 ou de type 2), découvert en cours de grossesse et persistant au cours du post-partum, et un authentique DG, dû à une insulino-résistance insuffisamment compensée, apparaissant classiquement au 2e ou 3e trimestre de grossesse et disparaissant dans le post-partum [1].


Cette pathologie obstétricale peut entraîner différentes complications néonatales (macrosomie, dystocie des épaules, hypoglycémies néonatales), mais aussi maternelles (pré-éclampsie, césarienne, etc.) et elle impose donc un diagnostic et un suivi appropriés. Hors, diverses études évoquent un sur-diagnostic de DG l’été, ou un sous-diagnostic l’hiver, avec des résultats contradictoires.

Le but de cette étude était d’étudier les effets des saisons et des températures sur le diagnostic de DG [2]. Les auteurs ont eu recours à deux études observationnelles en Grèce.
Une première étude rétrospective a été menée avec 7 618 femmes enceintes recrutées entre 2000 et 2012 et ayant eu un test d’hyperglycémie provoquée orale (HGPO) sur 3 h par 100 g de glucose au 3e trimestre de grossesse.
La prévalence du DG et les taux de sucre ont été analysés par saison et par mois.
Il a été noté une augmentation significative du taux de glycémie à 60-120-180 minutes en été surtout (odds ratio [OR] =1,65 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] = 1,43-1,90) et dans une moindre mesure au printemps et en automne (OR = 1,23 ; IC = 1,08-1,39) comparé à l’hiver (p < 0,0001) avec une augmentation significative des OR d’avril à octobre. Les résultats sont restés significatifs après ajustement selon l’âge, l’indice de masse corporelle, l’âge gestationnel, la prise
de poids pendant la grossesse et la pression artérielle.

Une seconde étude prospective, avec 768 femmes recrutées pendant 18 mois de 2013 à 2014 et ayant eu un test d’HGPO par 75 g de glucose sur 2 h, a analysé l’impact de la température (relevée tous les jours à 9 h du matin) sur le diagnostic de DG.
L’analyse par régression linéaire a montré qu’à 60 minutes, à partir de 25°C, chaque degré supplémentaire était associé à une augmentation de la glycémie de 0,00912 g/L. Il en a été de même à 120 minutes à partir de 30°C, avec une augmentation de 0,00507 g/L de la glycémie par degré supplémentaire.
Enfin, en sériant la population d’étude en trois groupes selon la température ambiante (< 24,9°C, 25-29,9°C et > 30°C), une augmentation significative des glycémies avec la température à 60 minutes (p < 0,01) et à 120 minutes (p < 0,05) a été mise en évidence, mais le nombre de valeurs pathologiques du glucose sanguin n’a augmenté significativement avec la température qu’à 60 minutes (p < 0,01).

Malgré les limites de ces travaux et le nombre de facteurs extérieurs pouvant intervenir dans le diagnostic de DG, mais aussi dans l’élévation des glycémies, il semblerait qu’il existe bien un sur-risque diagnostique de diabète gestationnel à prendre en compte l’été, en particulier lorsque la température ambiante est supérieure à 25°C.

Dr Marion Aupomerol
http://www.mediamed.org/medg/

1. Données issues du CNGOF, RPC 2010.
2. The impact of environmental temperature on the diagnosis of gestational diabetes mellitus ;
Vasileiou V et al. Eur J Endocrinol. 2018 Mar;178(3):209-214.


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